Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis]

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Sam 11 Oct - 1:32:45

Louis n’écoutait que d’une oreille distraite les plaintes de ses camarades de classe. Bien sûr, il voulait à tout prix éviter d’être seul, aussi s’était-il joint au groupe d’étudiants en Commerce qui tuaient leurs deux heures de trou à zoner dans la cour intérieure, mais il n’avait pas non plus vraiment envie de se joindre à leur discussion sur les postillons du prof de Législation Magique. De temps à autre, il se permettait une vague remarque, histoire de rappeler qu’il était en vie … Mais ça ne l’intéressait pas autant que le dernier numéro de Quidditch Mag. Rien de nouveau sous le soleil, pourtant : les balais coûtaient toujours cher, le magazine faisait toujours gagner des places de matchs aux pires dates possibles, et leurs accusations de corruption dans la Ligue le faisaient toujours rouler des yeux… Mais il fallait bien se tenir au courant. Surtout maintenant que Mr. Lee avait ouvert ce monde-là comme un futur possible. Louis se mâchonna inconsciemment l’intérieur de la joue en tournant les pages. C’était fou comme une petite phrase pouvait changer toute une perspective de vie. Même l’inoffensif journal qu’il lisait depuis qu’il avait treize ans avait un goût amer, à présent. Toutes les pages posaient une question. La moindre ligne, le moindre encart le provoquaient en silence.

Oh, allez, il ne fallait pas exagérer non plus. Pour l’instant, il se contentait toujours d’être un fanboy de couloir, alors ça ne servait à rien de bouder son plaisir. Il penserait à ses choix de carrière un autre jour. Ce qui comptait là tout de suite, c’était de pleurer le départ en retraite de Perkins et de s’exciter sur l’intégration de Bardburry dans l’équipe nationale, enfin. Ah là là, ce bon vieux Darwin … Sans vouloir se vanter – enfin si, totalement – Louis le suivait depuis son coup d’éclat contre Glasgow, et cela faisait déjà bien des années ! Des années qu’il passait en revue ses matchs avec de grands yeux brillants, et tentait de lui trouver des excuses quand il merdait… Du reste, il n’aurait su dire pourquoi Darwin lui restait aussi sympathique. Il pouvait pourtant avoir une sale attitude, parfois, et son jeu pouvait être très brutal pour rien… Sans doute que son affection pour lui relevait plus du souvenir d’enfance que de la personne elle-même. Ou peut-être se retrouvait-il un peu dans son humour ou son goût pour le cabotinage gratuit, même s’il grimaçait encore régulièrement devant la violence que mettait ledit poursuiveur à l’ouvrage.

Et sans doute que le fait que sa femme soit une amie de sa mamie le rendait … Proche de lui ? Humain ? Quelque chose comme ça. Résultat, il ne pouvait pas s’empêcher de ressentir une certaine curiosité à son sujet, même si la jeune dame en question n’avait pas l’air très encline à parler de tout ça. La vie de joueur pro, les matchs, la pression … Il n’avait pourtant pas l’intention de faire de mal à qui que ce soit en évoquant des sujets douloureux, mais là, c’était de plus en plus difficile de la laisser complètement tranquille, surtout avec les doutes qui l’assaillaient sur son propre futur. Oh, il n’aurait jamais abordé le sujet de front … Mais la fixer curieusement quand elle passait devant lui dans le couloir, un catalogue de balais à la main, ce n’était sans doute pas beaucoup mieux. Elle devait le prendre pour un fan complètement illuminé… Non pas qu’il puisse totalement lui donner tort. Mais quitte à être catalogué fan de quelqu’un, il aurait préféré qu’on lui associe Tyler Goodwin, rendu célèbre par ses imitations comiques des autres joueurs pendant les mi-temps, ou Jeff Bishop, beaucoup plus populaire pour ses cascades rocambolesques que ses scores, quand bien même il n’aurait pas eu à en rougir non plus. Enfin bref.

En parlant d’Aza … Azea … En parlant de la copine de sa grand-mère, il avait l’impression d’avoir oublié quelque chose. Quelque chose de plus ou moins urgent, qui aurait eu à voir avec elle … Il ferma pensivement son magazine et réfléchit intensément. Il ne la connaissait pourtant pas très bien, alors qu’est-ce qui …

- MEEEERDE !

Il glissa du bord en pierre sur lequel il était assis, s’excusa hâtivement auprès de ses camarades, et partit en trombe à la recherche de la dame en question. Cela devait bien faire cinq jours qu’il se trimballait ce paquet dans son sac ! Pourvu que Norah n’ait pas mis de trucs périssables dans son paquet, sinon il était cuit ! Enfin, cuit … Sa grand-mère n’était vraiment pas le genre à lui grogner dessus pour quoi que ce soit, mais il n’en restait pas moins qu’il se serait senti vraiment très mal de la décevoir. Il bifurqua violemment dans un couloir, manquant de se gadiner au passage. Pour une fois qu’elle lui demandait un truc, franchement ! Il devait être le pire petit-fils du monde, alors qu’il avait la meilleure mamie du monde. Ce n’était pas juste pour elle, elle s’était faite bananer, dans l’affaire ! Que lui apportait-il, à part des câlins et un estomac à remplir, hein ?

- Ah ! Madame ! Miss ! Miss Frishtwork !

Il freina violemment, dérapa sur une des dalles, et atterrit sur le fesses. Entrée fracassante de Hawthorne sur le terrain… Bref. Il qualifia la jeune professeure d’un sourire aimable, parfaitement conscient qu’elle le prenait déjà sûrement pour un abruti, puis enchaîna sur des explications tout en se relevant.

- Mamie - je veux dire, Norah – m’a donné un truc pour vous. Elle voulait économiser le prix du hibou, vous comprenez… Oh là là j’espère qu’il y a rien d’illégal, la dernière fois elle m’a fait offrir une ravegourde glutineuse à Miss Edwards, je ne sais même pas où elle a bien pu la trouver… des fois je me demande si elle n’est pas en contact avec la mafia du navet magique, ou un truc du genre …

Il farfouilla dans son sac, et en tira un épais paquet soigneusement emballé de papier brun, qu'il lui déposa délicatement dans les mains. De toute façon, elle était la seule personne dont il était certain qu'elle l'aimerait toujours inconditionnellement, alors il lui aurait passé n'importe quoi... Mais ce n'était pas la peine de la provoquer non plus.
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Azearhia R. Fritshwörth

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Sam 6 Juin - 19:48:28

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- Félicitation !

