Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini]

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Edina Corvo

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MessageSujet: Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini] Lun 14 Sep 2015, 17:08

Une nouvelle journée s'achevait dans ce paisible institut du savoir. Cela faisait à présent une bonne année que je travaillais ici, à Poudlard et je venais du même coup de remporter le défis que ma sœur m'avait lancé à ma nomination au poste. Elle qui prétendait que je ne tiendrais pas les dix mois de cours, elle était loin du compte : je comptais bien encore rester quelques années ici malgré ma spécificité.

La brusque réalité venait de me frapper tout à coup : j'étais à nouveau perdue dans les couloirs à force de prendre les passages secrets et autre souterrains du château. On aurait dit que je bâtiment entier s'insurgeait contre mon sens de l'orientation et faisait tout pour me perdre dans ses méandres. Ici, un escalier qui descend, ici un couloir sombre et là une porte dérobée, en réalité, peu importait que je retrouve rapidement mon chemin, j'aimais beaucoup ces précieux moments où j'avais une excellente excuse pour aller me balader. Le soir était tombé et tout le monde était certainement attablé, je ne craignais donc absolument rien et, à cette idée séduisante, je continuais mes pérégrinations.

C'est à peu près à ce moment précis que je l'ai entendu. Ce bruit, j'aurais sans doute pu le reconnaître entre mille, c'était un croassement qui semblait venir du fin fond de mes souvenirs.

"Dust ?"

Je poussais une porte qui donnait sur une salle de cours, manifestement celle des runes. Le corbeau était là, tout aussi étonné que moi de me trouver ici. J'approchais la main et, après une vague hésitation de sa part, il consent à baisser la tête pour me laisser lui gratter le cou.

Oui, c'était bel et bien lui. Après la mort d'Armend, son précédent propriétaire, on nous avait assuré, à ma sœur et à moi, qu'il était entre de bonnes mains et je devais bien admettre que nous n'avions pas été cherché plus loin.

"C'est bon de te revoir, oiseau de mauvais augure."

Il répondit à ma taquinerie par un petit regard effarouché, manifestement, il était toujours aussi intelligent et cela me fit sourire. Je regarde la salle de classe et me demande pendant plusieurs longues minutes qui était le propriétaire de Dust, et, je suppose, de la salle de classe.

La réponse ne se fit pas attendre plus longtemps. Il était là, sur le pas de la porte, Ellen Duke... Si le croassement de Dust m'a replongé dans une agréable mélancolie du passé, la vision d'Ellen était comme un électrochoc.

Ellen Duke était le meilleur ami d'Armend et il nous faisait bien souvent l'honneur de sa visite à la maison de mes parents quand j'étais petite fille. A l'époque, pas plus que maintenant d'ailleurs, je ne pouvais pas résister à son charme brut et à ses yeux bleus.

J'essaye en vain de me ressaisir...

"Bonsoir, Monsieur Duke..."

... Heureusement que je suis incapable de rougir.


Dernière édition par Edina Corvo le Lun 22 Fév 2016, 17:29, édité 1 fois
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Ellen Duke

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MessageSujet: Re: Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini] Mer 23 Sep 2015, 18:49

La bibliothèque était plongée dans un silence abyssal. Le seul bruit qui pouvait encore parvenir aux oreilles attentives était une douce respiration, calme et lente qui venait d’une forme sombre et parfaitement immobile, penchée sur une table de bois brun. Seuls les allers-retours des pupilles marines d’Ellen permettaient de confirmer que le stagiaire n’avait pas été pétrifié. Légèrement voûté au-dessus de son tas de feuilles, l’ex-auror fraîchement reconverti étudiait avec minutie les cours que lui avait donnés son maître de stage. L’actuel professeur de runes était un homme charmant et généreux, il avait pris Ellen sous son aile de bonne grâce et sans le juger, conseillant et aiguillant le futur enseignant sans pour autant lui mâcher le travail. Quand il eut compris que l’homme était travailleur et déterminé, il lui confia quelques-uns de ses cours pour qu’Ellen en étudie la structure et l’organisation, confiant quant au fait qu’il ne se contenterait pas de copier bêtement son travail. Cela avait été d’une grande aide au stagiaire. Il avait pu reprendre la progression globale des niveaux.

