[FINI] A découvert [Lid/Louis]

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Mar 20 Mai 2014, 12:24

Le jeune homme pressa le pas sur la route enneigée. Un coup à se retrouver sur les fesses, ça, mais il avait toujours vécu dangereusement et ce n’était pas une petite coulée de neige qui allait l’arrêter. Surtout pas en cette belle journée. Belle journée pour se geler les miches, soit, mais belle journée tout de même. Surtout qu’il était dans les cinq heures et demie et qu’il avait officiellement fini sa journée ! La seule idée le persuada d’esquisser un petit pas de danse. Malheureusement pour lui, l’agitation réveilla Rognon, qui lui mordilla la nuque en représailles. Aïe-euh. Bon, soit, soit. Il célébrerait sa liberté en marchant normalement pour le moment. Sale petite bestiole pourrie gâtée. Il avait de la chance d’avoir un maître aussi complaisant. Et une niche aussi agréable au creux de son nouveau manteau, aussi. Parce qu’il devait lui concéder ça, sa grand-mère connaissait ses goûts, et elle avait tapé fort avec son « pré-cadeau » de Noël. Non seulement ce truc devait être enchanté ou doublé en poil de yéti, vu la manière dont il retenait la chaleur, mais en plus … Bah … Il était vachement classe.

D’ordinaire, il n’était pas trop du genre à se préoccuper de ce qu’il se mettait sur le dos … Heum. Bon, très bien, il était totalement du genre à se préoccuper de ce qu’il se mettait sur le dos. Mais ça ne voulait pas dire qu’il avait un sens de la mode et du bon goût exemplaire. Il appréciait les couleurs, les coupes un peu théâtrales, et les franges qui traînaient. Et dès lors qu’on sortait un peu de Poudlard, tous les prétextes étaient bons pour changer de l’ennuyeux uniforme et se faire un peu remarquer – on est un m’as-tu-vu ou on ne l’est pas… Alors pour le coup, cette grande veste – c’était quoi la différence entre une veste et un manteau ? – couleur moutarde, un peu destroy et bordée de fausse fourrure était difficile à manquer. Surtout portée avec des lunettes de Quidditch sur le front et une immense écharpe qui donnait l’impression d’avoir été confectionnée par des moines-sorciers au Tibet. Et surtout, surtout, portée par un grand dadais présentement en train de chanter l’hymne des supporters des Harpies de Hastings.
- Na na na, si tu ne vois pas les Harpies arriver, na na, c’est que le Cognard t’a éclaté le nez, na na … Un truc sur le Souaffle qui leur obéit, na na na naaaa !

Profitant pleinement de son sens inné de la sobriété et de la discrétion, donc, Louis N. Hawthorne pénétrait enfin dans le village où il était censé retrouver quelques camarades de classe pour boire un coup. S'arrêtant à la vue de l’enseigne des Trois Balais, il s’ébroua un coup, faisant tomber tout une couche de neige qui avait élu domicile dans ses cheveux en fouillis, puis jeta un coup d’œil alentour. Les rues étaient plutôt désertes. Avec cette neige et par ce froid, les rares passants se dépêchaient de trotter d’une boutique à l’autre. Dommage, d’ailleurs, parce que c’était plutôt joli, cette vision de Pré-Au-Lard sous la neige… Les toits, la fumée qui s’échappait des toits, la buée qui s’accrochait aux parois, et les bancs abandonnés … Pas si abandonnés que ça, à en croire la petite silhouette frigorifiée qui se recroquevillait par là-bas. Il plissa les yeux, puis se rangea derrière un coin de boutique pour lui jeter un coup d’œil à la dérobée. Si, à première vue, il avait cru identifier Kina, il connaissait la Bête suffisamment bien pour savoir qu’il valait mieux toujours vérifier avant de prononcer le moindre prénom…