C'était ce qui était sorti de la bouche d'un gamin d'environ douze ans sortant de nulle part pour se planter devant le professeur avec un sourire jusqu'aux oreilles et le pouce levé. Zaria avait froncé les sourcils… de quoi parlait donc ce mioche qu'elle n'avait même jamais vu de sa vie ? Elle laissa échapper une rire nerveux et failli même demander pourquoi quand elle se ravisa. On était en quelle saison déjà ? la mauvaise de toute évidence. Les enfants ne lui adressait jamais la parole, sauf cas exceptionnel, comme lorsqu'il cherchait à avoir un autographe de l'autre abruti. Ca ne lui disait rien qui vaille en tout cas. Son sixième sens lui disait que si elle en demandait plus, elle finirait par le regretter. Zaria s'était donc juste raclé la gorge, avait répondu un " merci petit " comme si elle savait de quoi il parlait avant de le contourner vite fait. Elle se sentit un instant soulagé même si une pointe de curiosité demeurait. Ce pouvait-il que son horripilant mari est eu une " promotion " ?

Non… non et encore non ! Hors de question qu'elle s'intéresse à quelque chose d'aussi puéril comme une groupie de bas étage. Penser à des potions, d'urgence ! Cela faisait un petit moment qu'elle n'avait reçu de colis embarrassant autant pour elle que pour lui, cela lui faisait un bien fou. Elle se sentait d'humeur beaucoup moins massacrante et avait revu ses sermons sur l'inutilité du Quidditch à la baisse.

Tout à ses constatations positives, elle ne remarqua pas vraiment quand un élève plus âgé que le premier entra dans son champ de vision. Il lui fut pourtant difficile d'ignorer plus longtemps quand il écorcha son nom en l'appelant en plus madame. Personne n'apprenait donc jamais comment prononcer son nom ? C'était pire que lorsqu'elle faisait une demande à la bande de boulus qui zonaient au ministère. Louis Hawthorne… évidement… Il fallait rester calme, ne serais-ce que par respect pour sa chère amie Norah, la grand mère du garçon.

Et là, paf… pour l'entrée en matière en finesse, il pourrait repasser. Cela eu tout de même le don de lui arracher un sourire amusé qu'elle tenta, pas très brillamment il faut l'avouer, de camoufler sous un air sérieux qui ne lui allait guère.

- Bonjour Louis, déclara le professeur faussement exaspérée. J'espère que tu es meilleur sur ton balais…

Petite pique… oups… C'était sorti tout seul et sans qu'elle le veuille. Comme quoi, elle n'était pas dans les meilleures dispositions finalement. Elle ne voulait pas vraiment lui faire de peine, Louis restait un gentil gosse même s'il avait une passion ridicule. Le pauvre, abusé par la fédération comme tout un tas d'autres jeunes… c'était un peu triste tout de même, tous ces talents gâchés en bêtises.

- Désolé… mauvaise habitude. Tu peux m'appeler Zaria, tu sais ? Je préfère ça au blobibulga que tu essayes de sortir.

Elle allait lui demander comme se portait sa grand mère mais elle n'eut pas le temps de poser la question que le jeune homme lui annonçait qu'il avait justement un présent à lui donner. Norah était véritablement adorable, elle avait toujours ce genre d'attentions qui lui faisaient toujours tellement plaisir. Elle la considérait au moins autant que n'importe quel habitant de son île, ce qui n'était pas peu dire. Voila une femme qui méritait l'admiration, une vrai battante qui ne se laissait pas marcher sur les pieds par les conventions. Et ça, ça plaisait à Zaria plus que tout.

- Louis, soupira-t-elle en souriant, tu ne vas pas me dire qu'un grand garçon comme toi a peur de simples plantes tout de même ? Personne ne passe son temps à espionner les colis, sinon crois-moi il en aurait trouvé des choses à confisquer et plus de la moitié de la population croulerait sous les amendes de ces empaffés du ministère.

Une mafia du navet magique, il avait bien de l'imagination mais la sorcière rit franchement à cette idée saugrenue.

- Tu pense que je peux ouvrir ça ici ou il vaut mieux que j'attende d'être dans un coin moins fréquanté ? demanda Zaria en levant les yeux du paquet pour poser un regard presque complice au jeune homme.

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Dim 21 Juin - 15:30:55

Louis haussa les épaules avec un petit sourire. On ne savait jamais, avec les autorités, ce qu’elles pouvaient bien trouver de tordu à faire pour prendre les gens en défaut, et puis ce ne serait pas la première fois que le Ministère viendrait loucher autour des jupes de sa grand-mère… Il doutait fortement que Moustache soit le genre à contrôler les trafics de couloirs, bien sûr, mais quand même, il avait eu suffisamment eu de soucis disciplinaires ce mois-ci pour limiter ses activités criminelles. Sans compter que ce n’était pas franchement ragoûtant, ces machins plantesques. Si c’était pour que ça se fasse des racines au fond de son sac, ou que ça se remette à grignoter ses bouquins de classe … Enfin bref, au moins, cette fois-ci, le contenu du paquet avait eu la décence de rester confiné à ses quartiers fermés au Sorcier Collant. Il lui jeta un regard curieux, se balançant légèrement d’un pied sur l’autre. Il avait beau faire la chouette de l’une à l’autre, il n’avait aucune idée de ce que pouvait bien contenir son fameux colis. Ça s’envoyait quoi, les dames ? Naturellement, comme ça, il aurait bien dit de la bouffe, mais il n’avait aucune preuve. (Il n’était pas curieux au point d’ouvrir les cadeaux privés des gens, quand même. Il fallait garder un minimum de classe, dans la vie.)

