Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen

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Ellen Duke

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MessageSujet: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Ven 26 Fév 2016, 18:44

Un pied devant l'autre, Ellen avançait rapidement sur la coursive. Ombragée et cachée à la vue de tous, elle permettait de rejoindre le château en partant des serres, ou l'inverse, sans voir un seul rayon de soleil. Fort pratique pour une personne qui ne supportait pas le dit astre... Personne que notre prof de runes s'évertuait présentement à aller rejoindre.

Ça l'avait piqué telle une mouche, il avait eu l'envie subite de savoir comment elle allait et comme il n'avait pas de cours, il avait décidé d'y aller en personne plutôt que de lui envoyer une missive. Du moins c'est ce qu'il soutiendrait devant Edina.

La vérité était que le processus avait été beaucoup plus long. Et douloureux pour sa boite crânienne... Sans s'en rendre compte il avait commencé à penser de plus en plus à la prof de botanique, à s'interroger sur comment elle allait, ce qu'elle faisait. Jusqu'à ce qu'un beau jour, il eut envie de la voir, véritablement. Pas juste en coup de vent dans les coursives ou en se croisant de loin à la bibliothèque. Non il avait envie de passer plus de temps, de faire fi des horloges.
Et cette pensée l'avait tout bonnement terrifié.


Il avait essayé de se raisonner, vraiment il avait tenté. Ce disant que ça ne voulait rien dire, que c'était comme avec Zaza. Il passait volontiers du temps avec la prof de potions et des fois même sans qu'elle ne vienne le chercher pour le trainer de force ou qu'elle ne l'appâte avec des petits fours. Ne riez pas, cette technique marche très bien.
Mais peu importe combien de fois il retournait le problème, ce n'était définitivement pas pareil. Il y avait une chose qui entrait en plus dans cette équation. Une chose qu'il pensait avoir enfermée au plus profond de son être, entouré de fosse sans fond, de barbelés et de murs infranchissables dans le fol espoir de le protéger. Par peur qu'il ne se brise encore un peu plus si seulement cela était possible...
Quand exactement la belle sorcière avait franchi tous les obstacles, désamorcé tous les pièges, abaissé toutes les herses pour pouvoir attendre son organe défaillant ?

A moins qu'elle ne l'ait pas fait seule. A moins qu'ils n'aient été plusieurs, toute une armée, toute une école. Qui à force de mots, de poignées de mains, de sourires, de petits fours, de blagues farfelues, d'engueulades, de passions, de vie avaient réussi à abaisser toutes ses défenses, à percer toutes ses armures.
Et elle était le fer de lance… Elle était sans conteste celle qui était le plus proche de la cavité dans sa poitrine. Ce n'était pas encore de l'amour mais c'était déjà un peu plus que de l'amitié ou de la sympathie. Et ça la terrifiait qu'une femme arrive à le toucher, à l'effleurer de cette manière...

Alors il avait tourné en rond, littéralement. Faisant les cent pas dans cette chambre d'auberge qui lui servait de logis dans l'espoir que … quelque chose vienne. Quoi ? Il ne savait pas. N'importe quoi pourvu que cela libère son cerveau de ce casse tête et ses tripes de cette peur lancinante.
Ça avait duré deux mois avant qu'il ne se ressoude à faire quelque chose. A trancher entre sa peur et son désir. Et contre toute attente, ce fut en faveur de ce dernier.

Et le voilà donc devant une porte … Encore. Décidément paniqué intérieurement devant des seuils clos allait devenir une détestable habitude…
Avant que son encéphale ne se remette à trop fonctionner et qu'il ait le temps de changer d'avis, il toqua à la porte et attendit que la maitresse de céans vienne lui ouvrir. Sur son épaule Dust resserrait ses serres en alternant de pattes, lui procurant un massage apaisant. Il vint d'une main distraite jouer avec le bec du corbeau.
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Edina Corvo

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Sam 27 Fév 2016, 10:16

Un noir d'encre, ma couleur préféré, c'était juste parfait.

Il a fallut plusieurs mois pour mettre au point ce pigment et quelques semaines supplémentaires pour obtenir cette magnifique teinte mais j'y suis arrivé et, comble du bonheur, elle tient dans le temps. Je ne peux pas m'empêcher dès que j'ai un peu de temps libre d'aller à mon bureau, d'ouvrir mon tiroir et d'en sortir le petit coffre soigneusement fermé à clef qui contient le fruit de travaux acharnés. Pas que ce fut pénible, loin de moi l'idée mais j'admets que je suis contente d'en voir le bout.

Une pointe d'amertume vint me saisir cependant. C'était pour ça à la base que j'avais rejoint Poudlard, et j’admets que de tenir en main le but de mon travail avait quelque chose d'assez désarçonnant. Oui, je devais avouer que ces longs mois de journée blanches et de doute me manqueront et qu'il me faudra sans doute vite fait trouver une nouvelle chose à laquelle travailler dans ma vie.

Je restais là, rêveuse, pendant plusieurs minutes à contempler le flacon dont le contenu capturait la lumière ambiante à la manière d'un petit abîme apprivoisé. Il y avait du pouvoir dans cette fiole, un pouvoir lattent qui ne se dévoilerait qu'entre des mains experte, mais un pouvoir puissant. Malheureusement, si j'étais effectivement en possession de l'encre, ces mains expertes, je ne les avaient pas. Oui, ce dernier léger détail était à présent à régler, cette idée me sortit un peu de ma transe et me redonna le sourire, tout n'était pas accomplit et il restait encore à faire.