Et effectivement. Ce n’était pas Kina. Il n’avait pas la capacité innée de Jerem’ pour les différencier juste aux traits du visage, mais il n’en avait pas vraiment besoin non plus. Dans Poudlard, le blason lui mâchait le travail. Et en dehors … Eh bien… C’était plus dans le corps. Il n’aurait pas su l’expliquer, mais elles ne se tenaient pas pareil. Elles n’avaient pas exactement les mêmes expressions. Ou le même genre de vêtements, pour être moins subtil. Tout ça pour dire que la jeune fille qui regardait fixement devant elle en se gelant – sûrement - les noix était indéniablement Lidwine. Il hésita. En temps normal, il aurait respecté son désir de solitude. Il ne l’aurait pas compris, bien sûr, mais étant donné qu’elle n’avait pas d’ordinaire l’air de vouloir lui parler, il lui aurait juste fait un vague signe de la main et lui aurait fichu la paix. Mais maintenant … Quelque chose avait changé. Depuis cette fameuse nuit, il se sentait proche d’elle. Comme s’il avait gagné le droit de l’approcher. Enfin, on allait bien voir si elle lui répondait ou pas … Mais il n’avait pas rêvé, il était bien passé un courant, entre eux, hein ? Il avait trouvé ça tellement intime qu’il n’en avait même pas parlé à Jerem. Mine de rien, ça voulait bien dire ce que ça voulait dire.

Le jeune homme s’approcha en silence, comme si elle avait été un animal sauvage. Il prenait des drôles de réflexes, à son contact … Enfin bref. Il ne tint pas bien longtemps. L’idée de se planter devant elle jusqu’à ce qu’elle le remarque lui semblant légèrement sinistre, il préféra utiliser sa voix.
- Hé bah, qu’est-ce que tu fais là toute seule, Lidwine ? Tu vas attraper la mort, si tu restes là sans bouger !

Il posa ses fesses sur le banc, à côté d’elle. Elle n’était même pas obligée de lui parler, il se savait tout à fait capable de tenir une conversation tout seul. Il voulait juste qu’elle lui fasse signe qu’il pouvait rester un peu, à sa manière. Ça le rendait tout chose, cette capacité qu’elle avait de communiquer sans prononcer beaucoup de mots. C’était comme s’ils parlaient des langues différentes. A défaut d’autre chose, il lui adressa un sourire chaleureux. Il se sentait foncièrement débile, mais ça arrivait souvent. Ça devait être un truc de Serdaigle, vu que ça arrivait aussi en présence d’Esca ou de Daniel.

Rognon choisit ce moment-là pour sortir un museau curieux de sa manche. Qui était cette nouvelle personne dont il n’avait pas encore reniflé les oreilles ? Louis s’empressa de le repousser à l’intérieur de son manteau. Son rat devait avoir le pire timing du monde.
- Heum … Un Chocogrenouille ?


Dernière édition par Louis Hawthorne le Mar 29 Juil 2014, 21:55, édité 1 fois
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Lidwine M. Storm

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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Ven 06 Juin 2014, 23:14

Elle était là, immobile, sur ce banc. Son regard d'eau fixait l'étendue blanche sans vraiment la voir. La neige avait ce pouvoir apaisant sur les gens, du moins le pensait-elle. Certes, ça donnait l'envie à certains de faire des batailles de boules de neige, ou des bonhommes de neige. Mais même comme cela, ça apaisait leur esprit pour un temps, leur ôtait les soucis de la tête l'espace d'un instant d'éternité. Le mieux, c'était regarder les flocons virevolter avant de se poser délicatement un peu partout. C'était beau.

La Serdaigle avait fini une heure plus tôt, et avait profité de la neige tombante pour se promener un peu du coté de Pré-au-Lard. Bien emmitouflée dans sa cape d'hiver parfaitement isolée du froid par un sortilège de premier niveau. Elle n'était pas de ceux qui se faisaient remarquer par leur sens de la mode. La plupart du temps, elle s'accomodait fort bien de l'uniforme scolaire, passe-partout et discret de banalité finalement. Son écharpe aux couleurs de sa maison apportait la touche de couleur qui faisait ressortir ses yeux, et son bonnet noir visé sur la tête la couleur d'or de ses mèches. Banale, je vous le dis, personne ne ressemblait plus à Lidwine qu'une autre serdaigle blonde en uniforme. Ses pas l'avait mené là, et le silence reposant qui régnait autour de ce bout de bois recouvert de neige l'avait attiré. Pourquoi ? Aucune idée, et elle n'était pas particulièrement triste, mélancolique ou tourmentée. Elle avait simplement eu envie de prendre le temps de flaner. Quoi de mal à cela ? Elle retournerait ensuite à ses devoirs et révisions, l'esprit léger et clair. Le bénéfice était plus grand que la majorité des gens pouvait le penser.