Il releva les yeux sur la professeure de potions. Elle avait l’air de bonne humeur, dis donc. A entendre la petite pique sur ses talents en vol, il aurait pu croire que ça allait partir en petit duel verbal, mais non. Elle s’était excusée, lui avait gentiment fait remarquer que sa prononciation de l’écossais insulaire laissait fortement à désirer, et avait repris le cours de la conversation. Ça faisait plaisir de la voir comme ça. Il avait décidément intérêt à ne pas tout gâcher en évoquant son mari ou la Ligue. Non pas qu’il se sente de toute façon le cran de provoquer quelqu’un qui pouvait l’empoisonner avec des potions dont les apothicaires eux-mêmes ne connaissaient pas le nom, mais bon… Peut-être y aurait-il moyen de récolter quelques remarques sur le sujet sans l’aborder de front ? Bah… Sans doute ferait-il mieux de la laisser tranquille. Elle n’était pas une convention de Quid ambulante, après tout. Sa mamie avait raison, elle devait en avoir marre d’être considérée plus comme la femme de Darwin Bardburry que sa propre personne. Comme pour se faire pardonner, il lui adressa une mine réjouie. Le mot du jour, c’était le paquet surprise de Norah Crochue. Mieux valait se concentrer sur ça, et sur son rire.

- Héé, c’est vous qui avez dit que vous ne craigniez pas les autorités, moi, je ne suis qu’un innocent spectateur maintenant. A vous de décider en votre âme et conscience !

Il lâcha un gloussement, levant innocemment les mains, mais sa manière de rebondir sur place comme un petit garçon excité ne laissait aucun doute sur ce qu’il pensait vraiment. Du reste, outre le réflexe du c’est quoi c’est quoi, il n’avait pas plus envie que ça de retourner à ses questions d’avenir. Azar… Azea … Ouais, il allait vraiment devoir s’habituer à Zaria, sinon sa langue allait faire des nœuds. Ça lui faisait un peu bizarre d’appeler une prof par un surnom – il appelait Cecilia Cécé dans des moments d’égarement, mais ce n’était pas pareil - mais ça valait toujours mieux que de crachoter partout. Zaria, donc, avait l’air plutôt relax, comme dame, et il n’aurait pas été contre l’idée d’en apprendre un peu plus sur sa relation avec sa grand-mère. Est-ce qu’elles parlaient de lui ? Il ne put pas s’empêcher de se poser la question. Norah était plus qu’au courant des conneries qu’il faisait dans le château – en tant qu’ancienne Gryffondor pure et dure, elle lui racontait souvent ce qu’elle avait fait de pire … Mais ce qui s’était passé le mois dernier, il ne lui avait pas raconté. Un petit problème de santé, avait-il écrit sans s’étaler sur les causes. Si Zaria avait prêté attention à lui, ceci dit … Elle allait peut-être commencer à se poser des questions.

Bah, elle avait sûrement d’autres choses à foutre que d’espionner sa vie. Ça ne servait à rien de se monter le chou-fleur avec des théories conspiratistes. Elle était copine avec sa mamie, elle n’était pas sa surveilleuse de Loulou officielle. Et puis même si elle avait fait une remarque ou deux, hé bah … Ça ne pouvait pas faire grand mal.

- S’il y a du manger dedans, je voudrais bien goûter un petit bout, ceci dit…
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Azearhia R. Fritshwörth

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Mar 23 Juin - 19:19:08

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Le ministère était aussi crétin qu'il était peureux ou feignant, cela dépendait des cas. Le directeur n'aurait certainement pas permis qu'une armada de bureaucrates envahisse son école pour faire l'inspection des poches de chaque étudiant un peu louche, si ? Un étudiant c'était souvent louche en plus, peut-être à cause de la jeunesse tout simplement. Allez savoir quel genre de folies ils allaient bien trouver à tester ? Elle le savait bien, elle faisait pareil à cet âge, et encore maintenant, elle était loin d'être toujours très sage. Heureusement, elle n'était plus trop dans le collimateur et personne n'avait encore mit le nez dans ses affaires. C'était surement mieux si elle voulait éviter de payer de sacrées amendes. Il faut dire qu'elle avait un peu ralentie sur les manifestations pour l'indépendance ces dernières années, ce qui avait tendance à faire grincer les oreilles de pas mal de monde. Surtout quand elle scandait des slogans anti-ministère et que c'était affreusement faux et dissonant.

Zaria avait vécu quelques années au croché de Darwin, l'attendant à la maison alors qu'elle peinait à trouver un travail. Elle qui était tellement fière c'était retrouvé dans une situation qu'elle n'aurait jamais dû accepter des le départ. L'amour était vraiment un fléaux qui ravageait souvent la raison du plus solide des êtres. Et même avant, pour tout dire, c'était déjà ainsi. Au lieu d'être " la femme de Darwin Bardburry" et était seulement " la copine de Darwin Bardburry ". Sans lui, personne n'aurait fait attention à elle pour autre chose que ses coups de gueule, ses passions bizarres et ses cuites mémorables. Quitte à choisir, elle préférait encore ça ! Exister à travers l'autre ce n'était pas viable à plein temps, surtout quand on osait venir vous faire des reproches sur votre façon d'être. N'avait-elle donc pas simplement le droit d'être elle-même et comme elle l'entendait ? Bientôt, ou pas, elle serait surement considéré pour le reste de ses jours comme l'ex madame Bardburry. A ce régime elle préférait limite être veuve ou remarié !

- Effectivement, je ne les crains pas, répondit-elle en levant le menton avec fierté. Mais j'aimerais éviter de mauvaises rumeurs. Y'en a déjà des sympathiques qui circulent et ça me suffit bien !

Puisqu'à partir de 17 ans les sorciers étaient majeurs, les lois de l'enseignement devenait selon elle un peu différente. N'était-elle pas censé s'adresser à des adultes ? Certes de très jeunes adultes qu'il fallait encore pas mal materner, mais qu'importe, elle insistait sur le tutoiement. C'était un pas de plus vers une collaboration qu'elle espérait des plus productive et enrichissante pour les deux parties. Sans être directement un de ses élèves Louis avait également le droit de se sentir sur le même pieds d'égalité, même si techniquement le respect de la hiérarchie était inévitablement présent. Si on avait laissé à Zaria le loisir de réformer le système éducatif, beaucoup de choses auraient changés, assurément.

