Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥]

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Sam 10 Oct 2015, 22:13

Il roula des yeux. C’était vraiment un plan foireux. Il ne pouvait décemment blâmer personne d’autre, parce que c’était son idée, mais franchement, pourquoi le laissait-on avoir des idées, hein ? N’y avait-il vraiment personne pour lui signifier à quel point ce genre d’impulsions était profondément débile ? Bon, certes, pour ça, il aurait fallu qu’il le dise à quelqu’un. Mais ça n’en rendait la chose que plus débile encore, parce qu’il avait encore au cœur l’espoir que ça marche, et que le destinataire garde ça pour lui, lui aussi. … Parce que présumer des réactions de Lloyd avait toujours si bien marché dans le passé, bien sûr. Agh. Il resserra les mains sur son pauvre paquet en carton. Il était trop tard, de toute façon. Il n’allait quand même pas renoncer maintenant, il était venu jusqu’ici. Et ça, pour le coup, c’aurait été vraiment débile, de tout gâcher par pure peur du rejet. Non pas que c’aurait été la première fois, mais … Oh, puis merde, Lou, qu’avait-il à perdre de toute manière ? Il ne lui avait pas reparlé depuis leur confrontation dans le bureau, alors au pire, quoi ? Ils s’ignoreraient plus fort et plus maladroitement encore ? Voilà qui paraissait difficilement envisageable.

Il risqua un coup d’œil derrière l’étagère. Au moins, il avait eu raison… Il était là. A occuper son heure de trou à étudier comme un garçon sérieux. A cette heure-là, il faisait partie des seuls, d’ailleurs. Il n’y avait guère que les plus motivés pour bosser jusqu’au dîner. Autant dire que Louis s’était rarement retrouvé à le faire lui-même. Ceci dit… Il avait beau ne pas avoir d’élan particulier pour les bouquins et les parchemins, il ne put s’empêcher de ressentir un genre de fascination pour l’état dans lequel était plongé le Serdaigle. Cette concentration. Peut-être n’avait-il même pas besoin de se cacher, au final, parce que Lloyd n’était pas vraiment là. Son esprit était dans les pages. Ses yeux ne se perdaient jamais du livre au parchemin, du parchemin au livre. Des fois, il remettait distraitement ses lunettes sur ses yeux, mais sans sembler même s’en rendre compte. Louis en éprouva presque un brin d’envie, lui qui bâclait ses dossiers sans jamais leur trouver le moindre intérêt. Ça avait l’air paisible.

Boon, peut-être pouvait-il décoller ses yeux du pauvre Lloyd qui n’avait rien demandé à personne et commencer à se demander où il allait mettre cette fichue boîte. Est-ce que c’était comme ça que se sentaient les gros maniaques qui suivaient les gens ? Il se rangea derrière la section Botanique avec un soupir exaspéré. Et si le destinataire du colis gardait les fesses vissées à sa chaise, qu’est-ce qu’il allait faire, hein ? Est-ce qu’il avait pensé à ça, en s’emballant comme un idiot ? Evidemment que non. Il s’assit par terre un instant, jetant à son paquet un œil circonspect. Pour Boyd/Doyle/non je plaisante je sais que tu t’appelles Lloyd, avait-il écrit sur le dessus en se croyant drôle. …Et il trouvait toujours ça un petit peu drôle, à vrai dire, mais c’était bien la preuve qu’il en tenait une couche, comme mec. Remarquez, le simple fait d’offrir un gâteau de réconciliation à quelqu’un à qui il avait mis une trempe aurait pu lui mettre la puce à l’oreille, déjà.

Ah. Il se redressa. Le quelqu’un avait bougé, sûrement pour trouver un livre qui lui manquait. C’était sans doute la seule occasion qu’il aurait de ne pas se faire repérer, alors … Il piqua un sprint jusqu’à sa table, posa le carton sur son parchemin de sciences quelque chose, et repartit aussi sec, le souffle court. Ninja. Personne n’avait rien vu. Totalement anonyme. Pffouh… Il serait bien resté voir sa réaction, mais il avait été suffisamment louche pour un mois, alors il valait sans doute mieux qu’il débarrasse le plancher et qu’il laisse à Lloyd le choix de revenir vers lui ou pas. Le but n’était pas de le harceler non plus… Il poussa donc la lourde porte de la bibliothèque universitaire et disparut dans les couloirs. … Tiens, il aurait pu utiliser la magie, éventuellement. Quelle quiche il faisait, c’était pas Merle possible.

Oh là là, il espérait vraiment que sa bêtise allait être bien prise pour ce qu’elle était… Une déclaration de paix, un pas vers lui, un geste inoffensif. Et si ça lui faisait peur ? Non, quand même, on ne pouvait pas avoir peur d’un petit gâteau au chocolat dont le glaçage disait Merci de m’avoir défendu et désolé de t’avoir mis un p (il avait manqué de place au dernier moment)… Enfin, du moins l’espérait-il.
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Lloyd N. Whiteridge

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Ven 16 Oct 2015, 16:49


X

Un jour de mars, un jour ordinaire, un jour à réviser... Ma vie est d'un ennui profond. Le truc, c'est que je ne peux même plus penser à faire des photos ou aller à une fête, parce que mes notes depuis la rentrée sont trop... moyennes. Je peine à garder la tête hors de l'eau. Et je déteste avoir cette foutue impression d'être le seul. Pourtant, je sais que d'autres galèrent, mais où diable sont-ils ? Pourquoi ai-je le sentiment d'être le seul con à passer toutes mes heures d'études à réviser ? Puis, faut dire, j'essaie de me faire oublier. Moi, les feux de la rampe, si c'est pas pour présenter une découverte scientifique ou magique, très peu pour moi. Mes histoires avec Louis m'ont pourri mon début d'année. Alors maintenant, je redeviens le gentil fantôme que je suis. La vie triste et chiante de Lloyd, le retour. Bon c'est pas sympa pour mes potes. Je passe du bon temps avec eux. Mais j'ai ce foutu vide, ce manque de quelqu'un, qui me passe pas et qui me rend dingue. Et ce quelqu'un, c'est cette tête de citrouille de Louis Hawthorne.

Je suis tellement bête. Bête de penser encore à lui. Je ne l'ai pas revu depuis notre entrevue chez le directeur. Je n'ai pas essayé de le revoir, dans la Grande Salle, je fais en sorte d'éviter les heures de pointe et de lever la tête en dehors de mon assiette. Je sais, c'est d'une tristesse absolue. Je me mets à gratter frénétiquement sur mon parchemin la réponse à ma question, trouvée à l'instant dans un livre. Les propriétés méconnues de la Valériane. J'ai des livres de potion partout autour de moi, mais je pense pas que c'est là-dedans que je vais trouver un truc intéressant. Je lève mes fesses de ma chaise, ça faisait bien une demi-heure que j'y étais, puis je me résigne à aller voir du côté de la section botanique. Prenant bien soin d'éviter quelques livres de la bibliothèque qui aiment décidément trop se balader. Je sens un courant d'air, non loin mais le temps de me retourner, il n'y a plus personne. Merde, moi qui pensait que d'autres fantômes comme moi trainent par ici quand ils ont une heure d'étude.

Deux livres poussiéreux sous le bras, je retourne à mon petit bureau, m'arrêtant à un mètre, les yeux rivés sur... Un paquet ? Pour... moi ? Qui la posé là bordel ? Je regarde frénétiquement autour de moi, j'ai un mauvais souvenir des trucs anonymes en ce moment, je me méfie un chouïa. Puis j'avance, curieux, tout en me disant que c'était peut-être encore un Gryffondor stupide défendant l'honneur de Louis. Je vois l'écriture, brouillonne, et je lis 'Pour Boyd/Doyle/non je plaisante je sais que tu t’appelles Lloyd'. D'accord, un petit comique. Je soupire, déçu. Je m'assois et j'ouvre le premier livre de botanique que j'ai ramené, poussant sur le côté le paquet. J'ai pas envie, là tout de suite, de me prendre encore une insulte dans la tronche accompagné d'une connerie de farce et attrapes. Alors pendant 5 minutes, j'ignore le paquet. Mais il y a cette odeur, cette odeur de gâteau qui se dégage du truc. Il est 16h50, j'ai faim. J'ai encore dix minutes avant le début de mon dernier cours de la journée. Et si c'était qu'un putain de gâteau ?

Je l'ouvre, ordonnant à mon cerveau de se taire. Et là je... Je fixe le message du gâteau, je fixe ce glaçage qui me parle et qui me demande pardon. Je ne réalise même pas que je suis en train de sourire.

**

Le lendemain, me voilà dans un couloir, entouré de nombreux camarades de classe. Je n'ai pas arrêté de penser à ce gâteau, en plus de le manger. Bon okay, j'aurais pu partager, mais non, je ne voulais pas partager un truc qui venait de... Louis. C'est complètement puéril mais, malgré les protestations de mes camarades de chambrée, j'ai tenu bon, et j'ai tout dévoré. Je suis même pas malade d'avoir fait ça. Puis, il était bon, son gâteau. Je ne suis pas là par hasard, en fait. J'attends... Louis. Au début, je voulais pas juste le rencontrer là, mais mon courage s'effondre dès que j'imagine le surprendre ailleurs que dans un endroit bondé. J'ai encore trop peur de la réaction des gens. Et de me faire tabasser parce que je lui ai parlé. Alors, me voilà agglutiné là, comme la moitié de Poudlard, devant le tableau d'affichage concernant... le Quidditch. Et l'annonce du prochain match. Et quand je vois la tignasse brune s'avancer vers le tableau, les yeux ronds comme des billes, surexcité, je me dis que c'est maintenant ou jamais. Tout le monde a les yeux rivés sur le tableau. Sauf moi.

" Salut. Louis. "

Je suis tellement gêné et en même temps, tellement heureux d'être à nouveau si près de lui.

" J'ai... bien reçu ton gâteau. Merci. Il était...bon, vraiment et..."

Le tableau s'anime soudain et un balais parlant fait son apparition, annonçant d'une voix tonitruante, que les Gryffondors affronteront les Serdaigles ce week-end, suivi de la liste des joueurs de chaque équipe. Un petit commentaire est ensuite émis juste après l'annonce du nom et la plupart du temps, ils sont affreusement méchant. Louis eut le droit à 'Espérons que ses lunettes de gardien lui permettront de distinguer plus efficacement le Souaffle, cette fois.' et Jeremiah un simple 'la blondasse tatouée qui confond Cognard et coéquipiers'. Je me mets à rire, alors que les joueurs autour de moi huent de toute leur force le tableau d'affichage. Je me reprends bien vite par peur de me faire griller.