Lidwine n'était pas là depuis très longtemps, et ne ressemblait donc pas encore à un bonhomme de neige quand un Louis se posta non loin d'elle. Elle était recroquevillée, genoux contre sa poitrine et menton posé dessus, et peut-être pouvait-on facilement croire qu'elle avait froid, cependant il n'en était rien. Elle ne l'avait même pas vu approcher, ou passer au loin devant ses yeux. Pourtant, vu sa dégaine, il était bien plus repérable qu'elle ! Ce n'est que lorsqu'il éleva la voix qu'elle réalisa sa présence, et tourna ses yeux vers lui, papillonnant deux ou trois fois comme si elle sortait d'une sorte de transe tranquille. Sursauter ? Non, étrangement elle ne sursauta pas, comme si inconsciemment elle l'avait pourtant senti venir. Et qu'elle avait su ne pas à avoir peur, que c'était lui. Quelques secondes fut nécessaire à cet esprit digne de Rowena pour comprendre ce qu'il lui avait dit. Le regardant s'installer non loin d'elle, sur le banc. Elle sourit. Tranquillement, amusée. Il le lui rendit d'ailleurs. Elle ne se décala pas, jugeant surement que son espace vital était sauf, ou qu'il pouvait y pénétrer sans crainte. Un peu des deux, elle ne savait pas trop. Elle ne le quitta pas du regard, silencieuse d'abord. Il pouvait rester, elle ne s'y opposerait pas, au contraire. La solitude c'est bien, mais elle n'était pas contre une bonne compagnie. Puis elle trouva une réponse qui lui sembla... marrante :

« Je tente le concours de bonhomme de neige. Fin, très fin. Non ? J'ai lancé un sort à mon manteau », rajouta-t-elle pour se justifier, ou rassurer le gryffondor. S'inquiétait-il qu'elle prenne froid, réellement ? Bon, il faut dire qu'elle lui avait surement laissé l'image d'une grande frileuse, qu'elle était. Mais elle était aussi une bleue et bronze, et une sorcière. Bon, ok elle avait juste un meilleur ami du tonnerre qui l'avait souvent rappelé à l'ordre pour pas qu'elle gèle sur place... Il lui avait créé ce réflexe. Quoiqu'il en soit, elle avait fini par répondre puisqu'il lui en laissait le temps. Il lui avait prouvé pouvoir tenir un monologue, la nuit où ils avait étrangement partagé un lit qui n'était pas le leur. Sa voix était douce, quoique légèrement éraillée. Elle avait pris froid, justement, quelques jours auparavant, à l'entrainement.

Par contre, le... truc qui sortit de la manche du gardien la fit beaucoup plus tiquer que l'arrivée de son maître. Même si elle ne fit pas un bond et ne recula pas vivement, elle ne put empecher une grimace et un léger recul du buste. Non, c'était vraiment pas ses amis, les animaux. Même les écureuils de sa jumelle la mettait encore souvent mal à l'aise. Son camarade dut le remarquer puisqu'il contraint le rongeur à regagner sa tanière. Ce qui la fit frissonner. Du dégout ? Il aurait été hypocrite de dire que non, elle arrivait vraiment pas à comprendre qu'on puisse se promener avec ça sous les fringues. Surement histoire de goût.

- Heum … Un Chocogrenouille ?

Elle se reprit, et tenta d'oublier le rat pour choisir si oui ou non, elle avait envie d'un chocogrenouille... « Pourquoi pas ? C'est gentil... » Son sourire revint tout aussi vite sur son visage. Elle n'expliquait pas pourquoi, mais le brun à ses cotés la rendait... joyeuse ? Heureuse ? Sereine ? Ou était-ce simplement la neige ? Oui, surement que la neige. Évidemment. Le fait qu'un des amis de sa jumelle, plus âgé qu'elle, joueur de quidditch et son parfait opposé social, pour qui elle avait toujours eu une sorte d'attirance comme celle d'un papillon à une flamme, meilleur ami de Jeremiah... Qu'un type comme ça lui trouve de l’intérêt, ce ne pouvait pas la rendre comme ça. Bien sur.