Bien sur Norah avait déjà parlé de Louis. Comment aurait-il pu en être autrement, avec l'amour inconditionnel qu'elle portait à son petit fils ? Avant même d'avoir mis une tête sur ce nom Zaria savait déjà son âge, dans quelle maison il était, quelle était sa dernière bêtise en date et surtout qu'il aimait le quidditch. Bien sur, elle avait bien d'autres choses à faire que d'espionner le jeune homme. Zaria s'étonna néanmoins qu'il ne retourna pas avec ses amis maintenant que sa livraison était effectuée et qu'il était lavé de tout crime. C'était surement plus intéressant que de grignoter des biscuits avec une prof, non ? Quelque chose le préoccupait peut-être…

Elle se doutait bien qu'un jour ce sujet viendrait sur le tapis… ce maudit sport ! Elle ne pouvait pas en vouloir au monde entier à cause d'un mec, si ? Surtout pas à ce gamin… c'était injuste, elle le savait bien. Et s'il y avait une chose qui pouvait la faire surmonter sa haine de ce sport c'était bien la perspective d'aider quelqu'un à trouver sa voie. Surtout si c'était le fameux petit fils chérie de son amie. Tant qu'il éviterait le sujet, elle préférait ne pas l'encourager cela dit.

- Ils ne te nourrissent pas assez ici ? plaisanta-t-elle en ouvrant délicatement de haut du paquet pour éviter qu'il ne s'éventre et se dépende sur le sol.

Elle jeta un coup d'oeil tout aussi curieux à l'intérieur. Oui, affectivement il y avait quelque chose à se mettre sous la dent et c'était de toute évidence bien meilleur qu'un navet gluant. Du pain d'épice et une bonne bouteille de whisky à première vu. Elle fouillerait le fond du paquet plus tard, s'il contenait quelque chose d'un peu plus "spécifique".

- Je sais très bien ce qui irait parfaitement avec ça, déclara-t-elle en inclinant le paquet en direction de Louis. Alors si tu n'as rien de mieux à faire, tu peux venir avec moi et je te montrerais ma recette personnelle.

Des qu'elle sentait qu'un truc clochait son premier réflexe était généralement de nourrir tout le monde. On était plus détendu et tranquille lorsqu'on avaient du sucre plein le sang. Du moins, jusque'ici cette technique avait toujours plutôt bien marché pour recueillir les confidences pas toujours évidente à formuler de ses étudiants. Et c'était moins radical et mauvais pour la santé que de leur servir des shoots d'alcools forts. Et tant pis si ça devait parler de quidditch, elle se contenterait juste d'un petit sermons de dissuasion pas trop méchant.

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Ven 17 Juil - 1:27:45

Elle lui plaisait bien, Zaria. Il y avait quelque chose dans sa manière d’être qui lui rappelait vraiment sa grand-mère, cette aisance à dire ce qu’elle voulait parce que c’était ce qu’elle pensait et puis voilà, sans se soucier des convenances ou des traditions. C’était rafraîchissant. Non pas qu’il côtoie beaucoup de gens ayant dépassé la vingtaine, mais jusqu’ici la majeure partie de ceux qu’il avait rencontrés appartenait à la bonne société sorcière que fréquentaient ses parents : autrement dit, ils étaient tous encroûtés dans leurs préjugés et chiants à crever, et se retrouver seuls avec eux lui donnait toujours envie de se pendre avec les rideaux. Bon, soit, il exagérait peut-être un chouïa… N’empêche que, traîner avec des sorciers un poil plus détendu du bulbe était toujours une chance, et que Zaza s’inscrivait très naturellement dans cette catégorie. Même sans la connaître plus que ça, il voyait aisément pourquoi elle et sa mamie s’entendaient aussi bien.

… Eh. Il laissa échapper un petit rire à sa petite taquinerie. C’était loin d’être la première fois qu’on lui faisait remarquer sa bonne volonté à manger à n’importe quelle heure. On l’avait bien souvent catalogué comme un gros goinfre juste parce que la nourriture l’intéressait, et cette manie des gens à ne pas vouloir comprendre la nuance le laissait toujours perplexe. Il ne mangeait pas plus qu’un autre, au final. Etait-il vraiment le seul à toujours vouloir tout goûter ? Ce n’était jamais qu’une façon bénigne de prendre quelques risques. Des nouvelles expériences de poche. Il n’y avait, il n’y avait rien de bizarre à ses habitudes alimentaires, pourquoi était-ce toujours quelque chose qui sautait aux yeux des gens ? Il était tout à fait normal, le mois dernier mis à part. Il se décala légèrement d’un pied sur l’autre, soudainement très conscient de son corps amaigri, et enfouit les mains dans les poches de sa cape. Il avait quelques problèmes avec son corps et ne s’en occupait certes pas forcément très bien, mais comme tous les adolescents, non ? Enfin bref. Il lui jeta un vague coup d’œil. Elle n’avait sûrement mis aucun fond dans sa blague, pas plus que les autres, c’était stupide. Et puis justement, concernant son corps, se remettre à la tradition ancestrale du petit quatre-heures ne risquait pas de lui faire grand mal, au moins.

Il se mit sur la pointe des pieds pour regarder ce qu’elle lui montrait. Du pain d’épices et d’autres trucs mystérieux, semblerait-il. Finalement, rien de plus scandaleux que ça. Il s’en serait presque senti un peu déçu, mais la promesse d’un moment au calme à échanger des anecdotes sur sa mamie rattrapait très bien le coup toute seule. Et d’ailleurs, c’était plutôt généreux de sa part de lui proposer, même s’il avait réclamé plus ou moins subtilement... Oui, traîner avec Aza lui ferait du bien. C’était comme Cécilia, sa présence était plutôt apaisante, il n’avait rien à lui prouver. A part peut-être le fait qu’il était un garçon poli, mais ça restait relativement dans ses cordes. Il hocha joyeusement la tête, remettant en place son sac sur son épaule.

- J’veux bien ! Norah la change souvent, la recette de son pain d’épices, alors ça me fera deux raisons d’être curieux.

Il se mit doucement en route, initiant le mouvement, vérifiant d’un coup d’œil qu’elle s’apprêtait à le dépasser pour lui montrer où aller vu qu’il n’en avait aucune once d’idée. Parce qu’il devait bien avouer, sa grand-mère avait déjà dû lui dire ce qu’elle enseignait, mais c’était rentré par une oreille et ressorti par l’autre. Enfin si, des potions secrètes, ça, il avait retenu. Il se souvenait de la scène qu’il avait faite à sa mamie lorsqu’elle lui avait donné cette information, comme quoi si elles étaient secrètes, personne ne devait les enseigner et qu’elle allait sûrement se faire pourchasser par les respectables familles sorcières comme la leur pour manquement aux traditions… Et ensuite il ne se souvenait plus de rien parce qu’il avait commencé à faire mine de la poursuivre avec sa fourchette. Aah là là, l’équipe d’humoristes Hawthorne Mamie & Co, franchement … Enfin bref. Tout ça pour dire que ça avait à voir avec les potions, mais que « Potions Secrètes », c’était bien trop sexy pour être un vrai nom de matière. Bah… Il demanderait à Maggy, elle l’avait sûrement. Inutile de demander à la principale intéressée, il ne se sentait pas franchement l’envie d’orienter la conversation vers la discipline en question.