" C'est... c'est pardonné pour le P." , je dis rapidement, les yeux vers Louis, omettant volontairement de dire le mot poing complètement, en clin d'oeil à son texte sur le gâteau.

" Bon heu... je te laisse, je... Je viendrais te voir à ton prochain match ce week end ! ..."

Pourquoi est-ce que j'ai dis ça ? Nom de Dieu pourquoi est-ce que j'ai dis que j'irais le voir au Quidditch ? Comme je viens de réaliser que j'ai dis ça, je m'engouffre dans la foule en train de se dissiper, criant tout leur enthousiasme sur la rencontre à venir, n'attendant pas la réponse de Louis, ne voulant même pas voir sa réaction à mon annonce, complètement spontanée.
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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Mar 20 Oct 2015, 16:23

Il fallait qu’il arrête. Ça faisait maintenant deux mois que ce garçon était emmêlé à sa vie, il était peut-être temps de penser à autre chose, non ? Le truc, c’était qu’il n’y arrivait pas. Il avait pourtant cru que ça s’arrangerait avec le gâteau, que son cerveau accepterait qu’il avait fait des efforts pour se rattraper et lui lâcherait enfin la grappe, mais non. Lloyd continuait de lui trotter dans la tête. …C’était sans doute normal, étant donné tous les bouleversements qu’il avait apporté dedans, remarquez. C’était dur d’oublier le premier garçon qu’on avait embrassé de sa vie. Et aussi d’oublier le premier garçon qu’on avait frappé de sa vie… Eurgh. Qu’est-ce qu’il attendait, à la fin ? Son pardon ? Une bénédiction de sa part pour continuer à vivre ? …Il ne savait pas vraiment, mais toujours était-il qu’il se sentait relever le nez à chaque écharpe bleue et bronze qui passait. Comme quoi, faire un pas vers lui n’avait rien fait pour l’apaiser, au final, plutôt le contraire, puisqu’il attendait maintenant une réponse.

Il se passa la main dans les cheveux. Il avait pourtant d’autres problèmes que de s’attirer la sympathie du Serdaigle, en ce moment. Outre le syndrome du placard qui l’empêchait encore de s’avouer bi à sa grand-mère ou ses parents, il y avait aussi ses notes dont la médiocrité atteignait des tréfonds inconnus, son souhait de changer de poste en Quidditch qu’il n’osait pas exposer à son capitaine, et son projet d’avenir qui prenait lentement forme dans les marges de ses bouquins mais qui requérait de rattraper un retard monstre sur ses cours… Et puis il se sentait un peu seul, aussi, fallait avouer. Il jeta un regard envieux à deux tourtereaux de Poufsouffle qui se faisaient des mamours dans une alcôve. Surtout après la période plus que rude qu’il avait dû surmonter, ça, il aurait bien voulu quelqu’un pour l’aider à panser ses plaies… Ou même juste un petit coup au cœur dans une salle vide, il était pas chiant. Tout ce qu’il voulait, c’était un peu de chaleur, c’était tout. … L’espace d’un instant, il repensa à la fête de Noël. Hm. Cataclysme ou pas, c’avait quand même été un putain de bon baiser.

AGH, et voilà, il retombait toujours sur ce fichu binoclard ! C’était pathologique, ma parole ! Oui, ils avaient fait un échange de salive, transcendant, maintenant est-ce qu’on pouvait passer à autre chose ? BREF. Il fendit la foule pour rejoindre quelques-uns de ses coéquipiers devant le panneau d’affichage. Il les salua d’une poignée de main, eut le bon goût de blaguer sur leur dernier entraînement sous la pluie, et s’approcha du tableau. Bah, penser un peu au sport ne lui ferait pas de mal. De la sueur, des réflexes, des ballons de cuir qui lui fonceraient sur la gueule et des camarades beuglant son nom pour qu’il se lève les fesses, quoi de mieux pour se vider la tête, hein ? Surtout qu’avec l’état actuel du classement… S’ils gagnaient leur prochain match, ça leur ferait un peu d’avance non négligeable jusqu’au prochain. Et peut-être même pour la Coupe, tiens, où en étaient les Sabliers ? La dernière fois qu’il avait regardé, les Rouges était au coude-à-coude avec les Jaunes, ce serait peut-être l’occasion de passer devant, là aussi. Heey… Il sautilla sur place, récoltant un petit rire de la part d’une poursuiveuse de son équipe dont il tira sur la manche comme un enfant de cinq ans. Hé, quand même, les gens, ça allait être son premier match depuis Décembre, quoi ! Toujours en tant que Gardien, certes, mais avec un peu de chance serait-ce l’occasion de faire hommage au poste une dernière fois avant de retrouver sa position de prédilection…

Il se balança d’une jambe sur l’autre, impatient. Ils avaient pas dit quatre heures ? Il jeta un œil aux personnes présentes, et son radar interne sonna. JEREMIAAAAH ! Il lui fit de grand signes pour attirer son attention, mais il y avait trop de monde pour se rejoindre maintenant, alors ils se contentèrent de communiquer par signes avec plus ou moins de succès au-dessus des têtes des étudiants. JE… EXCITÉ… singea le brun en agitant les poings, manquant d’éborgner trois personnes au passage. Hein, attendez, qu’est-ce qu’il disait ? Il baissa les bras pour se hausser sur la pointe des pieds, faisant quelques pas vers le tableau. YEUX… Nan, LU… LUNETTES … DERRIERE ? Il lui fit une grimace perplexe. Quoi, DERRIERE ?

La voix qui résonna dans son oreille répondit à sa place, et il se retourna pour lui faire face. Lloyd… Les heures passées à se demander comment il avait pris son cadeau débile lui retombèrent dessus, et il se tripota nerveusement les doigts, la gorge un peu serrée par un trac qu’il ne comprit pas. Et inutile, vu que le jeune homme en question s’employait à le remercier poliment. Oh, c’était quand même pas grand-chose… Il s’appliqua à regarder ses pieds en souriant, haussant les épaules, et s’apprêtait à ouvrir la bouche pour répondre un truc totalement bateau lorsque le panneau se réveilla enfin. Il marmonna un mot d’excuse à l’égard de son camarade et reporta son attention sur les annonces. Enfin, il essaya. Parce que match contre Serdaigle ou pas, et il allait vraiment falloir qu’ils bossent la stratégie pour avoir une chance de l’emporter, parce que le capitaine actuel des piafs était une vraie bête en manœuvres tactiques … Ça lui faisait bizarre d’être en présence de Lloyd. Oh, c’était cool, il aurait même été jusqu’à dire que constater que les tensions entre eux s’étaient apaisées d’elles-mêmes le rendait franchement heureux, mais ça lui faisait quand même … bizarre.

Il resta complétement de marbre au commentaire que lui destina le tableau. Franchement, ce n’était ni la première ni la dernière fois qu’on la lui faisait, celle-là, ils auraient pu trouver mieux. Le traiter de frimeur sans rien dans la citrouille par exemple, ou le comparer à une grande traînée qui ne voulait gagner que pour pouvoir enlever son haut… Il y avait quand même des trucs à faire, quoi ! Enfin bref… Quelques-unes des saillies destinées à d’autres le firent plus rire, comme celle destinée à leur attrapeur qui se prit un « attaquant de tous les trucs dorés qui passent » dans les dents. C’était vrai qu’il avait poursuivi un bout de papier bonbon pendant dix minutes, une fois… Vu les conditions météo d’alors, il était dur de lui en vouloir, mais ça restait plutôt drôle. Il attendit l’annonce du match cadet pour entendre ce qu’on dirait de son bro’. Aah, il y avait de l’idée. Surtout quand on faisait des matchs amicaux avec ce grand malade… Il hocha gravement la tête pour le taquiner, s’assura qu’il l’avait vu, puis en revint à Whiteridge qui tentait de lui parler.

Pardon, c’était pardonné pour le … Oh. Il se sentit sourire sans que ça ait eu le temps de passer par le cerveau. Comme quoi Médico avait de l’humour, mine de rien. A-attendez, est-ce qu’il venait vraiment de dire qu’il lui pardonnait ? Il se sentit libéré d’un poids, soudainement, et la reconnaissance qu’il avait ressentie un mois plus tôt dans le bureau de Walter revint faire crépiter son estomac. Alors … est-ce qu’ils allaient pouvoir être amis ? Reparler tranquillement de tout ça, de leurs cours en commun, de fêtes, et de … trucs gays ? Fort heureusement, il n’eut pas le temps de formuler ses pensées que déjà Lloyd s’échappait en bredouillant une vague promesse. Hé, vraiment, il aimait le Quidditch ? Ou peut-être qu’il viendrait soutenir sa Maison…

En tous cas, Loulou avait intérêt à être bon.

***

… Putain, la claque. Putain, la claque. Non pas qu’il ait personnellement été si mauvais que ça, et du côté poursuiveurs ils avaient maintenu une bonne avance pendant tout le match, mais cette prise de Vif, putain. Il connaissait peu de choses aussi frustrantes que de perdre à quelques points sur une prise décisive. Il laissa échapper un grognement en quittant les vestiaires d’un pas lourd, s’emmêlant dans son pull. Aghh, il fallait quand même admettre une part de responsabilité là-dedans, il n’avait pas gardé un œil sur l’Attrapeur, cette fois, trop occupé qu’il était à vouloir faire un beau match… Et les Batteurs s’étaient bien foirés sur leur défense, aussi. Lui-même avait failli être désarçonné de son balai à un moment critique… Et non, le fait qu’il ait été occupé à faire un clin d’œil à un binoclard dans le gradin de leurs adversaires plutôt que de renvoyer le Souaffle tout de suite n’avait aucun rapport. Il se ménageait toujours des petits temps d’épate gratuite, c’était tout à fait normal.

Il s’essuya le coin de la bouche avec sa manche. Il saignait encore un peu… Pour bien faire, il aurait fallu qu’il aille à l’infirmerie, mais il n’avait franchement pas envie d’en rajouter dans le genre journée pourrie… Déjà qu’ils allaient probablement se refaire engueuler dès qu’ils mettraient le pied dans la salle commune, alors bon. Il poussa la porte de l’épaule et le vent glacial le fit frissonner. Au moins, il n’avait pas plu, c’était déjà ça… Il s’arrêta un instant dans l’embrasure de la porte pour se reprendre. La majeure partie du public avait déjà quitté le terrain, ne laissant derrière eux que quelques banderoles et autres étincelles bleues à moitié éteintes. Pas très étonnant par ce froid, mais bon. Il aurait quand même espéré quelques irréductibles Gryffons pour venir réconforter les perdants… Argh, allez.