Des coups raisonnèrent à la porte de ma serre ce qui fit sursauter la plupart de mes étrangleuses africaines. Ces petites chéries, elles sont si sensibles quand elles ont faim ! Je rangeais donc la fiole dans son précieux écrin que je refermais avec mille précautions avant de me demander finalement qui pouvait bien manifester de l'intérêt pour des plantes à cette heure. Quoi qu'il en fut, c'était toujours un plaisir d'accueillir quelqu'un dans mon entre végétal.

Un peu lasse, je passais une main dans mes cheveux avant d'ouvrir la porte et de tomber nez à nez avec Ellen. Mes pensées sont encore trop terre à terre pour un qualificatif plus lascif mais ça viendra. Il y a quelques temps, je serais restée muette pendant quelques secondes, j'aurais sans doute eu des pensées vagabondes fort peu orthodoxes à l'esprit et je me serais sans doute ridiculisée. Mais aujourd'hui, seules les idées sulfureuses avaient résister, en fait, je voyais presque cette apparition comme une sorte de cadeau du destin qui me dirait "tu as bien travaillé, tu peux te détendre". C'était assez étrange comme j'avais pris confiance en moi ces derniers temps, rien ne vaut la sensation du travail bien accomplit.

"Mon cher Ellen ! Quel plaisir de te voir ici bas !"

J'avais dit cette phrase avec un soulagement sincère, sans doute un peu trop émotif pour ce que je voulais exprimer. A cette idée, je ne savais d'un coup plus quoi dire. Ah ? Aurais-je pas tant évolué que ça finalement ? Oui, je devais me rendre à l'évidence, je suis toujours prisonnière de ces yeux de saphir mais la pensée angoissante était largement compensée par le plaisir de voir mon envoûtant geôlier.

Un pas en arrière et je l'invite d'un geste à entrer. Je fais signe à une de mes lianes pour qu'elle lâche prise de la chaise qui fait face à mon bureau et j'invite le professeur de rune à s'asseoir. Professeur de rune ! Oui ! Je regardais furtivement la petite boite qui était restée sur mon bureau. Le fait que lui soit là ce soir ne peut être qu'un bon gros coup de pouce du destin. S'il m'en laisse le loisir, je demanderais à Ellen de m'aider dans mon entreprise et même si le bon sens voudrait que je le laisse me dire la raison de sa visite, j'avais hâte de lui demander ce service.

Pour ma part, je restais debout et ne souhaitais pas m'assoir face à lui à mon bureau car je ne voulais surtout pas paraître académique ou distante, pas en cette soirée de victoire.

"Je t'en prie, prends place. Puis-je t'offrir quelque chose ? J'ai ici une infusion d'une grande saveur à base d'hibiscus très rare."

Je commence alors à entreprendre mon devoir d’hôte quand quelque chose me retient, l'air s'est refroidit sensiblement et je sens une tension inhabituelle ici. Les plantes font en général cet effet quand quelqu'un est particulièrement nerveux se trouve aux alentours. Je me tourne alors vers mon invité.

"Tout va bien ? Je t'en prie, dis moi ce qui te tracasse."

Cette phrase, je l'avais dite en lui touchant le bras. Ce geste était quelque chose de naturel que je faisais assez souvent avec des élèves particulièrement fragiles mais avec ce cher Mr Duke ... Quelle belle soirée, vraiment !




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Ellen Duke

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Dim 06 Mar 2016, 21:30

Ce fut dur de ne pas se perdre dans l'émeraude de ses yeux quand elle ouvrit la porte.
Il put lire la surprise sur ses traits - puis le... soulagement ? - sincère qui fit chauffer sa poitrine et picoter sa nuque.
Il répondit à sa salutation enthousiaste par un de ses fins sourires clos, mais non moins sincères.

" C'est un plaisir de te voir aussi Edina "

Edina... C'était un nom qu'il aimait prononcer, un son qu'il aimait sentir remonter dans sa gorge, rouler sur sa langue. Il déglutit non sans difficulté.
Il y eut un moment de flottement nullement dérangeant aux yeux de l'ex-auror, un instant contemplatif qui prit bien vite fin, avant qu'elle l'invite à entrer. Ce qu'il fit.

Les serres étaient magnifiques. Cocon végétal empreint de vie et d'animation, on pouvait la voir respirer au rythme d'une inspiration silencieuse, d'une expiration muette. Se balancer nonchalamment au tempo langoureux de ce souffle commun qui, non comptant de régir la flore de ce lieu, vous incitait inconsciemment à calquer votre respiration sur lui.
Il se dégageait de l'espace de botanique un calme et une sérénité des plus agréables.
Mais pour s'en rendre compte il fallait réussir à détacher les yeux de la Dame de céans.