Il ralentit un peu, écoutant le bruit de ses pas résonner sur le sol, cherchant une accroche pour lancer un sujet intéressant. Bon, pour être honnête, elle avait beau être super chouette, il avait quand même du mal à se décoller du cerveau cette histoire de Quidditch. Pas tellement sur Darwin en lui-même, même s’il était loin d’être totalement remis de ses crises de fanboyite aigues, mais plutôt sur l’aspect moins reluisant de la vie de sportif. Si ce devait être un futur possible … Il faisait des efforts pour envisager la chose avec calme, mais quand même, il devait bien y avoir un millier de choses auxquelles il n’avait pas encore pensé. C’était très bien, de lire partout que ce genre de vie demandait un tas de sacrifices, mais lesquels ? Comment ? Et comment un grand nigaud comme lui qui n’avait aucune expérience de la vie aurait-il pu les peser à partir d’articles de magazines, hein ? Aza, par contre … Elle l’avait vécu, tout ça. Qu’elle le veuille ou non, ça faisait partie d’elle aussi. C’était un bout de sa vie.

Il se mordit les lèvres. Ce n’était pas bien de forcer les gens à ressasser le passé, ce n’était pas gentil. Mais quand même … C’était important. Il se décida à parler, tant pis. Si elle l’envoyait chier, il n’aborderait plus jamais le sujet et puis voilà, mais là, ça valait bien une tentative. Le truc, c’était de savoir comment formuler un truc pareil…

- Je peux vous poser une question que vous allez pas aimer ? Pure rhétorique, puisqu’il enchaîna aussitôt, butant contre les mots comme s’il avait voulu s’en débarrasser le plus vite possible. … Est-ce que … Euh … Comment c’est, la vie de sportif pro ? Je veux dire, si je m’engageais là-dedans, je pourrais avoir une famille ?

Il y avait déjà une réponse dans ses question. Une marque de ce qui lui importait vraiment, et qui aurait toujours la priorité dans sa vie. Il ne s’en rendit pas compte. Il avait dix-neuf ans et un ancien joueur de la Ligue, deux fois champion, lui avait dit en face qu’il devrait sérieusement réfléchir à passer pro. Comment passer outre un tel évènement dans la vie d’un adolescent ? Surtout en ce moment, surtout après tout ce qui s’était passé, Lou avait besoin qu’on reconnaisse son existence. A tel point que le simple compliment brouillait son jugement, et qu’il n’arrivait plus à se sortir cette voie possible du crâne.

Ceci dit … Là, comme ça, à formuler ses pensées à voix haute, il ressentit une petite pointe de doute.
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Azearhia R. Fritshwörth

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Jeu 15 Oct - 22:13:17

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S'il y avait bien une chose que Zaria pouvait aisément comprendre c'était l'addiction à la nourriture. Depuis qu'elle était née où presque, elle avait passé ces journées à s'empiffrer allègrement. Des remontrances, des blagues à répétition elle en avait eu son lot. Elle était cependant bien trop têtue pour y prendre garde, elle rouspétait un peu pour la forme et recommençait aussi sec. C'était même devenu cause de discorde avec Darwin à l'époque où la sorcière dévalisait les boutiques huppés des traiteurs Londonien tous genres confondus et vidait le coffre par la même occasion. Enfin, ce n'était que la partie visible de l'iceberg de ses dépenses farfelues. Il n'y avait pas de mal à se remplir l'estomac pour éviter de sombrer dans la dépression. C'était ça qui avait fait tenir la barque aussi longtemps d'ailleurs. Et les livres d'histoires ! Et… d'Amour à l'eau de rose… ouais… la honte viscérale, qu'elle partageait fort heureusement avec le bibliothécaire.

On avait tous des défauts, des points sombres qui faisaient souffrir un jour où l'autre. Les doutes, les projets d'avenir quand on était encore jeune, en faisait partie. Même si elle avait finalement peu connu cet état durant ses études, elle le concevait fort bien. Elle préférait adopter la position stratégique du "déni en bloc" ou du " fonce dans le mur " mais ce n'était pas toujours très sain. Serait-elle d'une grand aide, elle n'en était pas sure mais elle voulait bien essayer. Louis avait accepté l'invitation, c'était déjà un bon début.

- Suis moi, c'est par ici.

Elle tourna sur elle-même et désigna le bout du couloir qui donnait sur les escaliers. Zaria n'était pas quelqu'un de cool, dans le sens coolitude du terme. A vrai dire elle était plutôt dans la catégorie bizarroïde qui avait carrément fini par faire exploser le bulbe. Alors oui, elle invitait les élèves à partager le goûter et à l'occasion elle leur offrait un pinte de bierraubeurre. Elle gardait les alcools forts pour le vrai âge adulte, à savoir certains de ses collègue porté sur le goulot. C'était toujours à des fins amicales ou pédagogiques. Ou peut-être était-elle seulement plus généreuse qu'elle ne le pensait.

Zaria avait vécu les coulisses, ce qui était loin d'être la meilleure place. Pourtant, sans qu'elle ne se l'avoue son crétin de mari avait lui aussi subi des revers et des déceptions. Leurs divergences étaient venu à bout de l'amour inconditionnel et un peu bâtard qui les avait uni un jour. Totalement ? Evidement que non, ce qui était d'autant plus difficile. Voila sans doute pourquoi elle avait une rencoeur si tenace envers ce sport et l'égo délirant qui finissait par en découler. Pour survivre dans ce monde et faire sa place il fallait en vouloir plus que les autres. Oui, c'était une compétition, sinon on restait qu'un joueur parmi tant d'autres qui s'évaporaient rapidement sans laisser de traces.