Il retrouva Jeremiah quelques mètres plus loin, et ils rejoignirent ensemble le Hall, ce qui améliora un peu son humeur. Ouais, tout n’était pas perdu… Et puis ce n’était que le Quidditch, ça ne servait à rien de se rendre malade pour ça. Ils s’apprêtaient à remonter siroter du thé et se noyer dans les petits gâteaux lorsqu’un certain jeune homme brun tapa dans l’œil de Lou.

- Heyy, Lloyd ! Alors, beau gosse ou quoi ?

Après un échec aussi cuisant, il n’aurait peut-être pas dû se la ramener, mais bon. Ce n’était pas parce que l’accroche contenait un brin d’ironie qu’il fallait la jeter à la poubelle. Il se gratta la nuque, un peu gêné vis-à-vis de Jerem comme de Lloyd. Oh, son meilleur ami avait eu toute l’histoire, maintenant, bien sûr, et il s’était escrimé à lui expliquer dix mille fois la manière dont Lloyd lui avait sauvé la mise et à quel point il ne fallait pas lui en vouloir, mais … Il n’avait encore jamais bien réussi à expliquer ses sentiments à son égard. C’était, c’était un type bien, quoi. Avec qui il aurait été pas mal d’être pote. Et au sujet duquel il était curieux. Et non, bien sûr, il était pas vomitif physiquement, mais c’était pas ce genre de relations, il en était pas encore là, me pousse pas dans les bras de tout le monde non plus. Le plus absurde là-dedans, c’était que des fois, il avait l’impression que le dragonnet comprenait la situation mieux que lui.

Enfin, bref, il valait mieux ne pas s’attarder là avec le dragonnet dans les pattes. Qui savait ce qui risquait de se produire. Lou eut un sourire gêné, puis abrégea tant bien que mal.

- Euh, il, il faut qu’on y aille, je dois me faire incendier par mon capitaine, mais euh, dès que t’as du temps, on se … fait une partie d’échecs. Je, à plus !

Il s’empressa de partir avant que Lloyd ne remarque l’hilarité incontrôlable de Jeremiah à ses côtés. Et pour cause, Loulou avait oublié un léger détail : il ne savait pas jouer aux échecs.


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Lloyd N. Whiteridge

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Lun 30 Nov 2015, 15:52


Le froid, le vent glacial, pis quand même, un rayon de soleil aveuglant, un siège gelé, des drapeaux dans toutes les mains des supporters des Serdaigles, qui s'agitent dans tous les sens en espérant que cela puisse les réchauffer... voilà dans quoi je me trouve. Plutôt que d'avoir choisi la chaleur réconfortante de la bibliothèque, me voilà dans les gradins du terrain de Quidditch de Poudlard. Mes amis, toujours présents pour les matchs, se demandent encore pourquoi j'ai choisi de venir aujourd'hui. 'J'avais envie d'avoir froid, les mecs, voilà tout.' Quoi leur dire sinon ? Je suis là pour une seule personne, et elle n'est même pas de mon équipe. Impossible de leur dire ça, pas vrai ? Impossible de leur dire qu'à l'entrée sur le terrain de Louis Hawthorne j'ai failli applaudir. Impossible de révéler que les trois quart des photos que j'ai prise, on y voit Louis. J'ai même réussi à le prendre en pleine action, alors qu'il s'est prit un Cognard en pleine tronche. Je vais lui offrir, tiens, je suis sûr qu'il n'en a pas encore de ce genre-là. Puis ce clin d'œil. Je ne pensais pas qu'il arriverait à me voir au milieu de la foule bleu et argent, en plus, j'avais mon bonnet et mon écharpe, il n'y avait que mes lunettes pour me reconnaître. Je suis tellement heureux qu'il m'ait vu. Qu'il ait prit le temps de me chercher.

Et non, je ne vais pas leur dire que je suis heureux que les Serdaigles ont gagné le match... Louis a la tronche en sang et je ne pense qu'à une chose : être son infirmier personnel. Je râle d'ailleurs lorsqu'une jolie jeune étudiante en Médicomagie vient tapoter le nez du Gryffon à la sortie du terrain. Elle lui fait mal, cette ****. Je demande à mon voisin chez qui on doit postuler pour faire parti des volontaires soigneurs pendant les matchs de Quidditch, mais je n'obtiens qu'un haussement d'épaule, désintéressé. D'ailleurs, tout le monde se précipite hors du terrain pour regagner la Grande Salle, chaude, lumineuse et pleine de bonnes choses à manger. Bonne idée.

Je fais quelques pas vers la table des Serdaigles, avant qu'il m'interpelle. Je dois avoir le visage rougi à la fois par les changements de température et l'embarras. Il me parle en public, comme ça, devant son ami blond tatoué de partout... les choses sont en train de changer et je ne sais pas si j'ai réellement réfléchi à tout ça avant que ça n'arrive. J'ai encore trop peur du changement pour me sentir bien avec tout ça.

"... Si tu ne t'étais pas mangé ce Cognard, tu le serais toujours... "

Je souris, Louis garde toujours son sourire, malgré la défaite, malgré sa tronche en sang. J'espère que ma réponse ne le gêne pas. Je crois bien que maintenant qu'il m'a interpellé, il n'a plus très envie de poursuivre la conversation. Peut-être est-ce la faute du blond, qui ne se prive pas pour écouter. J'évite de le regarder, j'ai toujours l'impression qu'il n'attend qu'un signal visuel de ma part pour me bondir dessus.

- Euh, il, il faut qu’on y aille, je dois me faire incendier par mon capitaine, mais euh, dès que t’as du temps, on se … fait une partie d’échecs. Je, à plus !

J'essaie de ne pas faire un tour de la table des Gryffondor, persuadé d'y trouver le capitaine des rouge et or autour d'un thé et d'un muffin. Louis veut s'enfuir, je ne peux l'en blâmer. Franchement, j'aurais trouvé ça un peu naze, s'il ne m'avait pas parlé d'une partie d'échec. Ce n'est pas moi qui suit venu le premier après tout. Il veut me revoir, il est gêné mais il veut me connaître. Je ne soupçonne pas une seule seconde qu'il ne sait pas jouer, même pas en entendant Jeremiah ricaner comme un âne.

***

" Louis, dispo pour une partie d'échec dimanche matin après le petit déjeuner ? L. "

Un petit mot griffonné à la hâte, pour ne pas perdre le courage de lui glisser dans la poche alors que je l'attends à la sortie de l'un de ses cours de commerce. Est-ce que j'aurais dû écrire mon prénom en entier ? Est-ce que c'est mon premier date avec Louis ou... ? Vu comment j'ai choisi de m'habiller... Je retire bien vite la chemise que j'ai choisi, remettant un pull. Faut que je me calme, c'est juste une partie d'échec. Mais je mets quand même dix minutes de plus que d'habitude dans la salle de bain. Je ne mange pas grand'chose au petit déjeuner. Je ne regarde pas si Louis est déjà là ou s'il fait la grasse matinée. On ne s'est pas dit d'heure. J'attends patiemment que mes camarades quittent la table pour vaquer à leurs occupations. Je congédie gentiment mon cousin, prétextant une partie d'échec avec Daniel. C'est suffisamment crédible pour qu'il ne se doute de rien. J'ai l'impression de faire un truc interdit. Comme si voir Louis... c'est un truc dont je dois avoir honte. Ces élèves en début d'année m'ont vraiment traumatisé.

Mon jeu d'échec est installé depuis une heure quand je le vois s'approcher. J'ai le cœur qui bat la chamade. Ce mec... Je ne crois pas qu'il ait totalement conscience de son sex appeal. Il pourrait avoir le crâne rasé et la moustache, je crois qu'il serait quand même canon. Je me lève maladroitement du banc, j'essaie de ne pas sourire bêtement, mais je ne sais pas si j'y arrive. Je suis complètement sous le charme et il a même pas ouvert la bouche. Autant dire que je n'aurais jamais pensé que ça m'arriverait un jour. Je n'ai même pas envie de lui dire qu'il m'a fait attendre une heure, je m'en fous complètement, trop heureux qu'il soit venu.

" Salut... Heu... je t'en prie, installe toi. J'ai... C'est mon plateau de jeu, mais si tu as amené le tien, ça ne me dérange pas. Je ne savais pas si tu en avais un. J'ai des pièces pour toi, au cas où. Je sais que d'ordinaire on préfère jouer avec ses propres pièces, mais je me suis dis... au cas où tu n'en as pas... "

Mon Dieu. Il me donne l'impression de vouloir partir en courant. JE me donne l'impression que je pourrais faire fuir n'importe qui, là tout de suite, à bafouiller des trucs sans importance. Pourtant, c'est mon point fort les échecs. Pas comme le Quidditch. J'essaie d'afficher un air confiant, remettant mes lunettes correctement sur le nez. J'essaie de montrer que je peux être cool. Même si je suis probablement très loin des types cool qu'il fréquente tous les jours.

" Tu veux commencer ? "


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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Lun 07 Déc 2015, 23:59

Ça, s’il y avait bien une personne qui était totalement inconsciente de son sex-appeal en ce moment, c’était Louis Hawthorne. Ledit Gryffondor, qui s’était écroulé à une heure avancée la nuit précédente, venait en effet de lever la joue de son oreiller, et s’escrimait présentement à enfiler un jean sans trébucher sur ses affaires, ce qui, en plus d’être un exercice périlleux, avait l’air de beaucoup faire rigoler ses camarades de chambrée. Pourquoi les couillons en question ne l’avaient pas réveillé plutôt que de jouer aux cartes sur leur lit, ça, c’était un mystère. Est-ce qu’on était toujours le matin, au moins ? Il lâcha un instant les boutons de son jean pour attraper la montre à gousset d’Ethan, et se mordit la lèvre. Il était tard. Pas tard au sens d’un Gryffondor qui s’est couché tard la veille et rattrape le temps perdu, mais pour toute autre personne normale, sûrement que si. Merde-euh. Il ferma son pantalon, enfila un T-shirt bien trop grand pour lui, et mit la main sur une écharpe avant de partir pieds nus dans les couloirs.

Du reste, il ne savait pas trop ce qu’il allait faire. Il avait tenté de rattraper le coup, pourtant, il s’était forcé … Mais peu importait combien de fois son pauvre camarade le lui répétait, tout rentrait par une oreille et ressortait par l’autre. Les noms des pièces, les mouvements, le nombre de cases, la fatigue aidant, tout se mélangeait, et il n’était même plus sûr de pouvoir identifier un pion. Qu’est-ce qui lui avait pris, franchement ? Tout ce qu’il voulait, c’était mettre Lloyd à l’aise. Il l’avait déjà vu jouer aux échecs, alors il avait sorti ça sans réfléchir, mais … Putain, il avait une boule au ventre en y pensant. Il allait encore passer pour un crétin. Non pas que ce soit la première fois, mais Lloyd… Il ne voulait pas tout gâcher avec Lloyd. C’était la première fois qu’ils se voyaient comme ça, en amis, de leur plein gré, sans épée de Damoclès au-dessus de la tête, et … C’était important. C’était important pour lui d’être en paix avec le Serdaigle, de pouvoir aller de l’avant, de se dire même que quelque chose de bien était né de tout ça. Alors … Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il pourrait détourner la rencontre vers autre chose. Peut-être n’était-ce qu’un prétexte pour Binocle aussi, cette histoire d’échecs ?