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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Lun 09 Juin 2014, 00:14

Rognon faisait la gueule. Il le sentait, sous son manteau, s’enfouir le museau dans le creux de son épaule pour échapper au monde du dehors qui l’avait vexé. Bah, ça lui ferait les pieds. Les pattes. Enfin bref, ça lui apprendrait un peu à être pourri gâté et à quand même vouloir harceler les demoiselles. Car si son rat boudait, son maître Louis, lui, allait très bien. Il se sentait un peu débile de ne pas avoir pensé à l’éventualité d’un sortilège pour réchauffer un manteau –il faisait décidément un très mauvais Sang-Pur - mais la petite blague de Lidwine l’avait mis … Heum, l’avait conforté dans sa bonne humeur. Bon, c’était peut-être un peu moche de juger les gens sans les connaître, mais il ne s’y était pas attendu de sa part, et le petit pouffement de rire qu’elle lui avait soutiré n’en avait été que plus agréable. Hé, il fallait se méfier des gens timides. Certains balançaient du lourd, niveau humour, dès lors qu’on les mettait suffisamment à l’aise pour leur délier la langue. Et les Serdaigles n’étaient pas les derniers, il n’y avait qu’à entendre les saillies que lui mettait en pleine face son pote bleu et bronze. Enfin en l’occurrence, Lidwine n’en était pas encore au sarcasme affectueux, mais qui sait ? Peut-être un jour.

Pour le moment, on allait miser petit, hein. Il tira le fameux paquet de Chocogrenouilles de son sac, l’ouvrit d’un coup de dents bien placé comme l’immense bourrin qu’il était, puis laissa galamment sa camarade se servir, secrètement très fier de son coup. Il y avait peu de choses qu’il jugeait universelles, dans la vie, mais le rire et le manger en faisaient assurément partie, et proposer à la ronde des trucs à grignoter faisait partie de ses innombrables techniques pour se faire bien voir de ses semblables. Techniques à adapter à son public, évidemment, mais dans le cas présent … Il ne savait pour ainsi dire rien de son public. Aussi fallait-il savourer les sourires et les petites victoires une par une. Son rat lui ayant fait perdre des points en matière d’ambiance, le chocolat rattrapait un peu le frisson de dégoût qui avait agité la petite poursuiveuse. Ça … Il oubliait souvent que tout le monde n’était pas aussi gaga des animaux que son meilleur ami. Et s’il jugeait monnaie courante de laisser son rat se balader entre manteau et t-shirt, il fallait croire que tout le monde ne trouvait pas ça aussi rebelle-cool. Enfin. Elle s’était vite reprise, une fois l’objet du délit perdu dans les replis de vêtements, et il n’y avait pas particulièrement de tension dans l’atmosphère non plus… Il attrapa à son tour un Chocogrenouille, le fit rentrer entier dans sa bouche, se fit la réflexion qu’il devait présentement ressembler à un hamster, puis convint que s’empêcher de parler pendant une petite minute ne ferait pas de mal aux oreilles de son interlocutrice.

Pour l’heure, il profita du silence, jetant de temps à autres de petits regards curieux à Lidwine qui mangeait indéniablement plus gracieusement que lui. Ce petit moment volé tous les deux lui rappelait à s’y méprendre leur collision dans le lit d’un inconnu. Les mêmes émotions lui venaient, quoiqu’il n’ait plus l’angoisse de se faire choper. Il lisait les mêmes choses dans ces grands yeux bleus, même si pouvoir observer son visage à la lumière du jour était un luxe qu’il n’avait pas eu la première fois. Et surtout, surtout, s’il en avait douté il en était maintenant sûr, elle le calmait. Il n’éprouvait pas ce besoin irrépressible de l’impressionner, ou de la faire rire, ou même de lui soutirer des petites marques d’attention comme avec d’autres. Elle était juste … là. Et il se sentait bien. Bon, après, s’il pouvait effectivement la faire rire, il ne cracherait pas dans la soupe, hein. Mais il n’angoissait pas sur ce qu’elle pourrait bien penser s’il faisait une chose ou une autre. Elle l’avait laissé s’asseoir, validant sa présence à sa manière, et ça lui suffisait.
- Gnémarran, jépaducoupeurduchilencheaveckoua.