Elle semblait vraiment à l'aise ici. S'y déplaçant avec aisance, commandant aux plantes avec douceur. Elle lui dégagea une chaise qu'il décala légèrement avant de s'asseoir, cela lui donnait une impression moins formelle, plus détendu. Juste en apparence bien sûr... Dust sauta de son épaule et alla gambader sur le bureau tout en jetant un coup d'œil méfiant aux lianes. Ellen sourit un peu. En temps normal, dans la même situation, il n'aurait même pas laissé l'oiseau quitter son giron par peur qu'il ne lui arrive quelque chose. Ce n'était pas le cas. Là, il avait confiance.

Elle lui propose alors à boire. Et le professeur de runes est plus qu'heureux que la question bégnine, mais au combien redoutée, "quel bon vent t'amène" ne soit pas posée.

" Si tu le proposes, ce sera avec grand plaisir. L'as- tu fait toi-même ?"

Il essaya de se détendre, vraiment il essaya ! Il croisa les jambes, s'accouda au dossier et appuya sa joue contre ses doigts repliés. Il aurait paru décontracté à tout observateur externe pas trop attentif; seules ses épaules tendues trahissaient sa nervosité.
Sauf que de toute évidence sa belle n'était pas un observateur lambda...

"Tout va bien ? Je t'en prie, dis-moi ce qui te tracasse."

Tout en parlant elle avait posé sa main sur son biceps en un geste doux et scandaleusement naturel. Un long frisson descendit le long de sa colonne vertébrale et il dût lutter pour ne pas déglutir bruyamment. D'un geste tout aussi doux et tout aussi spontané, il recouvrit la main d'Edina de la sienne.

" Tout va bien, désolé. C'est juste le boulot... Un des gamins a pratiquement mis le feu à une salle d'étude en s'entraînant sur une rune de destruction intermédiaire, ce qui est assez révélateur sur la qualité de son travail quand on sait la teneur des encres que je leur donne... Il faudrait que j'en trouve une autre qui neutralise les effets d'extension et de propagation, mais je ne pourrai pas l'obtenir dans le commerce, c'est bien trop spécifique... "

Un mensonge, doublé d'une pauvre diversion pour ne pas trop se dévoiler.
C'était ridicule de se sentir nerveux, et encore plus ridicule de cacher qu'il était venu car il avait juste envie de la voir… Il le savait, mais sous la surprise de la question et de la soudaine proximité d'Edina il avait légèrement paniqué et sauté sur la première distraction venue.
Il ne se rendait même pas compte que ses doigts enlaçaient ceux de la sorcière en un geste tendre.
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Edina Corvo

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Mar 08 Mar 2016, 08:58

Le feu ? Voilà qui était tout à fait compréhensible vis-à-vis de sa tension. Moi-même je n'aurais pas été des plus courageuse. Il avait donc besoin d'une encre spécifique, il avait vraiment frappé à la bonne porte car question encre, je commençais à être douée. Il fallait que je fasse quelque chose là tout de suite, non ? Je ne pouvais pas bouger, j'étais prisonnière de sa main qu'il m'enserrait, je n'aurais jamais du y penser, voilà que je vais encore devenir fébrile. Ah, mon tendre geôlier, s'il te plait, ne me laisse jamais partir. Cet homme était vraiment différent, jamais jusqu'alors je n'aurais pensé plonger avec autant de plaisir dans une sorte de transe. Je ne contrôlais plus grand chose à cet instant mais ce que c'était bon de laisser un peu aller sans essayer de toujours tout maîtriser. Avec peine, je constatais qu'il avait déjà fini de parler et la convention voulait que ce soit à mon tour de prendre la parole ou de faire quelque chose. C'est avec regret que je laissais sa main partir pour aller faire mon devoir d'hôte.

Avec un sourire que j'espérais chaleureux et rassurant, je servais donc l'infusion épicée et fumante dans deux tasses et en tendis une à Ellen. L'odeur était veloutée et fruitée, l'hibiscus africain était parmi mes infusions favorites et surtout, contrairement à beaucoup d'autres, celle-ci était loin d'avoir l'effet somnolant de ce qu'on pourrait attendre d'une plante, s'il calmait effectivement, le breuvage rouge avait aussi un effet ... "stimulant". En d'autres termes, parfait pour ce genre de soirée. Je bus une gorgée brûlante avant de reprendre tranquillement la parole.

"Pour ton problème d'encre, je pense que je peux t'aider. Je pense connaître suffisamment les défauts des encres vendues dans le commerce et je pense pouvoir t'en concocter une plus précise et infiniment plus sécurisée d'ici la fin du mois. En attendant, j'ai un fluide ici dans lequel tu pourras diluer un peu les encres que tu as déjà. Mélangées en rapport de un sur cinq, ça devrait faire l'affaire."

Le corbeau d'Ellen, Dust, était en train de fouiner sur mon bureau, le bougre savait pertinemment que j'avais toujours des noix pour les volatiles de ma famille et était en train d'inspecter le tout. Bien entendu, il était tombé sur la boite que je n'avais pas rangé. Il commençait même à taper le couvercle du bout du bec. J'aurais bien aimé profiter encore un peu d'Ellen avant de lui demander déjà un service. Cependant, au moins ce serait l'occasion, d'un geste, je pris la boite qui faisait l'intérêt de Dust et lui sortit une bourse pleine de noix et autres arachides non sans lui grattouiller le bec au passage, j'aimais tellement cet oiseau.