Il descendit l’escalier principal en se passant la main dans les cheveux. Même pour lui, ce qu’il ressentait envers son adversaire de table du jour n’était pas très clair. Il continuait de se répéter que c’était parce qu’il n’était jamais allé aussi loin dans la violence que Whiteridge était aussi important, que son trac et son stress et ses petites pointes de nervosité au bout des pieds venaient de sa volonté désespérée de rattraper tout le mal qu’il avait pu lui infliger, mais il n’était plus tout à fait sûr que ce soit aussi noble. Ou plutôt que ce ne soit que ça. Parce qu’il n’était pas non plus obligé de flirter avec lui pour ça. Alors bien sûr, maintenant qu’il savait, flirter avec des garçons le chatouillait pas mal, aussi dangereux que ça puisse être… Et sa victime attitrée ayant été le premier à venir se coller à son visage, et s’étant révélée plutôt discrète sur le sujet, ça pouvait sembler logique que ses hormones fassent de lui sa nouvelle fixette. Mais à force de mélanger tous ces sentiments positifs, ça risquait fortement de prendre une forme stable, non ?

Ce qui serait probablement une mauvaise idée. D’une, parce qu’il y avait de fortes chances pour que casser la gueule de quelqu’un soit plutôt rédhibitoire niveau drague… Et ensuite, parce que franchement, qui voudrait rejoindre une vie aussi en bordel ? Il ne pouvait pas décemment demander à quelqu’un de se cacher, ou d’accepter que sa sexualité soit encore un travail irrésolu, ou même de le supporter dans des moments aussi durs pour lui. Alors, ironiquement ... C’était le moment où il avait le plus envie de se trouver quelqu’un, mais le pire moment pour le trouver. Ou la. Enfin, l’humain en question, quoi. Il tira un peu sur son immense écharpe en laine pour faire disparaître son menton dedans. Bref. Inutile de s’appesantir là-dessus, de toute façon. Il était là en ami, pour Lloyd, et ses arrière-pensées ne regardaient personne. Il prit une profonde inspiration et franchit enfin la porte de la Grande Salle.

Sans doute aurait-il continué sa course vers la table rouge et or si son partenaire du jour ne s’était pas levé. Il s’arrêta presque net, et lui adressa un sourire encourageant, faute de mieux… Sourire qui ne fit pas long feu lorsque ses yeux passèrent du joueur au plateau. Merde. Et Lloyd qui racontait tout un tas de trucs sur les habitudes des joueurs confirmés. Gêné, il leva les mains avec une petite moue, pour lui montrer que non, il n’avait pas de pièces, tentant de faire contre mauvaise passe bon cœur, mais en vérité… il n’en menait pas large. Comment lui dire ça ? Il avait l’air tellement à fond, avec son dos bien droit et sa façon de remettre ses lunettes sur son nez, sûrement déjà employé à fomenter dix milles stratégies dans sa tête… Enfin, au moins avait-il eu raison : peut-être bien que de le rencontrer sur son terrain le détendrait un peu. Mais niveau Gryffon, par contre, ce n’était pas la joie.

Allez, Loulou, on se concentre. Peut-être qu’en jouant et en écoutant les conseils des pièces qu’on voulait bien lui prêter, ça passerait… Il se contenterait de se laisser tataner, et puis l’abcès serait crevé et ils pourraient parler d’autre chose. C’était une perspective pas trop mal, non ? Il se gratta la nuque, puis acquiesça, se donnant beaucoup de mal pour paraître détendu.

- Oh, euh, pourquoi pas ! Allons-y.


Ayant dit ça, il posa un pied sur la table pour l’enjamber, trop paresseux pour faire le tour, et redescendit tout aussi vite pour poser ses fesses en face de son adversaire. Bon. Le premier mouvement, ça, il gérait. Il en avait vu des dizaines, tout le monde se contentait d’avancer un pion au milieu. Il compta donc les lignes et colonnes et envoya un pion en E4 sans faire de crise cardiaque, et profita du tour de son opposant pour essayer de se rappeler quelque chose d’utile. Il fallait défendre son roi, il se souvenait de ça… Mais à dire vrai, il ne savait plus trop lequel était le roi. Le roi, c’était le poivrier ou celui qui avait un petite tarte sur son sommet ? Enfin, il supposait que la reine devait avoir une voix féminine, mais vu que les pièces en question semblaient lui faire la gueule, ça ne l’aidait pas trop.

- Hm ? Oh, euh, désolé.

C’était à son tour. Il n’avait même pas fait attention au mouvement de Lloyd, trop occupé qu’il était à stresser dans son coin. Bon, bon, bon… En fait, il aurait dû laisser son Serdy national commencer, au moins aurait-il pu tenter d’imiter ce qu’il faisait. Maintenant, quoi ? Un deuxième pion ? Son chevalier semblait vouloir bouger, mais il n’avait aucune idée du pourquoi. Quant à savoir si la tour de droite s’étirait parce qu’elle voyait un truc intelligent à faire ou juste parce qu’elle avait envie, ça, c’était tout autant du chinois. Oh là là … C’était encore plus compliqué que ce qu’il pensait. Elles s’impatientaient, en plus. Ça, pour l’enfoncer, c’était qu’il y avait du monde, mais pas une seule pour l’aider en temps de crise, pas vrai ? Il hésita, un peu dépassé par les plaintes des unes et des autres, ouvrit la bouche pour choisir une pièce et une case au hasard, puis …

- OKAY, vos gueules !

Silence. Il releva les yeux sur Lloyd, penaud, puis cracha enfin le morceau, les mains resserrées sur les plis de son T-shirt. Son cœur était un paquet de nœuds dans sa poitrine, mais il ne voyait pas d’autre solution de toute façon, alors…

- … Je suis désolé, Lloyd. Je sais pas jouer.

Il baissa la tête, tentant de cacher son visage derrière la laine orange de son écharpe. Comment être un gros con, par Louis Hawthorne, volume 1 : aller s’embarquer dans des situations tarabiscotées absurdes.

- Je ... Je voulais juste qu'on puisse se revoir, être amis, reparler de tout ce qui s'est passé... J’ai sorti le premier truc qui me passait par la tête. Je sais pas, t’avais l’air de bien aimer ça, alors je me suis dit que ça te mettrait à l’aise, et j’ai essayé d’apprendre, hier soir, je te jure, mais il y a tellement de mouvements différents et de manœuvres dans tous les sens, je sais pas, je dois être un peu débile… Je… Je suis désolé.


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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Jeu 03 Mar 2016, 11:27


Louis semble mal à l'aise et je pense d'abord en être la cause. La dernière fois, il s'était enfui, sans trop que j'arrive à déterminer pourquoi, hormis qu'il ne souhaitait pas être vue en ma compagnie trop longtemps. A moins que ce ne soit la présence du blond qui l'avait gêné ? Dans tous les cas, je suis plutôt déboussolé qu'il puisse à nouveau, me montrer qu'il n'a pas vraiment envie d'être ici. Mon enthousiasme est en train de prendre feu, tout comme mon sourire. Je décide donc de me concentrer sur le jeu et de laisser passer quelques minutes. Le temps de réfléchir à tout ça et de ne pas me montrer trop sévère envers Louis. Si ça se trouve, il ne s'agit pas du tout de ce que je crois. Et d'ailleurs, en observant d'un peu plus près la façon dont il contemple ses pièces d'échec...

J'imagine que ça fait très longtemps qu'il n'a pas joué, voilà le malaise. J'essaie désespérément de m'en convaincre, ne voulant pas baisser les bras tout de suite. Les pièces que j'ai prêté à Louis commencent à s'échauffer. Normal, d'habitude elles sont utilisées par Daniel, un joueur expérimenté. Je lève les yeux vers Louis discrètement, sans vouloir lui mettre la pression ou quoi. Et là je vois que ça ne va pas du tout.

- OKAY, vos gueules !

Je sursaute et cligne des yeux. Ce n'est pas comme ça que j'avais imaginé la scène. Lorsqu'il me regarde enfin, j'attends qu'il veuille bien ouvrir la bouche, parce que moi, je ne sais pas quoi dire hormis 'on refait la scène, tu entres dans la grande salle, tu t'installes et on se marre ?'

- … Je suis désolé, Lloyd. Je sais pas jouer.

Oh. OH. Je cligne à nouveau des yeux, tentant de comprendre pourquoi il a prétendu savoir jouer. Pourquoi se ridiculiser de la sorte, en fait ? Je n'ignore pas que c'est un trait assez commun des Gryffondor mais tout de même... 'Lloyd, t'as fais exactement la même chose.' Oui, j'ai fais exactement pareil et en entendant ses explications, je ne peux m'empêcher de lâcher un sourire... Puis un rire que j'essaie d'interrompre aussi vite que possible. La dernière fois que j'ai cru bon de rire de la situation avec Louis, il m'a crié dessus et... Voilà que je masse ma pommette par réflexe.

" Ne crois pas que je me moque de toi, je... je trouve ça drôle parce que moi aussi, j'ai fais ça l'autre jour, au match de Quidditch... je n'aime pas vraiment ce sport. Je ne viens jamais voir les matchs... Si je suis venu, c'est uniquement pour te voir..."

Voilà, c'est dit et avoué. Mais qui n'a jamais fait de truc débile par am... par envie d'apprendre à connaître quelqu'un ? Dans ma tête j'ai tellement envie de brûler les étapes.

" En tout cas c'est... mignon heu enfin... cool... d'avoir voulu apprendre les échecs, juste pour... moi. "

La façon dont je le regarde doit en dire long sur mes intentions maintenant. Mais Louis veut parler, encore, de ce qu'il s'est passé entre nous. Moi j'aurais préféré aller de l'avant, repartir de zéro, mais je suppose que Louis est encore trop perdu pour cela. Il veut des réponses au milliard de questions qui trottent dans sa tête. Je commence à ranger les pièces, devenues trop bruyantes, leur promettant une partie d'anthologie la prochaine fois. J'espère que cela ne marquera pas la fin de notre... entrevue ? Rendez-vous ? Je réalise que moi aussi, je suis perdu et que j'ai besoin de réponses.