Ne pas aimer était un euphémisme. Mais soit, elle c'était préparer à affronter cette éventualité au moment même où elle avait proposer de prolonger la conversation. Elle soupira, bien incapable de retenir la grimace qui envahi son visage. Pourtant la dernière question la surpris un peu. Louis pensait déjà à construire une famille. Il lui paraissait tellement jeune pour réfléchir à cette aspect de la vie.

- Je suppose que ça dépendra de la femme que tu choisis. Si tu aimes les forts caractères… c'est mal parti.

Une gentille bonbonne prête à élever les mioches seules et se contentant de jouer les groupies, c'était la recette miracle du mariage pour un joueur reconnu. Une fille plutôt jolie, aimable, sociable qu'on pouvait sortir sans avoir honte et des petites têtes blondes sympathiques dans ses jupons pour parfaire le tableau de famille parfait. Evidement pas une femme dans le genre de Zaria, en somme. Louis n'avait qu'à faire un listing de celles qui l'avaient attiré et il serait vite fixé.

- C'est vraiment un truc de chiens… Je crois que j'aurais préféré si t'avais des vus sur le ministère, ronchonna la sorcière.

Ne pouvait-il pas juste… ouvrir un fleuriste ? C'était sympa comme métier, ça ! Il aurait aidé sa grand-mère à faire pousser des radis et bégonias. Dans le même bouquet, c'était ravissant… Mais non, monsieur avait besoin de se faire voir. Il y avait toujours un peu de ça quelque part.

- Si c'est vraiment ça qui te botte et c'est horripilant ! T'as tout intérêt à t'accrocher. Des gamins fraichement sortis de l'école avec du talent et de l'énergie il y en a. Rester dans la place, c'est une autre affaire.

Elle s'arrêta brusquement alors qu'ils arpentaient le couloir, attrapant le jeune homme par la manche pour le regarder dans les yeux.

- Ca va pas te faire plaisir non plus mais, on ne choisi pas son avenir en éliminent ce qui est trop contraignant, sauf si t'es juste peureux ou fainéant. Et j'espère sincèrement que non.

Zaria avait fait des erreurs. Du moins elle le supposait. Elle avait accepté cette bague de fiançailles avant même d'avoir quitter ses murs, sans même réfléchir à ce qu'elle faisait. Sa carrière, elle l'avait mise entre parenthèses pour quelqu'un d'aussi inconscient qu'elle-même. Penser famille, penser désagréments, c'était beau, c'était résonné, mais c'était un frein. Darwin avait foncé et elle était resté derrière. Elle lui en voulait mortellement d'avoir surmonté les épreuves en la laissant dans un coin. Il avait réussi à faire sa place en sacrifiant leur couple, en se donnant corps et âme à ce satané sport chaque jour, sans relâche. Zaria le savait… elle l'admirait et cela ne faisait qu'accentuer sa colère, envers son époux autant que pour elle-même.

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Mar 20 Oct - 16:23:09

Il continua de trottiner derrière la professeure en Potions, faisant de son mieux pour ne pas trop la ramener après une question pareille. Oui, il avait bien vu sa grimace, et il concevait fort bien que ce ne soit pas un sujet très plaisant à aborder pour elle, mais … Pour une fois, le fond pesait plus lourd que la politesse. Il s’excuserait plus tard, si besoin, mais pour le moment la seule chose qui comptait à ses yeux était d’engranger le plus d’informations possibles en vue d’une lointaine décision. Enfin, lointaine… Il était déjà engagé ailleurs, et si reconversion il devait y avoir, il serait déjà plus vieux que certains de ses camarades, mais … Bref, ce n’était pas une décision à prendre à la légère. Surtout qu’il n’était pas si certain des raisons qui, au fond, le poussaient là-dedans. Il aimait bien ça… Et il était bon. C’était même l’une des seules choses pour lesquelles il avait le moindre talent. Est-ce que ce qu’il voulait importait tant que ça, au final ? Si on avait la possibilité de le faire, si c’était la seule chose dans laquelle on avait une chance de s’illustrer, est-ce que ça n’en devenait pas un peu un devoir ?

La réplique de Zaria le coupa un peu dans sa réflexion. Euh… Les forts caractères… C’était sûr que si on prenait en exemple Maggy, ça paraissait voué au mur, cette affaire. Mais ça ne voulait rien dire, les gens étaient différents, et il n’était pas très sûr d’avoir vraiment un type de fi… de gens. Il passa rapidement en revue tous ses coups au cœur, sans vraiment y trouver de logique particulière. Comment prévoir à quoi allait ressembler la femme de sa vie ? …Ou l’homme, s’il devait en être ainsi, mais si c’était un homme sans doute serait-ce encore plus délicat que s’il avait s’agi de la pire des mégères. Ah là là, dire qu’il ne l’avait toujours pas dit à sa grand-mère. Les problèmes et les secrets s’empilaient à une vitesse hallucinante, ces derniers temps. Il se mordilla encore la lèvre, puis laissa échapper un léger rire à la remarque bougonne de sa conseillère du jour. Ouais, non, le Ministère, ça, jamais. Il n’était peut-être pas encore très sûr de sa voie, mais s’enfermer dans un bureau toute la journée tout seul et potasser des textes de lois, ça, il était complètement convaincu que c’était sa version personnelle de l’Enfer.

Quoique … L’industrie du Quidditch ne devait pas être très loin derrière, comme le lui rappela Azearhia qui continuait de partager son expérience. Ah, la compétition. Tous tenter de s’étriper pour arriver au sommet par n’importe quel moyen, jusqu’à en oublier les raisons qui avaient motivé notre choix au départ et la personne que l’on voulait être, juste pour grappiller un peu plus de lumière. Louis avait beau aimer l’attention et les compliments plus que de raison, c’était là une idée qui le dérangeait beaucoup. Une crainte, même. Parce que le pire en s’engageant là-dedans n’était pas de souffrir ou de se faire écarter, c’était de changer. Peut-être alors correspondrait-il plus à ce que sa mère attendait de lui, mais … Et ce qu’il attendait de lui, hein ? Ces deux personnes étaient incompatibles, réalisa-t-il en silence. On en revenait toujours au même problème fondamental, à la même question : pour qui menait-il sa vie ? D’autres personnes auraient répondu sans l’ombre d’un doute. D’autres auraient peut-être jugé absurde que l’opinion d’autrui puisse le dévier aussi totalement d’un côté et de l’autre. Mais lui-même n’en était pas sûr. Il n’en avait jamais été sûr. Il n’avait jamais cessé de faire tenir en équilibre son prénom, la personne qu’il était naturellement, ses amis, ses hobbies … Et son prestigieux nom de famille qui venait l’étouffer dès lors qu’on les mettait côte à côte. Louis Hawthorne, ce n’était pas Louis. Ça venait avec toute une histoire et tout un tas d’attentes... Mais en même temps, joueur de Quidditch, ce n’était pas Auror non plus. Ce serait moins pire, mais pas terrible quand même… Ça ne suffirait pas à rattraper le reste. Aghh, il ne savait même plus ce qu’il voulait, ou les raisons qui motivaient ses doutes de carrière.