"En parlant d'encre, j'avais un projet pour toi, quand tu aurais le temps, bien entendu."

Après le déverrouillage de la précieuse boite, j'en sortit le flacon et le tendit à mon cher et tendre au regard de saphir. Ce flacon, je venais de me rendre compte qu'à part lui et moi, personne d'autre avait eu la chance de l'admirer. D'une certaine manière, le voir entre ses mains ne me rendait pas inquiète comme je l'aurais soupçonné. Ellen était venu pour une raison précise qu'il ne consentait pas à me dire de suite. Soit, mon ami, je t'offrais une alternative.

"Il s'agit de celle que j'étais en train de fabriquer pour ma famille, elle est stable à présent et j'aurais besoin d'une personne apte à créer une rune et d'une autre pour être capable de la dessiner sur la peau à l'aide d'une machine à tatouage que j'ai déjà en ma possession. Souhaiterais-tu être l'une ou l'autre de ces personnes ?"

Ma fille, si tu veux qu'il se passe quelque chose entre vous un jour, il va vraiment falloir que tu lâche un peu le travail. Sinon, il va encore te filer entre les doigts.

"Je suis désolée, moi qui te demande de travailler alors que tu es visiblement là pour te détendre. Alors, à part un quasi-incendie, quoi de nouveau pour toi ?"

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Ellen Duke

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Ven 18 Mar 2016, 18:38

Sa belle avait bien trop d'esprit pour tomber dans sa lamentable diversion. Et il faut croire qu'elle avait aussi bien trop de délicatesse et de sensibilité pour le lui faire remarquer...
Le professeur de runes la remercia intérieurement pour ne pas le pousser car, n'ayant aucune désillusion sur son caractère de gros chat mal léché, il savait qu'il se serait automatiquement braqué et que ce qu'ils essayaient de construire plus ou moins inconsciemment se serait effondré avant même qu'ils n'aient pu hisser le premier mur.

Elle se relève et ses longs doigts glissent entre ceux de l'ex-auror. Non ! Ne part pas ! Il resserre sa prise et la friction n'en est qu'insupportablement plus délicieuse avant qu'il ne se reprenne et la laisse filer entre ses doigts en un touché plus doux. Son irrationnel mal se lut sur son visage, pas longtemps, à peine une fraction de seconde, à peine plus qu'il n'en faut aux grains de sable pour tomber au fond du sablier. Peut être le vit-elle, son air d'animal blessé, juste avant qu'elle ne s'en retourne à ses devoirs d'hôte.
Ellen en profita pour prendre une grande inspiration.

Et c'est avec une mine à peu près recomposée et un pauvre sourire qu'il accepta la rouge boisson en la remerciant du bout des lèvres avant de tremper celles-ci dans le breuvage. Le gout n'avait rien à envier à l'odeur. Sucré et délicat, il pouvait aisément dire que c'était l'une des infusions les plus harmonieuses qu'il n'ait bu et il ne se fit pas prier pour le dire à sa délicieuse hôte.

" C'est très bon."

"Pour ton problème d'encre, je pense que je peux t'aider. Je pense connaître suffisamment les défauts des encres vendues dans le commerce et je pense pouvoir t'en concocter une plus précise et infiniment plus sécurisée d'ici la fin du mois. En attendant, j'ai un fluide ici dans lequel tu pourras diluer un peu les encres que tu as déjà. Mélangées en rapport de un sur cinq, ça devrait faire l'affaire. "

" Et bien si cela ne te dérange pas, pourquoi pas. Il faudrait que les encres permettent de garder un effet de sort suffisant pour ne pas frustrer les élèves mais qu'elle supprime les effets de propagations et qu'elle délimite un rayon très étroit autour de la rune... Je ne sais pas si cela te suffit comme information ? Merci pour le mélange en tout cas. "

C'est le moment que choisi Dust pour faire du remue-ménage sur le bureau. Le prof de runes pencha la tête et fusilla du regard l'oiseau. Le message était envoyé : "arrête ça tout de suite ou je te colle du chuing-gum sur le bec ". Le corbeau regarda son humain, le message était correctement réceptionné et superbement ignoré "nop, de toute façon t'oseras jamais !" Et c'est ainsi que le piaf se fit tout de même nourrir...

Ellen se reconcentre sur son hôte quand celle-ci dit qu'elle a besoin de lui. Avec force de délicatesse et de précaution il prend la fiole qu'elle lui tend, non sans effleurer ses doigts au passage, et l'examine avec attention. Le contenant est beau, mais le contenu lui semble être une merveille. Une encre plus noire que noir qui semblait absorber la lumière ambiante. Le lien n'était pas dur à faire et le cerveau de l'ex-auror se mit à s'activer avant même que la question ne fut posée. Son esprit se mit à dessiner des courbes, à tirer des droites, à assembler un alphabet d'une langue tombée en désuétude... Jusqu'à qu'Edina lui rappelle qu'il n'était pas venu là pour le travail...

Il lui sourit. Voilà qui n'était pas faux et de plus, cela leur fournissait une excuse en or pour se revoir en attendant qu'un simple " tu me manquais" ne leur suffise.