" Alors... tu veux qu'on parle ? "

J'essaie de me montrer courageux tout ça, mais l'idée même de lui dire plus d'une phrase me fait peur. Et si on n'avait rien à se dire ? Si on se mettait à nouveau en colère à force de ressasser tout ça ? J'enlève mes lunettes, dans l'attente que quelque chose se passe.
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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Ven 08 Avr 2016, 09:07

Il n’osait pas relever le nez. Maintenant, quoi ? C’était bien joli de tout débiter d’une traite, mais il n’avait pas vraiment réfléchi à la façon dont il le prendrait. Ils étaient si différents, tous les deux. Si emprunts de milieux différents. Qui savait si cette amitié qu’il voulait si fort était même possible ? Si ça se trouvait, il allait juste le prendre pour un sportif demeuré comme les Cognards en produisaient des centaines, et n’irait pas chercher plus loin. Mais comment … Comment être plus que ça, face à quelqu’un comme lui ? Comment faire un pas vers lui sans se ridiculiser ? Ils parlaient des langages différents. Vivaient dans deux mondes parallèles. Lou se passa nerveusement une main dans les cheveux, mortifié, les yeux rivés sur le fichu plateau de jeu qui s’était mis en travers de sa route. Si seulement il avait proposé de boire un coup avec ses amis, ou de venir traîner à une répét’, ou … N’importe quoi d’autre, pourvu qu’il y apparaisse sous un meilleur jour. Là, à part se regarder d’un air gêné et se demander qui avait construit Louis Hawthorne avec une courge à la place du cerveau, il ne voyait pas vraiment en quoi ça aidait sa caus…

Une seconde. C’était … C’était son rire, ça. Etait-ce … Etait-ce la première fois qu’il l’entendait rire ? Il occulta complètement celui qui lui avait fait perdre la tête. Les circonstances avaient changé. Le son n’avait plus le même sens, il n’était plus corrompu par rien, il se contentait juste de résonner dans l’air qui les séparait, dénouant toute tension dans le corps de Louis. Il en aurait ri, lui aussi, si on lui avait accordé quelques secondes de plus. Vu d’ici, après tout, tout ça semblait effectivement plutôt marrant. Surtout la quantité de stress qu’il avait mis derrière ce petit geste complètement inoffensif. Tout ça partait d’une bonne intention, au final. Il eut un petit hochement de tête amusé, prêt à concéder à quel point il était un grand crétin lorsque ce qu’était en train de dire Lloyd monta au cerveau.

S-sérieux ? Il laissa retomber le pan de l’écharpe qu’il était en train de tripoter pour focaliser toute son attention sur Lloyd. Mais … pourquoi ? Lloyd était intelligent, lui, il avait tout à fait les moyens d’éviter ce genre de situation. Est-ce que … Est-ce qu’il voulait la même chose ? Cette possibilité alluma une drôle de chaleur au creux de son estomac, et il se mordit les lèvres, incapable de s’en empêcher. Lui qui aurait juré … Lui qui aurait juré que tout venait de lui. Il poussa quelques pièces restées du bout des doigts, ouvrant un chemin entre eux deux, et le sourire qu’il adressa alors à Lloyd aurait pu illuminer Londres. Même le « mignon », qui prononcé par n’importe qui d’autre aurait tout à fait pu le faire grogner, se contenta de le faire rosir. Et pourquoi pas mignon, après tout. Mignon, dans sa bouche, ça voulait dire qu’il n’avait plus peur de lui, peut-être même qu’il commençait à le voir comme le gentil garçon qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Alors va pour mignon. Il se laissa regarder Lloyd bien plus longtemps qu’il n’aurait dû, sourire toujours aux lèvres. C’était juste lui, ou ils se fixaient toujours un peu trop longtemps ? Ça lui rappelait ce moment à la soirée de Jerem’, lorsqu’ils étaient restés bloqués l’un sur l’autre et que leurs visages avaient fini par … Heum. Mais ce n’était pas le moment de repenser à ça. Il ne voulait pas tout gâcher avec son sentimentalisme à la noix. Amis, ce serait déjà très bien.

La voix de son nouvel ami totalement platonique, donc, le réveilla un peu de sa transe, et il se redressa enfin sur le banc, soudainement plus animé.

- Oui ! Non. Enfin, je veux dire oui, mais ce n’est pas dit que je te laisse en placer une, tu vois ? J’ai … J’ai un million d’excuses à te faire, un tas de mercis, aussi, pour ce que t’as fait dans le bureau de Moustache, t’étais pas obligé, et c’était … vraiment très noble de ta part, Lloyd, j’en ai encore la chair de poule quand j’y pense, et puis … des explications, sûrement, pas vrai ? Des explications et un mot, aussi, un tout petit mot en B que tu as fait sortir de ma poitrine avec ton baiser.

Il inclina légèrement la tête, guettant une lueur de compréhension dans ses yeux, espérant ne pas avoir à le dire à voix haute… Mais peu importait, ça pouvait attendre plus tard, ou un endroit un peu moins bondé d’étudiants. Il traversa de nouveau la table en une glissade modérément contrôlée, et prit place à côté de son ex-camarade de classe, les jambes de part et d’autre du banc.

- Mais ça peut attendre. Ou pas, comme tu veux, mais là où je veux en venir, c’est qu’on pourrait faire autre chose. Vu comme je suis inepte aux échecs. On n’est pas obligé d’en venir aux trucs lourds tout de suite, j’ai envie de te connaître, aussi. Tu veux qu’on aille à Pré-Au-Lard ? Ils vont lancer un cookie au thé vert dans le café derrière la Poste.

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Dim 17 Avr 2016, 11:10


J'ai comme l'impression que d'avoir avoué être aussi idiot que lui a enlevé ce poids débile, cette pression sur les épaules que lui et moi, on ne peut s'empêcher de s'infliger lorsqu'il s'agit de l'autre. Par contre, je ne peux anticiper le flot continu de paroles qui sort de la bouche de Louis, dont je ne peux détourner le regard. Et lorsque mes yeux se détournent, c'est pour mieux observer les siens, ou encore ses expressions, que je crois déjà connaitre. Tant d'informations à la fois, des excuses, des remerciements, des souvenirs... J'hésite presque à prendre des notes pour ne rien perdre de ses précieux mots. On ne s'est jamais parlé très longtemps. Et la dernière fois, devant le bureau du directeur, ce n'était pas vraiment cordial.

... Des explications et un mot, aussi, un tout petit mot en B que tu as fait sortir de ma poitrine avec ton baiser.

J'ai une légère hésitation. Il aime bien parler uniquement avec des lettres, d'abord le P. maintenant le B. Comme bisexuel ? C'est ça qu'il veut me dire ? La façon qu'il a de me regarder, du genre 'on se comprend, pas vrai ?' me fait sourire. Oui, c'est ça qu'il veut me dire. Je ne suis pas franchement ravi par l'annonce. Pourtant, je me sens flatté aussi. C'est mon baiser qui quelque part, lui a fait prendre conscience de sa vraie sexualité... Alors comme ça mes lèvres ont ce pouvoir ? Mais la bisexualité, j'ai toujours eu du mal avec ça. Oui, c'est probablement complètement stupide, mais j'ai du mal à concevoir qu'on puisse être à la fois attiré par les hommes et les femmes. Peut-être parce que moi, je n'ai jamais ressenti quoique ce soit d'ordre intime pour une fille.

Puis moi, à ce moment-là, je ne vois qu'une chose : double menace. Surveiller à la fois garçons et filles, concernant un garçon comme Louis, l'un des plus beaux garçons de Poudlard ? Je me trouve à la fois ridicule et totalement préoccupé par ce problème. 'T'es même pas avec lui Lloyd, redescend sur terre'. Oui mais je ne peux pas. Surtout qu'il vient de me faire une jolie glissade sur la table, attirant toute l'attention des quelques élèves encore présent dans la Grande Salle. Il est à quelques centimètres de moi maintenant. Je peux sentir son parfum. Si je tends la main, je peux toucher sa cuisse.

" Je... "

Cette tentative d'en placer une vient mourir sur mes lèvres, alors qu'il poursuit sur sa lancée. J'ai le rouge qui me monte aux joues mais j'essaie de ne pas me détourner. Et surtout, j'essaie de ne pas entendre les chuchotements. Louis ne réalise pas que notre promiscuité fait déjà jaser. Ou alors, il a tellement l'habitude d'être sous la lumière qu'il ne le remarque même plus ?

... j’ai envie de te connaître, aussi...

Le reste, je ne sais pas même si je l'ai vraiment entendu. Je déglutis difficilement. Il a envie de me connaitre, voilà. Je reste là, je le fixe. Je crois que j'aurais pu rester là encore de longues minutes à l'écouter parler. A l'écouter ME parler. Mais c'est à moi de dire quelque chose maintenant. Bah oui, c'est comme ça que fonctionne une conversation.

" Je... Je ne peux pas. "

Quoi ? Pourquoi j'ai dis ça ? Mon cerveau est tellement formaté études que d'évoquer Pré-Au-Lard, c'est comme un réflexe anti-amusement. Pourtant, je ne vais pas revenir dessus. Même si j'en meurs d'envie.

" Je ne peux pas aujourd'hui, je dois... réviser. Oui je sais, c'est terriblement ennuyeux... je suis terriblement ennuyeux... Mais je dois absolument réussir. C'est... très important pour moi. "

Oh non. C'est une très mauvaise stratégie. Mais il vient de dire qu'il a envie de me connaitre et je me vois mal lui mentir pour lui faire plaisir. Encore une fois. Oui mais le Gryffondor fêtard et amusant que j'ai en face de moi risque de ne pas du tout aimer mon refus. Surtout pour un tel prétexte. Je sais très bien que ce n'est pas ce qui arrête les rouge et or d'ordinaire. On est si différent. Je ne peux plus le regarder, j'ai peur d'y lire trop de déception. Ou au moins, le reflet de la mienne.

" Merci de m'avoir dit tout ça... Moi aussi, je souhaite te connaitre. Enfin si tu le veux toujours. Vraiment désolé pour Pré-Au-Lard. Je... je te recontacte, d'accord ? "

J'ai envie de m'enfuir, parce que je suis vraiment trop embarrassé. Puis les chuchotements deviennent oppressants. Je prends ma boîte de jeu d'échecs contre mon torse et n'osant plus affronter le regard de Louis, je quitte la Grande Salle d'un pas rapide.