Il en était à lire une séquence pour essayer d’en dégager une méthode de travail quand un toc toc toc assourdissant dans cette cathédrale de tranquillité se fit entendre. Ellen releva la tête vers la source du bruit pour y trouver un corbeau fort énervé. L’oiseau sautillait de droite à gauche tout en donnant des coups de bec rageurs en direction de l’humain.

- Oui, oui, laisse-moi finir ça et on y va.

Le regard courroucé qu’il reçut le fit soupirer.

- Si tu as vraiment trop faim, il doit rester des biscuits secs dans la classe…

Après un croassement belliqueux le corbeau s’envola, direction la salle de runes anciennes. Ce n’était pas parce que son humain avait de nouveau perdu l’appétit que lui devait jeûner!

Sauf que retrouver la collation promise ne fut pas si évident que cela. Les si savoureux gâteaux se trouvaient dans le tiroir du bureau. Tiroir fermé, il en va de soi… La bataille fut rude. Mais grâce à un ingénieux et incongru stratagème impliquant une plume, des craies et une écharpe - pas forcement dans cet ordre-là - la victoire et les petits gâteaux furent enfin siens ! Dans un cri de triomphe, il ramena son dû sur la table et entreprit de l’avaler goulûment.
C’est là qu’il l’entendit cette douce voix qu’il n’avait pas ouïe depuis presque plus de deux ans. Il tourna la tête dans sa direction et laissa tomber la friandise qu’il tenait dans le bec. Oui c’était bien elle, il n’y avait pas de doute permis. Elle tendit la main vers lui et, son moment de stupéfaction passé, son plumage rentra de nouveau en contact avec de fins doigts bien connus.

Dans la bibliothèque un léger bruit de grattement, caractéristique d’une plume sur du parchemin, avait rejoint celui de la respiration. Ellen finissait de rédiger, de sa fine écriture penchée, quelques notes. Il les relut rapidement, puis roula les feuilles avant de les fourrer dans son sac. Un coup de baguette plus tard - vous ai-je déjà dit que c’était beau la magie ? - et il quitta la bibliothèque dans le même état que quand il y était entré. Avisant l’heure, il grimaça. Voilà ce qui expliquait l’état d’agitation de Dust… Tout en s’avançant à grandes enjambées vers la salle de classe, il se demanda si cela valait vraiment la peine d’aller au réfectoire ; cela dépendrait du nombre de gâteaux que le corbeau lui avait laissé…

- C’est bon de te revoir, oiseau de mauvais augure.

Devant la porte, la main sur la poignée, il se figea. Quelqu’un était dans la salle - bon, jusque-là pas de quoi en faire tout un plat - mais cette personne semblait : a) parler à un corbeau, b) bien connaître le dit corbeau.
Sourcils froncés, Ellen poussa doucement la porte pour découvrir un spectacle qui le laissa coi. Le premier nom qui lui vint à l’esprit fut celui de son défunt ami. Mais Armand n’avait pas de telles courbes, ou alors il avait de sérieux problèmes de mémoire et pouvait aller directement faire un séjour à St Mangouste. Puis, quand ses fonctions cognitives daignèrent se remettre en marche, un autre nom lui revint et passa la barrière de ses lèvres dans un murmure.

- Edina ?!

La revoir fut un choc. Elle était si différente et en même temps si semblable à celle de sa mémoire. Par le vortex de ses yeux d’émeraude, il fut ramené bien longtemps en arrière en un temps ou ses sourires n’étaient pas rares. Les souvenirs lui revinrent d’un coup. Toutes ses fois où il était allé chez les Corvo : il avait passé plus d’un été chez eux à renforcer son amitié avec son frère de cœur. Ce n’était que quand il avait été convié à dormir qu’il avait pu faire la connaissance d’Edina. Leur rencontre avait été mémorable ! Il fallait dire que la petite fille lui avait filé une de ces frousses !…

Sa voix le sortit de ses réflexions. Il cligna des yeux, comme pour chasser les restes d’un songe ; ou son air idiot. Au choix…

- … Bonsoir Edina. Ça alors, je ne m’attendais vraiment pas à te voir ici ! Comment vas-tu ? Qu’est-ce que tu deviens ? Et ta sœur ? Et tes parents ? Ils vont bien aussi ? Au fait, qu’est-ce que tu fais là ?