La main sur sa manche le fit presque sursauter. C’était la première fois qu’elle le touchait, et cela donna à ce qu’elle ajouta alors un ton particulier. Ah… Il ne sut pas quoi faire de cette nouvelle intervention. Etait-ce ce qu’il était en train de faire, être … peureux ou feignant ? C’était un peu pour ça qu’il avait choisi le Commerce, c’était vrai… Parce que ça semblait moins contraignant, et que ça le laisserait mener une vie tranquille et faire de ses proches sa priorité. Il sentit une vague de honte compresser son estomac. Est-ce que c’était effectivement de la lâcheté ? Son manque d’ambition chronique, au final, est-ce que ce n’était pas juste une manière de se défiler ? Toutes ces questions commençaient à lui donner le tournis, et il évita le regard de son interlocutrice. Mais une famille … Une famille, ça demandait du temps. Du temps et du courage. Alors pourquoi était-ce tellement honteux d’être dénué d’ambition ? Pourquoi est-ce que ce n’était à ses parents d’avoir honte de l’avoir tant laissé tout seul, plutôt qu’à lui de ne pas vouloir suivre leurs pas ? …Il se sentait encore plus paumé qu’avant. Il dégagea doucement sa manche. Son visage s’était lentement décomposé au fur et à mesure de la conversation, et le vague sourire qu’il tenta fut loin d’être crédible, mais au moins avait-il essayé.

- Heum… Ouais. C’est vrai. Merci. Je vais y réfléchir.

Il esquissa quelques pas vers l’avant, comme pour l’inciter à poursuivre leur chemin, et tenta maladroitement de changer de sujet. Continuer là-dedans ne servait à rien tant qu’il ne savait pas ce qu’il voulait. Quoique, c’était justement toute la question, non ? Mais bref. Il avait le cœur suffisamment lourd pour la soirée, alors il était sûrement inutile d’insister.

- Sinon, heum, vous avez des élèves sympas cette année ?
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Azearhia R. Fritshwörth

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Ven 11 Mar - 17:36:19

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Etre professeur, ce n'était pas juste épiloguer des heures et classifier les élèves avec quelques chose d'aussi barbare que les notes. Non, non, c'était bien plus que ça ! C'était savoir répondre aux questions les plus embarrassantes avec franchise et délicatesse. Alors certes, lorsqu'il s'agissait de Zaria, c'était plutôt trop de franchise et pas assez de délicatesse. Disons que l'un compensait l'autre ? Ou peut-être que non en définitive. La sorcière avait conscience qu'elle pouvait très bien rebuter les gamins avec cette façon de faire. Il ne fallait pas croire, les gosses ils étaient bien plus solides et bien moins tatillons que pas mal de prétendus hommes matures.

Vu l'expression du jeune homme, on pouvait dire qu'elle aurait peut-être dû essayer d'abord la manière douce. Une moue un peu gêné traversa une seconde le visage du professeur alors qu'elle lâchait le garçon dans un même temps. Elle le connaissait trop peu pour savoir exactement, ou partiellement, ce qui se tramait dans sa caboche. De toute évidement, il se dégonflait. Ce n'était peut-être pas le moment pour lui de faire son choix, ou peut-être n'était-il même pas près à aborder le sujet. Etait-elle seulement bien placé pour avoir une discussion plus approfondi avec lui ? Pas si sur.

- Le plus important, sourit-elle pour détendre une peu Louis, c'est que tu trouves quelque chose qui ne te donnera pas envie de te cacher sous ta couette tous les matins.

On ne le disait jamais assez, mais ce n'était pas la fierté familiale, les amis, les amours qui aidaient à affronter un travail abrutissant et déplaisant, 8 heures par jour et pour le reste de notre vie… C'était déprimant de penser que cela demeurerait simplement un calvaire alors que ce pouvait être tellement plus que ça. Zaria aimait être professeur, elle adorait entrer dans sa salle le matin en sachant qu'elle allait passer les heures à venir à échanger avec des jeunes gens. Et même les jours ou elle était d'humeur fracassante, ça l'aidait à oublier une peu ses mésaventures. Ce qu'elle espérait était que chacun des jeunes gens de cette école trouve sa voie et le même plaisir qu'elle dans la vie active. Ca supposait bien sur qu'il y ait son lot de joueurs de quidditch et d'employés du ministère…

- Ils le sont toujours, sympa ! Et sinon j'ai plus qu'à les virer du cours, plaisanta Zaria.

Il était rare que la sorcière prenne un élève en grippe. Bien sur il y avait toujours des personnes avec qui le contact passait mieux qu'avec d'autres, mais globalement elle était plutôt satisfaite de la relation qu'elle entretenait avec ses derniers arrivants. Certains pensaient qu'elle manquait de rigueur dans sa façon d'enseigner, mais les résultats étaient loin d'être mauvais dans la majorité des cas.

Le sujet avait beau avoir été un peu dévié, Zaria demeurait mécontente. Laisser le jeune homme ainsi renfermer ses interrogations mettait le professeur un peu mal à l'aise. Oui, elle aurait dû laisser tomber, ce n'était pas vraiment ces affaires après tout mais c'était aller contre sa propre nature. Si c'était une question de Quidditch… après tout… l'autre demeuré lui devait au moins ça. D'homme à homme, et ça lui coutait d'y penser, Louis serait peut-être plus à l'aise. Darwin était loin d'être aussi prévenant et pédagogue que n'importe lequel des enseignants de Poudlard, allez avoir si ce n'était pas un atout.