" C'est vrai que j'avais envie de me détendre un peu et comme tourner en rond dans sa chambre n'est pas très efficace pour se changer les idées; et bien, j'ai pensé à toi... "

Il l'avait dit ! Il l'avait enfin dit et sur le ton de la conversation ! Il enchaîna vite pour ne pas laisser le temps à son malaise de s'installer.

" je te propose de me laisser un peu de temps pour y réfléchir, puis de nous revoir pour en discuter tranquillement autour d'un verre. Enfin si un verre te va... Par contre, je te conseille de demander à quelqu'un d'autre pour le tatouage, j'ai beau en avoir quelques-uns, je ne garantis pas mes talents avec une aiguille. "

Il rit. Quelque chose de léger et discret, mais un rire tout de même.

" Et bien écoute, à part ça, rien de bien palpitant dans ma vie de prof. Les gamins sont plutôt calmes, enfin pour la plupart... Sinon côté privé, pas grand-chose non plus. Ma sœur retourne à Istanbul avec son mari dans quelques semaines et je suis en négociation serrée avec mes parents pour ne pas me retrouver avec mes neveux et nièces plus d'un seul week-end. Les grands ne sont pas un problème, mais les triplés peuvent être … fatiguant. "

Peu à peu, il s'était détendu, il était rare qu'il parle de sa famille mais cela lui fit du bien.
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Edina Corvo

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Ven 25 Mar 2016, 12:27

Alors, il pour ses encre, il me faudrait un catalyseur léger et mais un réactif plus tolérant et moins dangereux. Ça changeait des commandes habituelles qui en générale exigeait de mes protégée la plus pure et mortelle des mixtures.

Sans accepter de suite, Ellen avait promis de réfléchir à mon projet et c'était pour le mieux, je ne voulais pas d'une promesse sans fondement et surtout, un verre ... voilà bien une invitation que je n'avais pas eu depuis tellement longtemps et c'est presque dans un murmure que je répondis :

"Un verre ? Ce sera parfait."


Voilà, il ne me restait plus que la ou le tatoueur et mon projet pourrait enfin prendre forme. Mes recherches étaient belle et bien finies et voici que viendrait plus tôt que prévu la phase d'expérimentation, ma préférée tant espérée. J'avais beau essayer de m'en réjouir au fond de moi-même, c'est mon geôlier aux yeux de saphir qui prenait toute la place dans mon esprit actuellement.

Il parlait, simplement, comme si sa nervosité n'était plus et c'était pour le mieux. Je fus immensément soulagée quand j'appris qu'à priori, je n'avais aucune rivale en vue ce qui était plutôt étrange d'ailleurs. Comme toutes les femmes éprises d'un homme, j'aurais donner assez cher à cet instant précis pour voir comment il gérait des enfants dans sa vie privée, manifestement, il avait infiniment plus d'expériences que moi avec la chose vu qu'il s'agissait d'au moins cinq enfants. Je me rendis compte un peu tard que j'étais presque en train d'évaluer quelqu'un sur le sujet de la descendance alors que l'idée de la procréation n'avait sans doute même pas effleuré son esprit.

Ma chère Edina, tu souhaites des fleurs quand tu n'as pas encore les graines.

Faudrait-il que je sois patiente avec lui ou fallait-il au contraire que je prenne les devants ? D'une certaine manière, j'étais moi-même en train de devenir un peu nerveuse, comme quand j'étais petite, à la nuance près que là, nous étions majeurs et consentants. Aucune des pensées qui passèrent dans mon esprit pendant ces quelques secondes ne furent d'une quelconque utilité pour me calmer, bien au contraire. Ce doit être l'infusion, sans doute. Je ne pu que rire à la dernière phrase de sa tirade, on sentait que ce dernier mot avait été soigneusement choisit afin de rester correct.

"Comme je te comprends, des adolescents la semaine et des enfants le week-end... Tu devrais demander un salaire de temps plein à ta sœur, celui qu'elle économise en garderie par exemple. En tout cas, pour ma part c'est ce que j'aurais du réclamer à mes parents quand j'empêchais ma propre sœur de faire des bêtises, et par bêtises, j'entends "éviter d'allumer un feu dans une station-service moldue pour comprendre pourquoi c'est interdit". Autant dire que je te comprends parfaitement."

Ellen était l'un des rares à pouvoir se vanter de connaître très bien ma famille, c'était facile avec lui de partager ce genre d'anecdotes et c'était très agréable. Sans demander son avis, je resservis mon invité en tisane. A présent, je ne pouvais même plus m'empêcher de lui sourire tout en me demandant en mon fort intérieur qui de lui ou moi cédera en premier et invitera l'autre. Ce jeu promettait d'être passionnant et j'espérais avoir un partenaire intéressant face à moi.

"Si jamais nous prenons un verre ensemble en dehors du cadre scolaire, tu ne crains pas pour les ragots qui vont fuser de toutes part ? Après tout, il serait tellement facile pour un pubère de s'imaginer tout un tas de choses sur ses professeurs, alors une armée de jouvenceaux pourraient facilement mettre en péril ta réputation."

Assise face à lui sur mon bureau, je le regardais intensément en attendant sa réponse. Je savais ma question légère mais loin d'être innocente.
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Ellen Duke

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Mar 12 Avr 2016, 08:17

Oui, un verre serait définitivement parfait ! Ellen ne put s'empêcher de les imaginer tous deux attablé au clair de lune, trinquant dans un décore de ruine envahi par les plantes où la végétation venait sublimer l'architecture d'un temps passé. Oui, l'ex-auror était un incorrigible romantique...