Son ton s’était fait de plus en plus jovial au fur et à mesure qu’il parlait tandis qu’un fin sourire étirait ses lèvres et que, pour la première fois depuis bien longtemps, ce dit sourire atteignit ses yeux.
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Edina Corvo

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MessageSujet: Re: Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini] Jeu 24 Sep 2015, 14:49

Fort heureusement, ce cher Ellen ne semble pas remarqué mon embarras. Il a l'air tout aussi stupéfait que moi et son air un peu ahuri me donne envie de ... Bon, si je ne veux pas être encore plus embarrassée que maintenant, je ferais bien de tenir mes pensées en laisse.

Il me bombarde de question, je ne me souvenais pas de lui aussi loquace mais j'admets que ça m'arrange, il n'y aura donc pas ce moment de silence gênant que je n'ai jamais appris à gérer. Fort bien, je vais répondre à toutes tes questions, mon cher Ellen. Je reprends consistance et souris poliment.

"Je vais parfaitement bien, je suis professeur de botanique ici et je suis vraiment ravie d'avoir obtenue ce poste, d'ailleurs Nada brigue celui des créatures magiques. Mes parents se portent bien aussi, ma mère a voulu se lancer dans une campagne de vampirisation de la famille, enfin, d'une partie de la famille, je ne sais pas où elle en est. Sinon, c'est Dust qui m'a interpellé alors que je déambulais dans le couloir."

A cet instant, j'aurais donné cher pour savoir comment converser normalement avec les autres, savoir séduire, savoir être à l'aise. J'avais vaguement conscience d'avoir cette image de femme intouchable mais j'étais prête à troquer cette aspect de ma personne contre une apparence plus chaleureuse et plus amicale.

"Et quant à toi ? J'avoue que je ne m'attendais vraiment pas à te voir ici."

Je me retourne, jette un coup d’œil à Dust qui me regarde en retour avec ses yeux tout ronds. Les corbeaux, sa salit énormément et manifestement, celui-ci ne vient pas tout juste de débarquer. La salle est installée et même un poil décoré. J'hésite, puis pose finalement la question qui me brûle les lèvres.

"Tu ... Travailles ici ?"

Ma première prière intérieure était adressée à qui voudrait l’exaucer pour que la réponse soit positive. Passer à nouveau du temps avec lui serait une motivation inespérée pour me lever le matin et affronter la lumière et les élèves. Ma seconde prière intérieure concernait le règlement intérieur concernant les relations entre les gens du personnel de Poudlard.

Presque malgré moi, mes yeux étaient descendus d'une trentaine de centimètres et vinrent se poser sur la main d'Ellen Duke où était gravée une magnifique rune. Mon sourire s'accentua, voilà des mois que je cherchais quelqu'un qui serait enfin apte à créer la rune parfaite qui protégerait ma peau du soleil. Si c'était convainquant, je pourrais en parler à ma famille et ainsi contourner cet épineux problème que nous avons avec la lumière.

J'étais sur le point d'ouvrir la bouche et lui poser la question sur l'auteur de sa rune quand je me suis rendue compte juste à temps que ce cher M Duke, malgré sa gentillesse et sa présence, ne faisait pas partie de ma famille et qu'il était sans doute de mauvais goût que de demander un service à peine nos retrouvailles terminées. Si seulement je n'étais pas aussi solitaire ...
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Ellen Duke

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MessageSujet: Re: Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini] Ven 02 Oct 2015, 18:18

Sa propre localité le surprit. Cela faisait bien longtemps qu’il avait perdu cette faculté de discourir avec tant de verve, sauf quand cela concernait les runes bien évidemment. Il n’y avait que quand il parlait d’elles que l’on avait une chance d’entrapercevoir l’homme d’avant, celui qui avait encore son meilleur ami. Mais en cet instant, devant ce beau fantôme d’un passé heureux, on avait pu plus que l’entrapercevoir, il avait carrément été là, celui qui avait encore un cœur en un seul morceau.
Dust pencha la tête d’un air intrigué, tout aussi surpris par la soudaine loquacité de son humain. Puis ses yeux firent des allers retours entre les deux bipèdes de la pièce, d’Ellen à Edina et d’Edina à Ellen, et son air, d’intrigueur passa à conspirateur. Mais qu’avait donc encore ce sale piaf en tête ?….