***

Trois jours. Je laisse passer trois jours remplis d'examens de potions et de botanique. Mon cousin Wil' m'attends à la sortie du dernier, quelques bonbons dans la main. J'ai bien besoin d'un petit shoot de sucre, alors je le remercie presque les larmes aux yeux. Je suis épuisé, mon cerveau est à l'agonie, mais je pense avoir réussi. Là tout de suite, il me faut de la distraction ou une journée entière à dormir. Evidemment mon cousin choisit de me distraire, mon appareil photo à la main, prenant des photos de lui et de moi à mon insu. Il veut aller au terrain de Quidditch pour voir les entrainements. Il me raconte un truc sur Lucy qui aurait embrassé Jordan. Je ne sais même pas qui ils sont, mais je trouve son histoire très drôle. Je le suis presque machinalement. Je pourrais toujours prendre des photos de quelques joueurs... mais une fois dans les gradins, il me dit qu'il s'agit de l'entrainement des Gryffondors. Je me fige, tentant de me planquer derrière lui.

" Mais qu'est-ce que ?
- Est-ce qu'il est là ?
- Qui ça ?
- Devine.
- Heu... Je le vois pas.
- Tu es sûr ? Tu m'as dis que c'était son équipe !
- Il y a aussi l'équipe junior... je crois que l'équipe universitaire a terminé l'entrainement, j'en vois se diriger vers les vestiaires. Bon allez, arrête ça, tout le monde peut te voir de toute façon. "

Je tente de reprendre contenance en prenant place à côté de lui, regardant partout ailleurs sauf le terrain. Je fouille dans mon sac à la recherche de n'importe quoi me permettant de ne pas relever la tête. Et je tombe sur l'une des photos de Louis que j'ai prise pendant le match auquel j'ai assisté il y a quelques semaines. C'est celle du Cognard. Je me lève, prit d'un soudain accès de courage. Je trébuche plusieurs fois dans les gradins, tentant de rejoindre le terrain. J'entends mon cousin crier un truc du genre 'mais tu vas où ?!', avant de m'indiquer le vrai chemin des vestiaires, bien moins compliqué que ce que je pensais.

J'entends le bruit des douches et quelques éclats de rires. Lorsque j'entends des pas venir dans ma direction, je me recule jusque derrière un casier resté ouvert pour me planquer le plus possible. Je réalise bien trop tard que j'aurais dû attendre Louis à l'extérieur, mais voilà, je ne sais plus où est la sortie et je ne peux qu'espérer tomber sur lui. J'ai le cœur qui bat à tout rompre, regrettant mon idée complètement folle de trouver le Gryffondor. Je tombe sur une allée où quelques casiers sont ouverts sur des joueurs. Ils sont tous en serviettes. Ils vont me prendre pour un pervers si je m'arrête, mais Louis est peut-être parmi eux. C'est à ce moment précis que je glisse sur le revêtement humide. Mon dos heurte assez violemment le sol, me coupant le souffle. Je crois bien que ma tête cogne aussi le sol. Une ombre se penche sur moi mais je n'entends pas ce qu'elle me dit. Alors je souffle... 'Louis...' .

" Hé Louis, y a un espion de chez Serdaigle qui veut te voir.
- Ou alors il est venu nous reluquer.
- Y a rien à voir chez toi, d'toute façon.
- T'as dis quoi là ?! Attends un peu... "

Je retrouve peu à peu mes esprits, me hissant sur mes bras pour me mettre assis. Mes vêtements sont humides et je sens le savon. Je place une main derrière mon crâne pour vérifier que je ne saigne pas, grimaçant à cause d'une douleur vive à la tête...
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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Lun 02 Mai 2016, 04:13

Louis se passa la main dans les cheveux, prenant une profonde inspiration à travers le rideau d’eau chaude qui le couvrait, laissant l’écoulement le long de son corps calmer la tension que ces dernières heures avaient accumulées. Il avait encore du mal à croire qu’il l’avait vraiment fait. Cela devait bien faire des mois que ça le travaillait, cette histoire, et maintenant … Quoiqu’elle puisse décider, au moins était-ce lâché, maintenant. Il se frotta doucement les bras, l’un après l’autre, dans un vain effort pour chasser les courbatures. L’un dans l’autre, ses chances étaient plutôt bonnes. Le seul problème serait de trouver un remplaçant, mais même son capitaine ne pouvait nier qu’il était meilleur poursuiveur que gardien. Et avec le retard qu’ils s’étaient pris le match dernier et le forfait blessure de Travis, elle n’avait pas d’autre choix que de mettre les meilleures chances de son côté. Il avait beau regretter le léger boxon qu’avait causé sa demande, il se sentait bêtement fier, aussi. Peut-être Jerem’ avait-il raison, peut-être avait-il bel et bien besoin de penser à lui, de temps à autre. Tant qu’il ne faisait de mal à personne et que sa seule punition était la claque derrière la fiole que lui avait mise sa chef d’équipe…

Ça et refaire ses preuves, mais à en croire sa performance d’aujourd’hui, il était pas mal parti. Il n’avait même pas tenté de cascades, trop content qu’il était de pouvoir retrouver sa position fétiche. Il avait oublié à quel point on se sentait léger sans ces fichues protections. A quel point il aimait pouvoir parcourir tout le terrain sans se soucier de défendre quoi que ce soit. La course, la mêlée, le frisson du marquage, c’était comme si tout reprenait sens. Il n’avait même pas eu à penser une seule seconde, tellement tout semblait naturel. Putain, pourvu qu’elle accepte. Elle devait. Il voulait bien se défoncer au travail, doubler ses abdos journaliers et se bourrer le crâne de stratégies compliquées tant qu’on le laissait reprendre sa vraie place. Et qu’il n’avait pas à penser à tout le reste.

Il appuya le front contre le mur, essayant d’ignorer les conversations qui résonnaient contre les murs à quelques mètres de ça. Tôt ou tard, il allait bien falloir qu’il sorte de cette douche, mais il n’était pas sûr d’en avoir vraiment envie. Le monde en dehors du stade était encore un bordel immonde. Il allait mieux, pourtant, c’était indéniable… Il était entouré d’amis, avait retrouvé sa place d’amuseur de couloir, et sa santé ne tressaillait plus à chaque fois qu’il manquait un repas… Mais justement. C’était probablement ce qui lui faisait peur. Il allait mieux. Bientôt, il n’aurait plus d’excuses pour ne pas aller de l’avant. Le dire à sa grand-mère. Le dire à ses parents. Le dire à tout le monde. Rattraper ses notes. Résoudre la question de son avenir pour de bon. … Et avouer ça à ses parents. Se trouver quelqu’un. …Et ce n’était pas qu’il avait quoi que ce soit contre aucune de ces choses en théorie, c’était juste qu’il les voyait encore à la troisième personne, dans le futur, laissés à la responsabilité d’un Louis bien plus solide qu’il tardait à devenir. Est-ce que ce genre de trucs marchait pour qui que ce soit, d’ailleurs, ou est-ce que tout le monde était condamné à toujours faire ce qu’il n’était jamais prêt à faire ? Il s’arracha enfin au moment de battement et sortit, noyant son visage dans les plis de sa serviette. Le monde était mal fichu.

Mais il ne voulait pas y réfléchir, il avait dit. Tout comme il ne voulait pas réfléchir à ce qui s’était passé avec Lloyd, mais plus il essayait de chasser le Serdaigle de son cerveau et plus il occupait de place dans sa vie. Et … et à vrai dire il n’aurait pas su quoi en conclure, même s’il avait voulu. Encore, le fait qu’il n’ait pas le temps d’aller à Pré-Au-Lard, il pouvait concevoir. Il n’était pas habitué à ça, entouré qu’il était d’amis dont les priorités étaient loin de tourner autour des cours, ou même qui faisaient un peu tout en même temps, mais il pouvait l’accepter. Mais le reste … Pourquoi dire qu’il voulait les mêmes choses et prendre la fuite ? Leur entrevue n’avait même pas duré le temps d’une partie d’échecs, au final. Ils n’avaient même pas échangé les bases, même pas des banalités sur lesquelles commencer à se connaître... Est-ce que Lloyd avait envie de le côtoyer, seulement, hein ? Ou était-ce juste de la politesse, pour ne pas le froisser ? Il ne savait pas, et ça lui laissait un goût amer dans la bouche. … Merle, il n’avait même pas réagi lorsqu’il avait avoué à demi-mot. Il se passa les mains sur le visage, puis dans les cheveux, tentant de soulager le poids qu’il avait sur la poitrine. Du reste, pourquoi est-ce qu’il lui avait avoué, hein ? Parce qu’il était gay ? C’était tellement stupide. Il se sentait stupide. D’où avait-il sorti que Whiteridge en aurait quelque chose à faire ?

Mais tant pis, il s’en fichait. Il s’en fichait, ils se contenteraient de se saluer vaguement dans les couloirs, de toute façon il y avait plein de jolis garçons dans le monde, et ça n’avait aucune importance, il avait déjà plein d’amis et il s’en fichait, il s’en fichait, il s’en fich…

- Hé Louis, il y a un espion de chez Serdaigle qui veut te voir.


Il bondit presque. Lloyd ? Ici ? Maintenant ? Non, inutile de se monter la tête, c’était sûrement Aaron ou un autre de ses potes bleu et bronze… Ça semblait en tous cas plus logique. Aaron qui venait réclamer un de ses bouquins ou des Mornilles empruntées lors de leur dernière sortie, quelque chose comme ça. Ce serait loin d’être la première fois qu’il se pointait comme une fleur, celui-là. Il noua sa serviette autour de sa taille, ne tenant pas particulièrement à ce qu’on le voit en maillot, et sortit de son alcôve pour rejoindre les casiers, ignorant les deux idiots présentement occupés à se mettre des coups de serviette pour chercher du regard …

Lloyd. C’était Lloyd. Il rencontra ses yeux comme il aurait trébuché d’une marche, sans s’y attendre ni pouvoir y faire quoi que ce soit, et ils restèrent quelques secondes à se fixer sans dire un mot. Merde. Hyper-conscient d’être à moitié à poil, il déglutit lentement. Oh, il avait été torse nu en public des milliers de fois, mais tout de suite n’était pas pareil. Il n’était pas préparé. Il n’était pas … présentable. Il était juste là, avec les muscles qu’il avait du mal à regagner et son corps pas rasé, les cheveux collés au front, les membres encore tout trempés, à mettre de la flotte partout, et il s’était rarement senti aussi complexé.

Il se mordit les lèvres, et délaissa pour le moment son nombril pour comprendre la situation. Qu’est-ce qu’il faisait par terre ? L’espace d’un instant, les allusions qu’avait fait son homologue bleu devant le bureau du Proviseur lui revinrent en tête. Est-ce que quelqu’un de l’équipe l’avait … ? Ce n’étaient pas le genre de personnes qu’ils étaient, il ne croyait pas, mais au fond qu’est-ce qu’il en savait, hein ? Il poussa un batteur dans le passage pour atteindre Lloyd et l’aider à se relever, moment que choisit aussi Ethan pour expliquer qu’il avait glissé tout seul. … Ah. Tant mieux. Enfin, peut-être pas pour lui, mais il préférait encore un sol traître que des camarades violents, et il faisait totalement confiance à son camarade de chambre sur ces choses-là.