… Voilà qui n’était guère concluant. Quelle idée, de tenter de parler la bouche pleine, aussi. Fallait croire que ses leçons de bonne conduite étaient trop anciennes pour lui revenir en tête avant de manquer de cracher des miettes de chocolat sur la neige. Il y eut un instant de lourd silence, durant lequel il se demanda comment réagir, croisant le regard de sa copine de banc, puis les vannes s’ouvrirent toutes seules, et il pouffa de rire. Il fallait noter que le fait de rire la bouche pleine n’aidait pas à garder le chocolat en bouche, là où il devait l’être, et que la situation n’en était que plus dure à contrôler. En somme, plus il gloussa dans sa manche, plus il eut du mal à ne pas crachoter partout, et plus il gloussa dans sa manche. Croiser le regard de la blondinette ne l’aida en rien, et il finit par en être réduit à devoir tousser la fin de son Chocogrenouille dans un mouchoir. Classe en toute circonstance, Lou, ça, c’était flagrant. Libéré d’entraves, il put enfin laisser éclater un rire retentissant. Aah… Pour un peu, il en aurait pleuré.
- Ha… haha. Désolé. Désolé, je disais un truc super profond en plus pour une fois, je disais : c’est marrant, je n’ai pas peur du silence quand je suis avec toi. J’ai été … J’ai été un peu distrait par ma propre classe naturelle.

Il expira profondément, encore secoué par quelques rires résiduels, et se frotta les yeux en souriant, ignorant royalement le chatouillement des petites pattes de son rat sur ses côtes – lequel rat avait décidé de se cacher dans une poche parce que décidément, son humain remuait beaucoup trop pour être confortable.
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Lidwine M. Storm

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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Dim 22 Juin 2014, 01:58

Ah, il appréciait sa timide touche d'humour, c'était bon à savoir non ? Peut-être saurait-elle en retenter d'autres plus tard. Quoiqu'il en soit, l'instant était plutôt agréable si on omettait l'apparition surprise du rat. Louis laminant l'emballage du paquet de chocogrenouille était une vision assez drôle pensa-t-elle un instant avant de se servir délicatement et de faire sa fête à l'animal chocolaté tout en finesse. Rien à voir avec... l'énergumène à ses côtés. D'abord silencieux, bien qu'apparemment bien occupé avec son batracien, il échangea quelques regard avec elle. Elle qui n'avait pas avalé d'un coup tout le chocolat. Elle qui avait un peu de chocolat à la commissure droite des lèvres mais qui savourait la friandise. Elle était bien, là, en bonne compagnie. Même si elle ne l'avait pas demandé, elle était plutôt contente qu'il ai osé venir troubler sa solitude.

- Gnémarran, jépaducoupeurduchilencheaveckoua.

Le baragouinement qui s'échappa de la gorge du gryffondor fut si soudain et incompréhensible qu'elle pouffa légerement de rire tout en mettant sa main devant sa bouche. Pas qu'elle veuille se moquer, mais il fallait avouer que quoi qu'il ai voulu lui dire, elle n'avait strictement pas pigé un seul mot ! La voilà presque désolée, un petit sourire vraiment navré faisant face au jeune homme. Lui demander de répéter ? Vu la bouche pleine qu'il se trimballait encore, pas de risque que ce soit plus audible. Autant lui laisser le temps d'avaler sans s'étouffer avant d'avoir des explications plus claires. Contre toute attente, ce fut d'abord un rire qui se répercuta en écho au sien, bien moins timide, bien moins discret. Oui, décidément ils étaient vraiment bien différent. Étrange qu'ils se sentent si bien ensemble, sans dire grand chose finalement. Ce qui aurait pu être, en toute autre circonstance une scène particulièrement gore, était juste marrante. Bonne enfant. Elle se prit d'un fou rire, alors que lui luttait pour garder le plus de chocolat dans la bouche. C'était un truc bête, c'était un truc idiot... mais un fou rire n'avait pas de raison, et le simple croisement de prunelles relançait la machine. Qu'est-ce que ça détendait de rire un bon coup. Classe, vraiment. Heureusement qu'il ne s'étouffa pas en plus de cela. Pfiouuu.

Le calme revint, encore plus détendu. Elle avait delassé ses jambes, les abdos douloureux d'avoir trop rit et elle s'appuya sur le dossier du banc en étendant ses jambes devant elle. Elle était bien.

- Ha… haha. Désolé. Désolé, je disais un truc super profond en plus pour une fois, je disais : c’est marrant, je n’ai pas peur du silence quand je suis avec toi. J’ai été … J’ai été un peu distrait par ma propre classe naturelle.


