Comment pardonner... [V&L]

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Luce Flowright

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MessageSujet: Comment pardonner... [V&L] Mar 03 Oct 2017, 15:14

Le bruit du papier qui se froisse. Un poing qui se serre. Un soupir agacé. Nul doute que quelque soit la personne qui aurait pu observer le jeune Flowright, même de dos, en cet instant n’aurai aucun doute sur son humeur nuageuse. Si la personne avait la chance de croiser son regard, elle saurait bien vite surement que la tempête était même déchainée en lui. Peu de choses pouvaient vraiment le mettre hors de lui, et en général ça touchait neuf fois sur dix l’un de ses proches. Quelqu’un à qui il tenait. Quelqu’un à qui il avait donné sa confiance ou sa protection. Quelqu’un qui ne le laissait pas indifférent. Et la dixième fois, ce ne pouvait être qu’en lien avec sa mère.

Sa mère, qu’il aimait et detestait. Sa mère qui le detestait. Qui le considérait comme un monstre. Sa mère, qui l’avait pourtant élevé durant une dizaine d’année avant que la petite famille londonienne ne soit contacté par un membre du ministère magique. Magique, le mot honni. Le mot qui avait tout fait dérapé dans sa vie. Et qui pourtant le définissait en grande partie. Bien sur, il n’était pas seulement un sorcier, il était aussi quelqu’un de juste, amical, protecteur, buté, ou encore emporté parfois. Mais il était aussi sorcier, et ça, sa mère ne l’avait jamais accepté.

Il aurait du s’en détourner. L’oublier. Faire tout comme elle avait fait, l’effacer de sa vie. Etre indifférent à son sort, à ses gestes, ou ses non-gestes. Etre indifférent à son indifférence. Il aurait du. Mais qui peut tirer un trait, la vingtaine pas encore tout à fait atteinte, sur sa mère, aussi odieuse soit-elle. Lui en tout cas ne le pouvait pas encore.

La douleur était là, latente. Parfois révélé par un tout petit rien. Une phrase de Maera, une photo dans le smartphone de sa soeur qui pourtant la passe à la vitesse de l’éclair… Une pensée, quelqu’un parlant de sa propre figure maternelle, le renvoyant à un souvenir plus vif qu’habituellement. La fatigue aussi. Ces tous petits rien du quotidien qu’il avait appris à maitriser.

Puis y’avait des trucs bien plus violent. Comme se promener dans la rue et apercevoir un visage ou une crinière ressemblante. Un sourire au coin d’un café… Ou la une d’un magazine médical moldu sur lequel il était tombé deux jours auparavant. Alors avec Max à ce moment là, il avait vite détourné la tête et repris le contrôle. Il s’était surement trompé, son inconscient la rapellait un peu à lui, rien de plus. Puis les heures ont passé, les nuits, le lendemain… Tournait en boucle la une de ce magazine comme imprimé sur le fond de sa rétine. Il avait été quelque peu absent des dires de son meilleur ami. Même Vesper l’avait surement senti distant la veille. Et ce matin, il était allait vérifier. Sur le papier glacé, le nom de jeune fille de sa mère, surmonté de sa photo. Un dossier sur les recherches qu’elle avait mené de front avec sa vie de famille, titrait la feuille de choux. Il l’avait acheté.

Pourquoi ? Le mot famille surement.

Il était sorti un peu groggy, comme assomé par ce coup du destin. Il avait ouvert le bouquin, déchiré les pages incriminées et jeté le reste dans la première poubelle à sa portée. Il les avait plié et mis dans son sac. Et était revenu en un transplanage vers Pré-au-lard et le chateau de Poudlard. Il avait suivi les cours de la matinée, rigolé avec ses amis, volé un baiser à sa petite amie. Et l’après-midi de cours s’était enchainée. Il avait suivit plus ou moins distraitement, et s’était éclipsé dès la fin de leur dernier cours de commerce. Il avait filé à l’anglaise pour se trouver un coin un peu en retrait dans le parc.

Le soleil printanier n’arrivait plus à le rechauffer, et tout en même temps il se sentait bouillir à mesure qu’il avait parcouru les lignes de l’interview de sa mère… Sa mère.