Ne réfléchissant pas - surtout pas - à son comportement, le stagiaire écouta les réponses de la professeur de botanique avec un intérêt non feint. Il avait toujours porté beaucoup d’affection à la famille Corvo, trouvant de l’attirance, voire de la fascination pour leur diversité et leur ouverture d’esprit. C’était des gens qui ne jugeaient pas avant de véritablement connaître et Ellen avaient toujours aimé ça chez eux. Il tiqua cependant à la mention de la vampirisation des enfants de la lune Corvo. Bien sûr, il comprenait le raisonnement et les motivations de la matriarche. Quitte à ne pouvoir sortir, autant avoir quelques avantages pour contrebalancer cela. Mais devenir hématophage comportait tout un lot de désagréments autres que l’allergie au soleil. N’y avait-il vraiment pas d’autre solution qui ne nécessitait pas de changer sa nature profonde ?
Il ne fit cependant aucun commentaire et se garda bien d’émettre le moindre jugement. Qui était-il, après tout, pour le faire…

Il fut surpris d’entendre que Nada travaillait à Poudlard, mais ce ne fut rien comparé à l’étonnement qu’il éprouva quant à la nomination d’Edina au poste de botanique. Il en fut pour le moins impressionné, d’une part parce que lui-même n’y pipait rien en la matière et ensuite parce qu’il était, bien sûr, au courant pour la maladie de la superbe femme et qu’il ne put faire autrement qu’admirer son courage et sa ténacité, cela n’avait pas dû être facile tous les jours pour elle.

- Et bien… Félicitation pour ton poste. Tu t’y plais j’espère. Ça fait combien de temps que tu enseignes ?


Tout en parlant, et sans s’en rendre vraiment compte, il avait commencé à passer le pouce sur la rune tatouée sur sa main gauche. Cela évitait ce traître doigt de venir triturer sa lèvre inférieure sous le coup d’une pression qui commençait pernicieusement à monter en lui et dont il ne s’était pas encore rendu pleinement compte. Un embarras qui commençait à se faire sentir sans qu’il n’en comprenne la raison.

- Sinon, c’est Dust qui m’a interpellé alors que je déambulais dans le couloir.

- C’est vrai que ça fait longtemps que… que tu ne l’as pas vue…

Un voile de douleurs passa fugacement sur ses yeux. Ellen avait eu du mal à faire son deuil et depuis quelque mois, depuis que des yeux onyx s’étaient définitivement détournés de lui, son meilleur ami lui manquait terriblement. Il baissa les yeux de gêne et déglutit. L’ex-auror fut plus qu’heureux de pouvoir répondre aux questions d’Edina.

- Oui, je travaille ici. J’ai repris les études et là je suis en première année de stage pour être professeur de runes. Je… je ne t’ai jamais vue en salle des professeurs.

Et marmonnant pour lui-même :

- Enfin, je n’y suis pas beaucoup non plus…

Puis ne sachant plus vraiment quoi dire il se tut, s’accordant de regarder, vraiment regarder, son interlocutrice. S’il eut vaguement conscience que ce n’était pas très poli, la beauté qu’il avait sous les yeux le convainc de ne pas s’arrêter ; au diable les conventions.

Elle est vraiment superbe.

C’était une pensée, une simple pensée dont il ne réalisa pas l’importance. Car si pour lui elle était juste une constatation objective - ou du moins s’efforça-il de s’en convaincre- elle était surtout la preuve qu’une lumière, petite et faiblarde certes mais tout de même bien là, avait élu domicile dans les débris de son cœur fracturé. Une possible porte de sortie vers un avenir meilleur qui pour l’instant n’était même pas entrebâillé, mais qui avait le mérite d’exister.
Même si pour l’instant tout cela était encore bien trop tôt…
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Edina Corvo

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MessageSujet: Re: Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini] Sam 03 Oct 2015, 19:51

La première chose qui m'avait frappée était à quel point il était évident qu'Ellen souffrait encore de l'absence de son ami, mon cousin. Lors de son enterrement, toute la famille avait été dans un deuil profond, puis, comme le veut la tradition hispanique et après un certain laps de temps, nous avions fait une fête mémorable en son honneur. Jeux, musique, danse, tout y était réunit, lors de ces réjouissances, il est toujours interdit de se morfondre. Cette tradition n'est pas adoptée par les iles britanniques et notre petite fête à été très mal perçue. A ce que je me souviens, Ellen n'était pas de la partie. L'avantage est que s'il nous restait un peu de chagrin, l'alcool a tôt fait de faire tout oublié. Les autres invités, étrangers à la famille, était vraiment sceptique vis-à-vis de cette méthode pour rendre hommage à quelqu'un et pour aller mieux, il est facile de se sentir un peu honteux de "fêter" la mort de quelqu'un. Cependant, c'était un fait, le lendemain, une fois la gueule de bois passée et les inhibitions revenues, on se sent infiniment mieux et on peut parler du défunt sans craindre de larmes. Dites vous que c'est un genre de traitement choc pour le deuil.