« Pas de souci... merci. De ? de l'avoir fait rire en manquant de s’étrangler ? oui, entre autre. ça lui avait échappé, mais elle avait voulu le dire sans pouvoir vraiment expliciter le pourquoi. De lui avoir confié, un peu maladroitement, son sentiment ? Elle en était flatté et on pouvait le voir à son regard fuyant et ses joues un peu plus rosies que par simplement le froid. Tu n'aimes pas le silence ? » essaya-t-elle d'énoncer, histoire de relancer la conversation. Ses mains libres, puisqu'elle avait fini le chocogrenouille avant son fou-rire, étaient posées sur son ventre, immobile pour cacher son trouble. Pourquoi avec elle il le supportait ? Elle qui aimait le silence en général, avait du mal à comprendre totalement les sous-entendus de son compliment envers elle.

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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Mar 24 Juin 2014, 14:39

Le pur bonheur. La bouche enfin débarrassée de l’immense bout de chocolat qui venait de passer une petite éternité à tenter de l’étouffer et autres, Louis profitait en toute liberté du moment de calme après la tempête (de rire) qui s’était abattue sur ce petit recoin de Pré-Au-Lard. Pfiou … Un fou rire dévastateur avec quelqu’un qu’il connaissait à peine, sur fond de Chocogrenouilles et de neige immaculée, que demandait le peuple ? Surtout qu’il n’avait jamais entendu Lidwine rire auparavant, et eut l’impression d’apprendre quelque chose à son sujet. Bien sûr, il aurait pu la comparer à Kina. Il y avait un petit quelque chose, bien sûr, dans la manière dont les coins de leurs yeux se plissaient, et la façon dont leurs joues se soulevaient… Mais il ne voyait pas l’intérêt de remarquer tout ça. Ce qu’il nota était propre à Lidwine. Le son de son rire, discret, qu’il fallait tendre l’oreille pour déceler, léger comme un tintement de clochettes, qui s’enroulait dans l’air... Son petit mouvement du menton. Ce qu’elle faisait de ses jambes une fois son camarade sauvé de l’asphyxie. Hé hé. Plus ou moins consciemment, le jeune homme imita son mouvement et se cala au fond du banc pour profiter de l’instant. A la limite, Il préférait presque la minute qui suivait un fou rire au fou rire lui-même. Il avait une fascination spéciale pour les rires des gens, ce qui les rendait uniques, leurs musiques particulières, mais malgré tout … Cette minute de complicité toute simple, où les gens étaient encore liés par une magie mystérieuse, mais revenaient à eux-mêmes petit à petit, un large sourire encore sur le visage… Cette minute changeait tellement selon les rapports entre les gens. C’était une minute de relation humaine pure. Un afflux de joie.

Pour l’heure, cette minute était calme et simple, à l’image de Lidwine, vers laquelle il coulait un sourire hilare lorsqu’elle lui dit merci. Comme ça, de nulle part. Euh, de rien ? Il ne sut pas quoi répondre, et resta muet. Est-ce qu’il lui était si rare d’avoir un fou rire qu’elle en ressentait le besoin de l’en remercier ? Si tel était le cas, c’était bigrement triste. Mais peut-être était-ce sa petite confession qui était en cause. Bah … Il ignorait totalement de quoi il était réellement question, mais commençait à en prendre l’habitude. Ce n’était pas la première fois que les mots de la jeune Serdaigle lui passaient à côté. Mais elle ne s’attardait pas dessus, aussi laissait-il les choses qu’il ne comprenait pas lui échapper sans trop chercher. Après tout, ce qui le liait à la jumelle de Kina était mystérieux en soi-même. Ils ne se parlaient pas tellement. (Ou alors, pour sa part, c’étaient des phrases si vides de contenu qu’elles ne comptaient pas.) Ils n’avaient pas grand-chose en commun, et les quelques choses qu’ils avaient bel et bien en commun les éludaient tous les deux. Non, c’était … autre chose. C’était là. Silencieusement. Dans l’espace entre elle et lui. Peut-être parce qu’ils avaient été proches physiquement, il n’en savait rien.