Et si sa douce avait en effet des rivales il en serait le premier surpris. Il n'avait guerre conscience de l'effet que son physique pouvait avoir. Il ne se savait pas laid, mais ne se considérait pas comme un apollon non plus... Un peu atypique, c'était probablement ce qui faisait que l'on pouvait lui trouver un certain charme. Il avait en revanche bien plus conscience de l'effet que sa voix produisait…
La seul autre femme qu'Ellen voyait aussi souvent qu'Edina, voir même un peu plus, était Azearhia, la si atypique prof de potion ancienne, il avait beaucoup d'affection pour elle et elle avait beau être plus jeune que lui, elle fessait lui plus office de figure maternel avec son obsession de le gaver de petit gâteau et autres friandises. Du côté de la jeune maman, l'attirance était également peu probable, l'ex-auror la soupçonnait d'ailleurs d'être encore éprise de son mari, quoi qu'elle en dise...
Il n'y avait donc personne dans la tête du quinquagénaire pour faire concurrence à sa belle brune. En même temps qui pourrait lui arriver à la cheville ?...

La pensée d'une descendance lui avait effleuré l'esprit il y a bien longtemps. L'occasion ne s'était juste jamais montré, la partenaire non plus... L'âge avançant il n'y avait plus songé, faisant inconsciemment une croix dessus...
Et puis il avait ses neveux et nièce. Il était très proche d'eux. Un confident, presque un ami. Ce n'avait pas été bien dure, il avait le bon rôle après tout, celui du tonton gâteaux un peut barge avec qui on pouvait faire des bêtises et qui avait toujours des histoires rocambolesques à raconter. Aujourd'hui encore d'ailleurs, il priait pour que sa sœur n'apprenne jamais que c'était lui qui avait enseigné le sort de truito-fury à Kaan. Il passerait vraiment un sale quart d'heure si cela arrivait...

"Je râle, je râle, mais la vérité et qu'ils sont adorables même si des fois ils sont pénibles... S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventés. "

Il y avait une infinie tendresse dans sa voix.

" Ah les fameuses expériences de Nada ! Elle en ferait encore des comme ça que ça ne m'en étonnerai pas... C'était rare qu'Armand ne revienne pas le lundi avec un nouvel exploit de sa nièce à me raconter. ... Il vous adorait... "


Il resta un instant silencieux, les yeux dans le vague. Ce n'était pas de la tristesse, ce ne l'était plu depuis un certain temps déjà, c'était une douce mélancolie qui le faisait doucement sourire.
Ce n'était pas une blague, pas juste des paroles en l'air quand il disait qu'Armand était son frère. C'était ce qu'ils ressentaient, ce qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre et le temps n'avait rien changé. Armand avait gagné un jeu de parent supplémentaire et une grande sœur, Ellen avait obtenu, le clan Corvo au grand complet, dans son entièreté et toute sa bizarrerie...

Sa rêverie mélancolique fut coupée quand Edina lui resservi une tasse d'infusion. Il lui fit un petit sourire d'excuse, avant de franchement rire de ses propos.

" Ma réputation n'a déjà rien d'enviable, au moins ils se diront que je suis capable d'avoir des expressions faciales autres que le renfrognement... Mais si tu y tiens nous pourrons organiser des rendez-vous secret, déployer des trésors de ruses et de science pour se retrouver..."

Il s'était penché vers elle, un sourire taquin aux coins des lèvres.
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Edina Corvo

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Lun 18 Avr 2016, 17:02

Armand.

Voilà que ce prénom que je redoutais tant à prononcer revenait. Je devais bien l'admettre, cela calmait un peu mes ardeurs et je me remettais tranquillement à penser à lui. Il me manquait énormément et je devais bien avouer que je m'en étais voulu plus d'une fois de ne pas avoir été plus présente pour Ellen lors de sa disparition. Fort heureusement, la mort de ce membre de la famille n'avait pas chassé Ellen pour autant, il était naturel à présent qu'il fasse partie du clan Corvo. Parfois, souvent même, je me demandais ce qu'Ellen pensait de nous en tant que famille, nous n'étions pas les plus fréquentables chez les sorciers mais ça ne l'avais jamais empêché de revenir nous voir avec plaisir.

En regardant bien Ellen, d'ailleurs, je m'étais rendue compte qu'il n'était plus triste de parler de son défunt ami. C'était plus de la nostalgie que je pouvais lire dans son regard et c'était tant mieux. L'ombre d'Armand ne planait plus sur lui et je pouvais à présent me consacrer toute entière à Ellen sans devoir sans cesse avoir une petite pensée pour lui. Je n'avais jamais remarqué qu'il avait fini par faire son deuil et cela laissait présager un avenir radieux.

"Je t'assure, c'était réciproque. Ils sont tellement rares les personnes extérieures au clans à s'être si bien intégrées."