A cette pensée, je ne savais pas si ma présence dans son entourage était bien judicieuse étant donné que je risquais de lui rappeler sans cesse son ami. Puis, je me suis dit que Dust était déjà là pour ça et il faudra que je pense à l'inviter un de ces soirs à la maison, père et mère seraient certainement ravis de le revoir. Mais trêves de pensées, j'ai une interrogation à laquelle je dois répondre.

"Cela fait à peine plus d'un an maintenant. Tu sais à quel point j'ai horreur de la fatalité alors je me disais que ce serait amusant pour les élèves d'avoir comme professeur pour leurs plantes une personne qui ne supporte pas le soleil. En tout cas, j'ai de plus en plus de commandes étranges de plantes très rare de la part d'autres professeurs."

Petite remarque très détournée pour inviter ce cher Ellen à venir me demander des plantes à pigments pour ses runes. Avec la concentration que j'arrive à leur donner à présent, il n'est pas impossible que ses runes dépasses celles de son maître de stage en terme de puissance.

"La salle des professeurs ? Ce terrible endroit tout lumineux ? Non merci. Tu me verras plutôt dans ma serre au fond du parc. Si tu veux, tu peux y accéder via un passage protégé du soleil."

Enfin, pas que ça lui soit spécialement nécessaire mais je dois absolument prendre mes précautions si je veux provoquer plus de rencontre tout en le préservant du regard d'autres femmes. Ce que la vie peut-être cruelle avec ces dernières mais je suis désolée car je l'ai vu la première. A cette pensée et presque malgré moi, je me suis mise dans une position qui me mettait à mon avantage.

Dust nous toisait l'un et l'autre, mon regard se portait vers lui.

"Si un jour tu n'as pas le temps ou tu as besoin de te concentré, n'hésite surtout pas à me confier Dust, je sais qu'il peut être très agaçant quand il veut."

Mon regard se faisait plus appuyé, j'espère que ce plumeau à compris le message.
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Ellen Duke

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MessageSujet: Re: Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini] Ven 09 Oct 2015, 14:24

Armand lui avait déjà parlé de ces grandes fêtes en l’honneur d’un défunt qui se terminaient généralement aussi bien que des fêtes étudiantes inter-universités.. Il se souvenait vaguement avoir trouvé le principe plutôt cool. Se confronter ensemble à l’épreuve du deuil, laisser libre cours à tous ses sentiments pour enfin être libéré et pouvoir avancer plutôt que de traîner sa peine pendant des mois - voire des années…
Ironique n’est-ce pas ? Ellen avait tourné et retourné l’invitation entre ses doigts la remettant dans l’enveloppe et la rangeant à diverses places de manière complètement compulsive. Il aurait dû y aller, ne serait-ce parce qu’il savait que c’était ce qu’aurait voulu son ami. Mais il n’avait pas pu, tout simplement pas pu… Il aurait dû, mais il avait été trop lâche, alors aujourd’hui encore il traînait derrière lui les chaînes de sa peine, et ce pauvre Armand devait avoir envie de s’inoculer tout en mâchouillant frénétiquement quelque chose s’il voyait cela…

Évidemment qu’Edina lui rappelait son ami, il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir la ressemblance - du moins physique - entre les deux. Mais contrairement à Dust qui lui rappelait, de par sa présence constante à ses côtés, que son frère n’était plus là, Edina elle faisait remonter en lui des souvenirs beaucoup plus doux. La mémoire de pratiquement toute une vie au côté d’un être fabuleux, d’un homme comme il n’en retrouverait jamais d’autre semblable, un frère duquel il s’était nourri pour s’épanouir et qu’il avait nourri à son tour dans les mêmes dessins. Une relation si fusionnelle et sincère qu’elle pouvait aller jusqu’à en faire peur.
Alors oui, bien sûr, revoir la jeune femme lui rappelait Armand, et se rappeler Armand était toujours douloureux mais elle lui rappelait les bons moments qu’ils avaient passé ensemble, elle lui rappelait son ami plein de vie et non ce corps froid coincé entre ces planches de sapin. Ce n’est pas, ce n’est plus, une douleur vive comme si une stalactite avait empalé son cœur, cela faisait toujours mal mais c’était plus diffus, moins violent, c’était comme des ronces se resserrant sur le morceau de chair lui servaient de cœur et qui lui donnait envie de s’asseoir sur le rebord d’une fenêtre du château, un carton de vieilles photos sur les genoux, le tout en écoutant du Dick Rivers.
En vérité, il ne manquait plus grand-chose à Ellen pour pouvoir faire son deuil…

L’auto dérision de la professeure de botanique ramena un fin sourire sur ses lèvres.