- Pas de bol… Viens là, laisse-moi regarder.

Il lui passa un bras sous les aisselles pour l’assoir sur un banc pas loin de l’entrée, puis guida doucement ses épaules pour pouvoir jeter un œil à sa nuque. Il n’osa pas détacher ses mains de ses épaules pour écarter ses cheveux, aussi le diagnostic fut-il plutôt sommaire, mais il ne vit pas de sang, aussi jugea-t-il que Lloyd n’allait pas mourir tout de suite.

- Tu vas sûrement avoir une belle bosse, mais ça ne m’a pas l’air trop grave. Tu veux que j’appelle quelqu’un ?

Pudiquement, il le lâcha, et s’écarta pour le laisser respirer. Maintenant, quoi ? L’idée de lui demander ce qu’il foutait là le démangeait légèrement, mais il ne voulait pas non plus le mettre en défaut avec tous ses camarades de Quid dans la pièce. Et puis… Il ne savait toujours pas où ils en étaient. A chaque fois qu’il croyait tenir quelque chose, le médico le déroutait plus encore.

Alors une fois n’était pas coutume, il ferma sa grande bouche.
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Lloyd N. Whiteridge

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Mar 05 Juil 2016, 19:11


Je n'ai pas de mots, dans les premiers instants, qui me viennent à l'esprit pour décrire ce que je ressens au contact de ses mains sur moi. Il me soulève comme si je ne pèse rien, lui et un de ses amis, me guidant comme si je venais de tomber de la tour des Gryffondors. Je résiste à l'envie de leur dire que je n'ai rien de cassé, malgré les apparences, que ça m'arrive tout le temps, en témoigne les bleus réguliers que j'ai sur le corps. Mais je ne dis rien, trop heureux de l'avoir si près de moi. Louis est là désormais et je ne me rappelle plus très bien ce que je fais là. Je voulais le voir... J'ai été pris d'un accès de témérité mais comme d'habitude, ma maladresse l'emporte sur tout le reste. Pour une fois, je n'en suis pas mécontent. Le Gryffondor est à demi-nu et il me touche comme si j'étais la chose la plus précieuse de la planète. Il me fait tourner lentement la tête pour voir si je saigne. Je sais que non et de toute façon, il ne peut pas vraiment y voir sans même me toucher la tête.

- Tu vas sûrement avoir une belle bosse, mais ça ne m’a pas l’air trop grave. Tu veux que j’appelle quelqu’un ?

Curieusement, sa voix semble lointaine, résonnant de manière inhabituelle dans l'entrée des vestiaires. Les derniers joueurs à avoir prit leur douche s'éloignent, un œil vers nous, pour satisfaire un peu leur curiosité. Je sens le bras de Louis glisser, s'éloigner de moi, son bras et aussi son corps tout entier, je ressens aussitôt le vide de ces derniers jours. Non c'est faux. Plutôt le vide de ces dernières semaines. Alors je le regarde, décidant de répondre à sa question, l'air un peu hagard comme si dans le fond, je ne suis pas bien sûr que ce soit la réalité.

" Pas la peine, non. Merci. J'ai juste besoin... de te voir. "

Je m'interromps au passage d'un élève chantant à tue-tête un hymne pro-Gryffondor, il a l'air complètement inconscient de notre présence et bientôt, le bruit s'éloigne jusqu'à disparaître complètement. Nous voilà seul, avec nous-même, seul le bruit des gouttes perdues dans les douches interrompent le bruit de nos souffles et de notre échange silencieux. J'ai l'impression que ce moment compte parmi les plus importants de ma vie, comme si enfin, j'allais me décider à dire la vérité à Louis sur les sentiments qui me torturent depuis des mois à son sujet. Ou peut-être est-ce des années, à l'observer secrètement du fond de la classe, à tenter d'attirer son attention dans les plus mauvais moments, à essayer d'oublier à quel point je suis invisible au milieu de sa foule d'admirateurs et d'amis. Comme si tout ce temps, j'avais eu besoin de lui et de son affection, sans en avoir conscience. Je me trouve débile, un tel comportement n'est pas franchement digne d'un Serdaigle, l'un de nos traits communs est notre goût de l'indépendance et voilà que je réalise que je suis en manque d'une personne. De Louis.

Oserais-je un jour lui dire ?

" J'ai pas mal réfléchi... à ce que tu m'as avoué, l'autre jour. Je suis plutôt flatté d'avoir éveillé... ces désirs-là. "

Je murmure plus que je ne parle, je ne veux pas que quelqu'un écoute, je ne veux pas le mettre encore une fois dans une situation impossible par ma faute.

" Mais j'ai aussi peur que tu... que tu ne cherches qu'à explorer certains aspects de ces désirs-là avec moi sans vraiment... sans ressentir... quelque chose... "

C'est franchement compliqué d'exprimer ce qu'on a sur le cœur à quelqu'un. Surtout quand ce quelqu'un vous plaît. Et puis, si Louis ne voit en moi qu'un type avec qui 'expérimenter', est-ce que vraiment je n'y trouverai pas un genre de bonheur en soi ?

" Ce que j'essai de te dire c'est que le 'je veux qu'on apprenne à se connaitre' n'a peut-être pas la même signification pour toi que pour moi. Parce que je... J'taimebienettout. "

Et je ne veux pas être qu'un plan cul, Louis. J'espère qu'il comprend. J'espère qu'il ne me le fera pas dire à voix haute, parce qu'alors, je ne serais pas capable de le faire, par peur qu'il ne veuille plus jamais me voir. Si ça se trouve, ça ne lui a même pas traversé l'esprit et je viens de lui donner l'idée. Ou de le vexer. Oh non. Faut que je fasse quelque chose parce que juste le regarder ça me rend dingue et indécis. Alors je me penche doucement vers lui. J'ai les mains vissés sur le banc de vestiaire, le pieds cloués au sol, je ne suis capable que de bouger le reste de mon corps et mon visage, tourné vers lui, se rapprochant du sien. Mes yeux sont rivés dans les siens, ayant besoin de toute ma volonté pour ne pas les détourner. Mais je n'ose continuer mon geste. La dernière fois, j'ai déclenché un cataclysme. Alors j'hésite, mes lèvres entrouvertes, mes pupilles probablement dilatés, sans savoir si Louis va violemment me repousser ou trouver le courage que je n'ai pas.
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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Ven 15 Juil 2016, 09:23

Il se sentait un peu paumé, sur son coin de banc, en serviette, à guetter du coin de l’œil le départ de ses coéquipiers comme s’il s’apprêtait à faire quelque chose de mal. Comme si être proche de Lloyd était soudainement mal, juste parce qu’il savait et que pour la première fois, la possibilité entre eux deux rendait tout rapport potentiellement ambigu. C’était con, ça le rendait nerveux, quand bien même aucun de ses coéquipiers n’avait de raisons de suspecter quoi que ce soit. Coupable, même, parce que ce moment entre deux eaux lui rappelait douloureusement à quel point rien n’avait bougé, et à quel point il était encore enterré dans son silence. Et que le silence le rattrapait, surtout. Il jeta un regard partagé à son collègue de banc. Il fallait bien avouer que c’était pas mal gonflé de sa part de débarquer ici en pleine douches générales… A croire que c’était important. Il laissa ses doigts se crisper autour de son bracelet en macramé. A croire qu’il lui était important, comme le laissait penser la vague justification que lui retourna alors le médico. Le voir, hein ? Mais hier, hier il avait été là les bras ouverts, et ….

Peu importait. Ce n’était pas en se triturant les neurones dans tous les sens qu’il allait démêler le paquet de nœuds qu’était Lloyd Whiteridge. Et soit, il n’était pas fan des circonstances, mais … Au moins, il était là. C’était comme ça que marchaient les amis, non ? A leur ouvrir des portes sur sa vie, ils se mettaient à y apparaître, ça paraissait logique. Il se détendit un peu, faisant de son mieux pour ignorer Markus et son ignoble reprise de « Rouge et Or, les plus forts » jusqu’à ce que sa voix s’éteigne au fond du couloir. Bon. Ils étaient seuls. Maintenant … Hé bien, c’était au Serdaigle de prendre les reines, il supposait ? Les yeux rivés sur la flaque qu’il avait laissé au pied du banc, il se força à respirer. Entreprise qui devint soudainement plus ardue lorsque son interlocuteur jugea bon de mettre les pieds dans le plat. Ou de sauter dedans, plutôt. Heum… Il se passa la main dans les cheveux. Il ne savait pas trop à quoi il s’était attendu, mais pas vraiment à ça, en tous cas. Flatté, hein ? Ce n’était pas …. C’était pas vraiment … Eveillé n’était pas le terme, mais à quoi bon brasser de l’air à tenter d’expliquer ce qu’il n’était pas lui-même sûr de comprendre ? Il le laissa continuer, ramenant ses genoux contre son torse, et la suite lui mit un coup au cœur.

Il … ne savait même pas quoi répondre à ça. Il ouvrit la bouche, mais son cerveau était un amas de ratures. Ce n’était … pas comme ça qu’il y pensait. Ce n’était pas comme ça qu’il pensait aux gens, et il n’était même pas sûr de comprendre où Lloyd voulait en venir. Il ressentait toujours quelque chose, parce qu’il y avait toujours un être humain en face, et qu’il ne pouvait pas l’ignorer. Comment … Comment est-ce que ça marcherait, seulement ? Surtout si on parlait de désir. Le désir ne se créait pas dans le vide. Argh… Qu’est-ce que Lloyd attendait de lui ? Il ne pouvait rien promettre, ils ne s’étaient même pas encore parlé. Pas vraiment. Et pour ce qui n’avait pas besoin d’être dit, il aurait cru que Lloyd le savait déjà. Janvier n’était pas si loin, si ? Ce n’était pas parce qu’ils allaient mieux que la douleur, la honte et tout ce qu’ils avaient vécu en parallèle s’était évaporé dans l’air. Pas … pas pour lui, en tous cas. Il se sentait toujours proche de sa victime attitrée. Responsable, aussi. Et puis il lui avait dit, aussi, Merle, c’était pas rien ! Il voulait quoi, au juste ? Il était déjà important ! Et Lou faisait de son mieux pour l’atteindre, pour en parler, pour ne pas laisser s’échapper tout ça, et lui, il demandait des preuves. Qu’il aille se faire foutre. Qu’il aille se faire foutre, d’où il tirait que Lou voulait plus qu’une amitié, d’ailleurs, hein ? Il n’avait même pas … Tout ce qu’il avait dit, c’était qu’il voulait le connaître, et ….