Le terme d'intégration n'était pas des plus adéquat, d'une part parce que notre sens de l'accueil était des plus légendaires, et d'autre part parce tout le monde pouvait trouver sa place chez nous, sans distinctions ni prérequis. Oui, il suffisait de ne pas être effrayé par la moindre créature venimeuse pour se sentir chez soi ce qui n'était pas à la portée de tous.

Ellen s'était approché et venait de pénétrer ma sphère intime. Mon cœur loupa presque un battement et je faillis bien renverser la totalité du contenu de ma carafe sur le sol quand il me susurra ces quelques mots. Il suffit que j'arrête mes pensées sulfureuses pour que la situation devienne des plus intéressantes.

Ce regard qu'il me lançait à cet instant... Jamais je n'aurais pu rêver que de tels yeux me prennent pour cible avec un air aussi évident. Il fallait décidément que j'arrête de m'emballer pour rien, peut-être était-il à des années lumières de ce genre de pensées. Peut-être. Toujours était-il qu'il venait d'entrer dans mon jeu, qu'il le voulait ou non, pour mon plus grand bonheur. S'il était encore possible de sourire plus, je le fis à cet instant précis.

"A cet instant, je pense être des plus créatives pour ce genre de jeu."

D'un geste presque désinvolte, j'effleurais le visage de mon geôlier du dos de la main.

"C'est vrai que ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu serein comme autrefois et je dois admettre que me manque un peu. J'espère sincèrement pouvoir faire ça pour toi."

Moi debout, lui assis, à ma merci, je ne devrais pas en abuser, je le savais. Lentement, je retire ma main en caressant son cou du bout des doigts dans un geste que je ne voulais pas trop calculé. A cet instant, je me demandais s'il allait s'abandonner ou surenchérir, je me demandais aussi ce que j'aurais préféré.

A cet instant, mes pensées sur mon travail ou ma famille étaient vraiment très loin et c'était tant mieux !
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Ellen Duke

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Sam 30 Avr 2016, 13:36

Armand... Cela faisait presque quatre ans que son ami était parti brusquement, le laissant seul et perdu. Dire que le coup avait été rude était un euphémisme… Depuis leur première année à Poudlard, depuis qu'ils avaient 11 ans, ils n'avaient jamais vraiment été séparés. Même lors de leurs stages pour devenir auror, ils avaient gardé un maximum de contacts, prenant des nouvelles de l'autre pratiquement tous les jours, toutes les semaines au pire. Alors quand l'oncle d'Edina était parti pour ce voyage dont on ne revient pas, le manque avait dévasté Ellen. 
Il s'était refermé sur lui-même, arrêtant de vivre pendant quelques temps, jusqu'à ce que sa sœur vienne lui secouer les puces avec toute sa délicatesse naturelle... La reprise en mains avait été plutôt violente et douloureuse pour sa joue et ses tympans, du Thyia tout craché... 
Il avait mis du temps à se ressaisir et encore un peu plus à revenir vers les Corvo, mais il avait fini par doucement reprendre contact avec eux, par répondre aux lettres que lui envoyait régulièrement la mère de son défunt partenaire. La vieille matriarche avait doucement persévéré, lui faisant parvenir un corbeau de temps à autre, toujours espacé de quelques mois, sans jamais s'imposer. Elle ne lui demandait jamais de nouvelles, ne faisant que lui en donner sur diverses choses, sur tous et chacun... Les lettres qu'elle avait reçues en retour étaient courtes et toutes aussi espacées. Il lui racontait comment allait ses neveux, lui parlait des découvretes en matière de runes... De tout sauf de lui en fait... Pas une seule fois il ne lui dit qu'il allait bien, car c'était faux et que, autant Ellen pouvait mentir comme le pire des politiciens quand la situation l'exigeait, autant il respectait trop la matriarche pour lui faire l'affront de lui servir la même affabulation nauséabonde que celle qu'il rabâchait, tel un automate, à ces étrangers qui partageaient pourtant son sang... 
Cela pouvait paraître étrange comment les Corvo avaient peu à peu pris plus d'importance que ses oncles, tantes et cousins... Et cela de la manière la plus naturelle qui soit, juste en s'intéressant à l'enfant qu'il était alors, en s'y intéressant vraiment... Pas juste en lui demandant comment se passaient les études, ce à quoi il répondait un "bien" vide de sens. Alors oui, les Corvo étaient déjà un peu de sa famille, une famille lointaine, mais qui pouvait se rapprocher davantage si le destin leur était clément... 
 
Il sourit tendrement aux paroles d'Edina. Non il n'avait eu aucun mal à les accepter car eux-mêmes l'avaient intégré avec une facilité déconcertante, sans le juger.  Il les avait connus enfants et pour le petit garçon intrépide qu'il était à l'époque, ils  étaient juste sacrement  cool. 
 
"A cet instant, je pense être des plus créatives pour ce genre de jeu " 
 
Son sourire s'élargit se faisant le reflet de celui la femme face à lui. C'était de bien belles et agréables soirées qui se dessinaient. Sa voix descendit une octave, se fit plus rauque alors que la peau délicate de la belle rencontrait la sienne pour la deuxième fois de la soirée. Il déclara, faussement solennel et avec cette lueur oscillant entre l'amusement et le trouble au fond de ses prunelles marine. 
 
" Permettez-moi d'en douter Ma Dame, il faudra me le prouver." 
 