- Et tu t’en sors avec les marmots ? Personnellement j’ai un peu de mal avec la discipline…

Il fit une grimace montrant sa gêne, se grattant la nuque dans un geste se voulant désinvolte.
À la fin de la tirade il laissa son coude retomber, mais sa main toujours accrochée à sa nuque.

- Vraiment ? Mmm.

Il prit le temps de réfléchir. Avoir des plantes à pigments pour les runes pouvait être très intéressant mais le problème était qu’il ne savait pas du tout extraire ce dernier. Il jeta un petit coup d’œil à Edina alors que son pouce vint traîtreusement malmener sa lèvre inférieure.

- Tu saurais traiter des pigments magiques ? En varier l’intensité ?

Plus il y pensait et plus l’idée lui plaisait. Il pouvait même demander à la botaniste de faire une intervention dans son cours, montrer à ses élèves les différentes plantes à pigments utilisés pour les runes, voire même qu’elle leur fasse une démonstration sur leur extraction. Il faudrait aménager la salle ou déplacer exceptionnellement le cours dans les serres. Enfin, si Edina était d’accord bien sûr.

Quand elle lui répondit sur la salle des professeurs il se sentit idiot, c’était évident qu’elle ne pouvait pas y aller comme ça. Sa main revint sur son cou.

- Ouais c’est vrai désolé… Alors tu vas bientôt être incollable sur les passages secrets du château.


La vie est cruelle avec tout le monde. Elle s’amuse à patiemment attendre qu’une personne se relève juste pour avoir le plaisir de lui faire un croche-pied. Pourquoi se relève-on ? Pour mieux tomber. Ellen était tombé dans un puits de chagrin, et puis il avait rencontré cette femme, cette moldue qui telle Raiponce avait jeté sa flamboyante chevelure dans la fosse pour qu’il puisse remonter, en sortir. Sauf qu’elle avait décidé de changer de coiffure alors qu’il était à mis-parcour, le précipitant de nouveau dans un gouffre de douleur…
Ce deuxième deuil l’avait tué. Il ne vivait plus, se contentant de simplement exister. Sans attente ni désir, sans futur… Se contentant d’être juste… là. Certes, avec cette rencontre il pouvait presque entrapercevoir la lumière du sommet, mais était encore loin d’avoir une échelle pour le sortir de là.

Dust poussa un croassement outré quant à la dernière remarque de la belle, juste avant d’intercepter son regard. Ooooh petite maligne, le sous-entendu n’était pas tombé dans l’oreille d’un moineau. Il se pourrait que Dust devienne très, trèèèès nostalgique de la famille Corvo et qu’il cherche donc la compagnie de cette charmante représentante de la lignée. Son humain était loin d’être idiot - enfin ça dépendait pour quoi- il comprendra vite qui le corbeau serait allé voir. Le plus dur sera de gérer la fréquence des rencontres pour que les deux se croisent régulièrement mais pour pas que l’homme se croie délaissé par l’oiseau. C’est qu’il en serait capable le bougre, dans ses délires maniaco dépressifs !

Il prit son envol et en deux coups de ses puissantes ailes alla vers le futur professeur de runes. Ce dernier retira la main de sa nuque dégageant son épaule pour l’oiseau qui vint s’y poser gracieusement et entreprit aussitôt de tirer les cheveux d’Ellen à coups de bec.
Ce dernier soupira.

- Nous n’avons pas encore mangé, Dust est affamé et je dois avouer que mon estomac commence à se faire rappeler à mon bon souvenir. Il est trop tard pour aller à la grande salle alors je comptais aller directement aux cuisines. La luminosité ne devrait pas te poser trop de problèmes là-bas, si ça te tente. Je ne sais pas si tu as déjà mangé ou non…

Tient, il avait recommencé à triturer sa lèvre.
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MessageSujet: Re: Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini]

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Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ? [fini]

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