Oh. La frustration qui avait commencé à s’accumuler au fond de son estomac disparut d’un coup. Il regarda son ancien camarade de classe comme s’il venait de le remarquer assis là. Oh. Et juste comme ça, c’était réel. Il sentait son cœur fondre contre ses côtes, ses yeux peiner à cligner, un millier de possibles réponses marteler son crâne. Mais très vite il ne fit plus attention à ces choses-là. Le silence qui les enveloppait noyait tout. Et aussi … Il commençait à comprendre. Lloyd, qui avait été si loin de lui, qui vivait dans un autre monde, perdit doucement de son mystère pour redevenir un jeune homme, à ses côtés, tout aussi paumé que lui certainement. Et terrifié d’être cantonné à sa sexualité plutôt que vu pour lui-même, comme Louis. Louis qui réalisa à ce même instant qu’il avait peur, lui aussi, et que le seul mot qui lui venait là tout de suite, c’était :

- Pourquoi ?

Il se sentait tellement fragile. Vulnérable. Ça commençait à devenir une habitude, mais il ne s’y sentait pas habitué du tout. Il se mordit les lèvres, et se cala un peu plus près, levant la main pour effleurer la pommette du Serdaigle, la même qu’il avait explosé du même exact poing.

- J’veux dire, ce que t’as vu de moi … C’est vraiment pas moi, Lloyd, et je sais que tout le monde doit dire ça, mais … Même, même le truc du Gryffon cool qui joue au Quid et tout ça, c’est pas vraiment moi, je veux pas que tu te fasses une idée de …

Il pataugeait. Preuve en était qu’il cherchait des réponses partout à part dans les yeux de son interlocuteur, et qu’il n’avait pas la moindre idée d’où il allait comme ça. Il attrapa une serviette laissée à l’abandon et s’emmitoufla dedans avec un profond, profond soupir. On se calme les nerfs, Boule de Stress.

- Je … voulais dire ce que j’ai dit, Lloyd, j’ai vraiment envie de te connaître. Et j’ai envie que tu me connaisses, aussi. J’ai envie d’être amis, et je dis pas ça … genre … juste amis, juste … j’ai envie qu’on soit amis, vraiment. Tu … Tu vois ?

Probablement que non. A sa place, il n’aurait sûrement rien piffé. Mais il n’y pouvait rien s’il était incapable de mettre de l’ordre dans sa tête. Tout ce qu’il voulait, c’était un peu de normalité, c’était tout… Echanger leurs noms complets, leurs anniversaires, leurs blagues préférées, leurs friandises de choix chez Honeydukes. Parler de leurs familles et de leurs animaux et de Londres et des Moldus et de cette fois où Lloyd avait presque renversé une potion sur la prof de 4ème et celle où Louis s’était coincé l’uniforme sur la statue du Sorcier Joufflu en tentant de prouver que si, il pouvait tout à fait grimper jusqu’à la tête en 2ème. Manger ce fichu cookie au thé vert. Rire. Et alors ils pourraient se prendre la main. Mais pas tout de suite, pas tant que Lloyd Whiteridge n’était pas devenu Lloyd, ou Lloydy, ou Médecine Man ou quel que devienne son surnom officiel.

Il voulait juste …

- Je peux te prendre dans mes bras ?

Il n’attendit pas la réponse.

Il le serra fort.
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MessageSujet: Re: Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥] Lun 25 Juil 2016, 14:56


Pourquoi ? Oui pourquoi Lloyd te poser toutes ces questions plutôt que de profiter de ce que Louis Hawthorne veut bien t'offrir ? Parce que j'ai déjà vécu ça, j'ai déjà eu cette impression de n'avoir été qu'un corps, qu'on aime toucher, puis mettre de côté comme s'il n'y avait pas eu de cœur pour faire fonctionner tout ça. Dean m'a visiblement abîmé plus que je ne le pense, même si je sais que je n'ai pas été juste un passe temps particulièrement agréable pour lui. Il m'a prouvé encore récemment que j'avais compté et que je compte toujours pour lui. Oui mais Louis, c'est encore différent. Je sais que je ne m'en relèverais pas s'il ne me prend pas au sérieux. S'il n'envisage pas un 'nous' sérieusement. Mais je crois que je vais carrément trop vite. Louis ne voit pas le 'nous', pas encore, pas aussi clairement que moi, je pense. Après tout, on se détestait il y a encore quelques semaines...

Je n'oublie pas tout ça. Il m'arrive encore d'en rêver la nuit, et souvent, Louis me pousse, m'insulte, en bref, c'est lui le méchant. Comme si j'essaie de me convaincre que je n'ai rien commencé, que ce baiser, à la fête, c'était rien et qu'il l'a interprété de la mauvaise façon. Mensonges. En général au lendemain de ces rêves, je ne peux même pas me regarder dans la glace. Oui mais maintenant que ça s'arrange, que j'entrevois cet espoir d'enfin le connaitre et d'être son ami, je voudrais tout de lui, je voudrais qu'on appuie sur le bouton avance rapide et plus jamais sur celui du retour en arrière.

Mon geste timide vers lui est récompensé d'une caresse sur ma pommette. LA pommette. Je suis à la fois heureux et torturé. Me rappeler ça, alors qu'on est si proche... Je l'écoute me répéter qu'il est différent de ce que j'ai pu entrevoir de lui, à l'époque. De maintenant aussi ? Je ne sais pas vraiment pourquoi il ressent le besoin de paraître quelqu'un qu'il n'est pas. Quoiqu'il en dise, il est un Gryffondor populaire que la plupart des gens adorent. Okay, il y a des gens cool de nature. Je le pense carrément cool de nature. Voudrait-il être quelqu'un d'autre, parfois ? L'idée qu'il puisse penser ça me trouble. Que moi j'ai ce genre d'idée, je veux dire, c'est normal. Je suis maladroit et parfois carrément désagréable. Quant à ma popularité ? Je crois pas en avoir, en fait et hormis dans le domaine de la médecine, je ne l'ai jamais cherché. J'ai toujours apprécié être une ombre.

Louis a l'air de ramer au moins autant que moi. Je m'en veux de toujours le rendre mal à l'aise. Je le vois s'emparer d'une serviette pour se cacher ou disparaître dessous, va savoir. J'aurais pu choisir meilleur endroit pour parler de ça. J'ai juste répondu, pour une fois, à mes envies et me voilà dans les vestiaires avec un Louis à poil et deux serviettes pour tenter de dissimuler à la fois son corps et son 'lui' profond. Je devrais dire quelque chose pour l'aider, mais j'aime l'entendre parler. Bégayer. Me rassurer.

" Je vois... Louis, je vois... Je te jure, j'ai compris. "

Je crois pas qu'il m'entends. Je souris. Je n'insiste pas. J'ai envie d'aller de l'avant maintenant, advienne que pourra. Je le regarde, je sais qu'il pense à l'après, lui-aussi, au chapitre qui va suivre 'Bordel et incompréhensions dans ma tête'. J'espère que le chapitre suivant aura une fin heureuse... Non, juste pas de fin du tout.

- Je peux te prendre dans mes bras ?

J'entends la question, je suis surpris, je veux dire oui mais je n'en ai pas besoin. Je suis tout à coup submergé par de nombreuses émotions alors que Louis serre ses bras autour de moi, nos torses entrant en contact, enfin, tissu contre serviette et que mon nez se trouve chatouillé par ses cheveux mouillés. Il sent bon le savon et son corps est chaud, contrairement au mien. J'hésite à poser mes mains contre son dos, il va forcément se contracter sous le froid. Mais je veux lui rendre ce qu'il m'offre. Alors je serre, je me colle, en bref, je pense qu'on peut appeler ça une étreinte. Et comme je ne sais pas quand aura lieu la suivante, il ne doit pas s'attendre à ce que je me décolle de si tôt.

Lorsqu'on se détache, je reprends mon souffle. Je vais bien, je me sens bien je veux dire. J'espère que lui aussi.

" Merci... "

Oui voilà c'est un peu simple, mais Louis a répondu à mes angoisses sans m'envoyer sur les roses et après tous les quiproquos...

" J'ai trois sœurs " , je reprends, sans crier gare. " Elles sont toutes les trois tellement jolies... Un brin bruyantes. Non, carrément insupportables quand elles s'y mettent. "

Je baisse les yeux dans le vide, pour me rappeler leur visage. Je ne les ai pas revu depuis la nouvelle année. Je ne sais pas pourquoi je ressens le besoin de parler soudain de mes sœurs à Louis. Je crois que ma famille est ce que j'ai de plus précieux. Il souhaite me connaitre... J'ai envie de commencer par là, alors je continue :

" Lorsque je rentre à la maison, à Londres, la plus grande Debbie me présente à chaque fois son nouveau petit ami... Elle lui révèle que je suis sorcier au bout d'un quart d'heure environ... Il n'y a pas pire pour casser l'ambiance, je lui dis à chaque fois de ne pas faire ça... Je crois qu'elle veut trouver quelqu'un qui puisse apprécier le vrai moi. Comme moi, elle rêve d'un monde où sorciers et moldus ne se voient pas comme des dingues... "

Je tourne à nouveau la tête vers Louis. J'ai l'impression qu'il a froid et je réalise que je l'empêche de s'habiller. Je suis vraiment bête parfois, alors je me confonds en excuses et je lui propose de poursuivre plus tard. Je ne sais pas où se trouve son casier, sinon je serais allé lui chercher ses affaires. Puis je crois qu'il est plus sûr pour moi de ne pas mettre les pieds dans des endroits aussi glissants.

Puis aussi, un grand blond vient de rentrer et il me regarde droit dans les yeux comme s'il voulait tout savoir de moi. C'est Firestone, le grand ami de Louis.

" Je... on se revoit bientôt d'accord ? Heu... salut ! "
- Oh non tu pars déjà ? Salut binocle, à bientôt ! "

C'est le blond qui me répond en ne s'écartant pas du chemin pour me laisser passer, le sourire aux lèvres. Je ne relève pas le surnom peu flatteur. Je préfère ça à un quelconque croche patte sur mon passage. A l'époque de mes problèmes avec Louis, je l'évitais comme la peste, par peur qu'il me prenne pour un Cognard pour défendre son meilleur ami... Alors je l'évite et fais un signe de main lointain au Gryffondor à la tignasse brune, qui j'espère, ne m'en voudra pas de l'abandonner un peu précipitamment.
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Un geste, et puis cent. [Lloyd/Louis - ♥]

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