Et le frisson dégringola au même rythme que les doigts contre sa gorge. 
 
Il fut plus que surpris pas ses dernières paroles. Cela faisait combien de temps qu'on ne lui avait pas dit  qu'il était serein ? Il se refusa à y penser, à penser à elle, pas en présence d'Edina... 
Et soudain ça le frappa. Il ne s'en était pas rendu compte avant, du pouvoir que cette femme avait sur lui. Depuis le premier jour où ils s'étaient revus, le prof de rune s'était toujours comporté différemment avec elle. Comme si, de sa seule présence, elle lui ordonnait de faire des efforts, d'être moins bourru, plus ouvert. Et lui s'exécutait sans rechigner. Il lui semblait qu'elle aurait pu exiger n'importe quoi de lui, il l'aurait  fait sur le champ, pour elle. 
Et cela lui fit peur, vraiment peur, car la dernière fois qu'il avait ressenti quelque chose de similaire, il lui semblait que cela avait été bien moins puissant... Et il avait quand même fini avec le cœur en miettes. 
 Il se redressa sur sa chaise, s'éloignant un peu d'elle, comme pour mettre une distance de sécurité entre eux, les entrailles et le cœur déchirés entre deux envies, deux besoins, lui indiquant des directions contraires. La porte derrière lui ou les bras de la femme devant. 
Alors il resta là, n'osant plus vraiment bouger, ne sachant ce qu'il devait ou voulait faire, un sourire, certes moins grand, mais tout de même tendre aux lèvres 
 
" Je crois que tu arrives à faire revenir un peu de celui que j'étais avant ..." 
 
Sur le bureau, Dust le regardait avec un air dépité. 
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Edina Corvo

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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen Ven 16 Juin 2017, 22:32

Émeraudes dans saphirs, nous voilà arrimés pour un temps qui me parut délicieusement long. Son prochain mouvement était langoureusement calculé pour aller encore plus loin dans notre petit jeu. Sa voix, plus charmeuse que jamais, avait presque eut raison de ma sérénité légendaire et était sur le point de faire fondre mon masque de bienséance. S'il m'avait été physiquement possible de rougir, sans doute que j'aurais été écarlate à ce moment précis.

Le temps d'un soupir où un frisson se faisait timidement entendre et Ellen s'éloigna douloureusement de moi. Il s'était tendu à nouveau, non, ce n'était pas vraiment le mot, il était terrifié. Je sentais que même mes plantes, très réceptives aux émotions, avaient à nouveau altéré l'ambiance pour la rendre plus fraiche, atrocement plus raide. C'était presque dommage de jouer sur mon propre territoire, presque trop facile.

En réponse à son éloignement, je pris mes distances aussi, me redressant lentement et bénissant le récolté que me faisait ma robe noire à cet instant.

Il me fit alors la plus belle des déclarations, un compliment si beau que je m'en voulais presque d'avoir autant de pensées impurs à son sujet. Manifestement, il essayait de me dire que je lui faisait du bien. Pour ma part, je ne souhaitais pas qu'il en fasse autant pour moi. Faire revenir celle que j'étais signifiait faire revenir cette petite fille associable et apeurée que je ne désirais plus être. Sans doute était-il possible de nous donner rendez-vous au milieu de cette ligne temporelle.

De tout mon cœur, j'aurais aimé savoir l'origine de ce début d'affolement si soudain. Je voulais le prendre dans mes bras pour le câliner et le rassurer, lui dire que, quoi qu'il advienne, je serais patiente avec lui, que je serais ce qu'il a besoin que je sois, sa confidente, son amie, son amante asservie... Tiens, revoilà mes pensées immorales.

A cet instant, je n'étais plus du tout sure de moi. Bien joué, Monsieur Duke, vous gagnez cette première manche car vous me privez de mon prochain mouvement. Continuer au risque de le faire fuir ou laisser du terrain au risque de perdre. Vous m'obligez à laisser la balle dans votre camp ce que j'ai une sainte horreur de faire.

Je m'assois alors sur le bureau en face de la chaise, prenant définitivement mes distances. Je garde néanmoins mon sourire, ma marque de fabrique.

"Mon cher Ellen ! Je suis surtout intéressée par celui que tu es présentement."

Rarement j'ai aussi mal joué à ce jeu, et paradoxalement, rarement il ne m'a tenu autant à cœur. Plus la soirée avançait, plus je me disais que j'allais définitivement mettre de côté mon travail pour le moment pour me consacrer au raccommodage de ce cher Ellen. Le jeu pouvait attendre.

"Pour le reste, je vais attendre ton invitation autour de ce fameux verre avec une grande impatience. Si j'espère qu'effectivement tu accepteras de travailler avec moi sur mon projet, j'espère surtout pouvoir contribuer à ce que tu sois plus souvent ... toi-même."

Il était vraiment rare que je m'abaisse à dire la vérité sur mes sentiment, mais Ellen méritait de voir où il mettait les pieds avec moi, que je n'usait d'aucun artifice quand il était le sujet principal. Une fois qu'Ellen sera redevenu ... Ellen, nous pourrons reprendre le jeu. J'espère que ça arrivera très vite.
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MessageSujet: Re: Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen

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Une porte entrouverte n'en est plus vraiment une - Edina et Ellen

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