- Louis, je vois bien ça à l'air important et un peu confus de parler de ton avenir. Et vu mon avis sur la question, je suis un peu influencée dirons-nous. Ta grand mère est vraiment un très bonne amie et si elle ne t'aimait pas autant, je crois que cette idée ne me serait pas venue à l'esprit. Je crois pouvoir faire un truc pour toi.

Zaria marqua une pause, réfléchissant à toute allure comment elle pouvait amener le truc sans y laisser des plumes ou écorcher sa fierté. Darwin était un crétin de toute façon, ainsi… elle l'avait déjà manipulé plusieurs fois, ce n'était rien de plus qu'un petit service. Plutôt que de trainer avec des groupies, pour une fois au moins son temps libre servirait à quelque chose de constructif.

- En fait, j'en suis sure, déclara-t-elle finalement dans une sourire presque sournois placardé sur le visage. Ca te dirais de poser tes questions à l'imbécile qui me sert d'époux ?

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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis] Sam 23 Avr - 9:45:25

De toute évidence, ce n’était pas une diversion très réussie. Il sentait bien que le sujet traînait dans leurs esprits à tous les deux, et que leurs tentatives de passer à autre chose ne donnaient rien de fructueux. Le truc, c’était qu’il ne savait pas quoi ajouter. Il était juste perdu, paumé, destiné à chercher à tâtons ce qu’il était censé faire dans un monde qu’il ne connaissait pas encore. Et hors de question de se tromper, bien sûr, parce que la Terre continuait de tourner avec ou sans lui, et qu’on ne pouvait changer de voie qu’un nombre limité de fois avant d’être une cause perdue. Agh… Il ne savait pas vraiment à qui parler. Azearhia avait fait de son mieux, mais elle ne le connaissait pas assez pour répondre pour lui. Si c’était vraiment de lui qu’il s’agissait, d’ailleurs, ce dont il n’était même pas sûr. Il jeta un coup d’œil à ses mains, à défaut de pouvoir se regarder dans un miroir. Ce qu’il aurait aimé avoir ce truc qu’avaient Jeremiah, Lloyd, Dan, même Maggy. Hé. C’était presque ironique, tous les gens importants dans sa vie savaient exactement ce qu’ils voulaient faire. Ils avaient tous un futur bien défini, une fonction, une raison d’être pour laquelle ils se levaient le matin. Et au milieu, il y avait lui.

Il sourit à la blague de la professeure de Potions, peu désireux de lui refiler son stress, et fit quelques pas sur place. Il aimait bien Zaria, pourtant … Il aimait bien Zaria, mais il n’était plus si sûr de vouloir rester là à mâchonner les mêmes pensées et les mêmes questions, pain d’épice ou pas pain d’épice. Pour tout dire, il se sentait idiot. Révéler ses angoisses n’était jamais agréable, mais les révéler sans savoir où elles menaient était encore pire. Et du reste, il ne savait pas vraiment à quoi il s’était attendu. Parce qu’elle était réelle, et qu’elle avait vécu tout ça, sans doute avait-il pensé pouvoir comprendre, peut-être. Mais la vérité, c’était qu’il y avait des failles partout, jusque dans sa propre vision de lui-même, et qu’il ne pouvait que trébucher dessus. L’industrie du Quidditch n’était jamais qu’une petite partie du problème. Il était le problème. Il eut un léger soupir, et ouvrit la bouche pour prendre congé, lorsque son guide spirituel du jour reprit la parole.

Woh… L’introduction à l’idée faisait un peu peur, déjà. Il se mordit l’intérieur des joues, un peu embarrassé que sa grand-mère soit un ticket d’entrée à quoi que ce soit, mais ne fit aucune remarque. Même si préciser qu’il n’avait aucun mérite lui brûlait les lèvres. Oui, Norah l’aimait, c’était vrai. Elle n’avait pas le choix, en même temps, il était son petit-fils, donc ce n’était un gage de rien. Il se gratta la nuque, un peu anxieux de découvrir où elle voulait en venir. Quelque chose pour lui ? Un truc de profs, genre une session d’orientation ? Parce que à ce compte-là, c’aurait plus été d’une psychanalyse qu’il aurait eu besoin. Ou une … potion ? Genre clairvoyance ? Ça existait, les potions d’orientation ? La pause de suspense qu’elle s’octroya à ce moment-là lui mit du plomb dans les genoux. Quoi, quoi ? Et puis la bombe tomba, et sa mâchoire avec elle.

- Qu… Quoi ?

Lou avait beau douter, et lutter avec cette possibilité de carrière sans jamais être certain de rien, il n’en restait pas moins un fanboy, et le sérieux de la proposition fit manquer un battement à son cœur. Sérieux ? Sérieux-sérieux ? Lui, parler à Darwin Bardburry ? Il avait déjà vu des joueurs pros en chair et en os aux soirées sophistiquées auxquelles sa mère le traînait une ou deux fois par an pour parader, mais il n’avait jamais osé aligner plus de trois mots en leur présence. Et là, il … Il serait là pour lui parler, à lui, et il écouterait et il répondrait à ce qu’il dirait lui, et il remarquerait son existence, et ce serait comme s’ils se connaissaient ou un truc du genre, et … oh Merlin, peut-être lâcherait-il même des anecdotes sur Goodwin ou Bishop ou Rubinrot, ou sur le scandale de la Coupe du Monde de l’an dernier, et … MMmaiis ce n’était pas le but du truc, alors il prit une grande respiration et envisagea sérieusement la question. Indéniablement, Darwin en saurait encore plus que Zaria. Et il saurait s’il était vraiment heureux, du haut de son succès. Et il saurait ce que ça faisait d’être un gamin avec un peu de talent et des grands rêves, même si ce n’étaient pas forcément les siens.

- … Je, je crois que ça m’aiderait beaucoup, oui. Mais, après, je veux vraiment pas compliquer votre vie, ou perdre son temps, il doit être super occupé, alors … Je veux dire, si vous êtes sûre que ça vous embêtera pas plus tard.

Il se passa la main dans les cheveux, eut une moue, puis planta ses yeux dans les siens. Que ça aboutisse ou pas, c’était une grosse faveur, qu’elle lui faisait là, il en était conscient.

- … Merci. Vraiment.
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MessageSujet: Re: Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis]

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Quidditch & navets magiques [Azearhia/Louis]

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