Il n’avait alors pas entendu la personne qui l’avait rejoint, et quand celle-ci se manifesta, il enfonça rapidement les quelques bouts de papiers au fond de sa poche de sorcier. Et il sourit, même si le coeur n’y était clairement pas.
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Vesper G. Blackwood

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MessageSujet: Re: Comment pardonner... [V&L] Dim 22 Oct 2017, 13:43

Depuis leur virée à Paris – qui ne s’était pas exactement déroulée comme prévu – les choses allaient plutôt bien entre Luce et elle. Ils suivaient les cours, bossaient à la bibliothèque – Oui, elle, Vesper Georgiana Blackwood bossait à la bibliothèque… – ils se promenaient parfois aussi… Elle découvrait une relation à laquelle elle n’était pas habituée mais qu’elle appréciait énormément. Appeler Luce à l’aide était définitivement la meilleure décision qu’elle ait prise de sa vie. Bien sûr, leur couple suscitait encore quelques murmures. Après tout, elle était à Serpentard, et lui à Poufsouffle. Et tous – ou presque – connaissaient sa réputation. Mais le remous qu’avait provoqué leur relation commençait à se calmer. Cela faisait plusieurs mois à présent, alors les gens s’y étaient faits.

Et en plus de tout cela, elle n’avait plus de nouvelles de son tuteur. Elle s’était attendue à ce qu’il tente de la contacter… Après tout elle l’avait quand même accusé de viol. Même si le tribunal ne s’était pas rallié à sa cause, son image avait dû en souffrir – accusé de viol par sa pupille ! Mais non, rien. Ni menaces, ni règlement de compte… Rien.

Alors, tout aurait dû être parfait… Mais ce n’était pas le cas.

Depuis quelques jours, Luce lui semblait… distant. Il avait la tête ailleurs. Elle l’avait remarqué, évidemment. Tout comme elle avait remarqué ses tentatives pour faire « semblant ». Il avait plaisanté, suivi les cours avec attention, comme à son habitude. Il l’avait même embrassée, quand il l’avait surprise en train de l’observer, les sourcils froncés. Mais elle n’était pas dupe. Quelque chose n’allait pas. Et elle était inquiète. Était-ce… à cause d’elle ? Avait-elle fait quelque chose ? Commençait-il à… se lasser d’elle ? À cette idée, elle eut l’impression qu’un trou s’ouvrait sous ses pieds, et menaçait de l’avaler. Luce était… son seul ami. Il était le seul sur qui elle pouvait compter. Le seul qui la connaissait vraiment. Et… autant l’avouer, elle l’aimait. Aussi étrange que cela soit… Elle l’aimait. Alors à l’idée qu’il commence à se lasser d’elle, elle sentait la panique la gagner. Elle eut d’ailleurs bien du mal à se concentrer sur le cours, après cela. Elle devait en avoir le cœur net. Elle devait lui parler. À la fin du cours, elle lui poserait la question.

Sauf qu’à la fin du cours, il fila si vite… Qu’elle n’eut pas le temps de le retenir. Avec un froncement de sourcils, elle rangea ses affaires puis quitta la salle de classe. Dans le couloir, il n’y avait aucun signe de Luce. Pourquoi ne l’avait-il pas attendue ? Son cœur se serra. Puis, une petite voix se fit entendre dans sa tête. « Ne montre pas que tu souffres, Vesper. Sois forte. Sois dure. » Non. Cette voix l’avait amenée à prendre les mauvaises décisions, dans le passé. Elle ne l’écouterait pas, pas aujourd’hui. Rapidement, elle alla déposer ses affaires dans son dortoir, puis commença à demander, à droite, à gauche, si quelqu’un avait vu Luce. Parfois sa question provoqua des gloussements – oh oh y avait-il un problème entre le Poufsouffle et la Serpentard ? – mais un regard assassin de sa part les avait vite calmés. Quelqu’un l’avait vu sortir, et se diriger vers le parc. Le parc ? Pourquoi ne l’avait-il pas invitée à aller se promener avec lui ?

Tout en avançant vers les arbres aux couleurs de printemps – oui, oui, ça existe, les couleurs de printemps – elle réfléchit à ce qu’elle lui dirait, si elle réussissait à le trouver. La meilleure solution selon elle, était de s’intéresser sans sembler y prêter trop d’importance. De feindre la légèreté, en somme. Elle s’était décidée sur « Hey tu as vite quitté la classe », quand elle l’aperçut enfin, assis aux pieds d’un arbre, en pleine lecture. Son cœur se serra. Il semblait… à la fois en colère et… très triste. Alors, quand il rangea les feuilles qu’il lisait en apercevant ses pieds devant lui, elle sut qu’elle ne pourrait faire semblant de rien. Quand il releva la tête et lui sourit, elle fronça les sourcils, l’air inquiet. Un instant, elle resta là, immobile, en silence. Puis, elle vint s’assoir à côté de lui, tournée vers lui et plongea son regard dans le sien. « Qu’est-ce qu’il y a, Luce ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »
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