La question qu’elle avait ajoutée lui rappela à quel point cette petite phrase qu’il avait glissée entre deux rires était le symptôme d’un problème profond. Le silence … Le silence et la solitude, même topo, non ? Même origine en tous cas. Pas besoin d’être psychomage pour décoder qu’une enfance enfermée entre quatre murs, à parler au chat pour tromper son ennui, l’avait rendu comme il était maintenant : si dépendant de la présence des gens, si bavard, si bruyant, à quémander de l’attention autour de lui comme si elle avait été sa seule manière de survivre. Ou d’exister. Il était tellement simple à comprendre, comme garçon, il en éprouvait une considérable exaspération. Fallait-il vraiment qu’il soit un livre ouvert à ce point ? Il lui semblait que n’importe qui pourrait le résumer en quelques phrases, quand bien même il était un être humain et que les êtres humains, c’était censé être complexe et fascinant. Mouais. Pour le côté fascinant, on allait repasser. Un grand Gryffondor cliché qui vivait par le regard des autres, paf, réglé, on avait fait le tour de la question. Il expira profondément, envoyant des volutes de buées qui allèrent se fixer sur les lunettes de Quidditch qui lui serraient le front.
- Non … Non, pas vraiment. Il n’y a du silence que quand je suis tout seul. Et j’aime pas être tout seul.

Il réalisa soudainement que c’était la raison pour laquelle il gardait toujours Rognon sous son manteau. Il n’y avait jamais pensé jusque-là. Oui … Oui, il faisait une présence, si petite soit-elle, contre lui. Il ne l’aurait avoué à personne, mais sans doute était-ce pour ça qu’il était triste lorsque son rat partait en vadrouille dans le château pour ne revenir qu’au petit matin. Pathétique, quelque part, non ? Il croisa le regard de la bleu et bronze, et les insultes qu’il formulait silencieusement contre lui-même cédèrent du terrain. Et voilà. Il ne comprenait pas. Elle n’avait même pas besoin de parler. Il n’avait même pas besoin de parler, lui, ce qui était sans doute bien plus impressionnant. Doucement, il tourna la tête vers elle, un peu gêné par ce qu’il venait de dire et qu’il jugeait absolument évident. Pourquoi en arrivait-il toujours à raconter sa vie et ses émotions secrètes, avec les Serdaigles, hein ? Entre Esca, Lidwine, Daniel – quoique d’une manière légèrement plus violente pour ce dernier – et son grand pote de toujours, ça allait de révélations en révélations. Sans doute qu’ils étaient tellement intelligents qu’ils lui tiraient les vers du nez sans qu’il s’en aperçoive. Enfin, encore, qu’il n’aime pas être seul, ça n’avait rien d’un scoop. Mais quand même. Il n’arrêtait pas de se mettre en position de faiblesse et la pensée l’agaça quelque peu.
- T’as du chocolat, là. … Ah, attends…

Qu’était-il en train de faire, au juste ? Essuyer le coin des lèvres de la blondinette du pouce restait relativement acceptable, même s’il se fustigerait plus tard de la toucher sans son accord. Par contre, son regard qui restait trop longtemps sur les lèvres en question, ça, ça sortait de nulle part. Il y eut un instant de battement, dans sa tête comme sur leur banc. La pensée de l’embrasser l’effleura. Mais pourquoi ? Il n’était pas attiré par elle, et il était prêt à mettre sa main au feu qu’elle ne le voyait pas de cette manière-là non plus. Non… Non, la vérité, c’était que leur relation était quelque chose d’autre, et que ne pas savoir quoi lui faisait peur. L’embrasser, là maintenant, ça aurait tout simplifié, tout ramené à des schémas qu’il connaissait si bien qu’ils en devenaient presque ennuyeux. Elle lui mettrait un pain, ou s’enfuirait, et il pourrait ranger ça dans les romances ratées, ce serait fini. Qu’est-ce qui lui prenait, d’un coup ? Ce n’était pas comme si les rapports complexes le rebutaient d’ordinaire, si ? … Peut-être bien qu’il n’était pas aussi courageux qu’il voulait bien le croire. Peut-être bien que cette histoire de jumelles le faisait flipper, aussi. Et il y avait le secret qui pesait sur eux deux, à cause de ça, justement. … Alors, qu’est-ce que ça serait, hein, Lou ? Plonger comme un gros lâche en terrain connu, ou accepter de continuer cette relation à laquelle il ne comprenait foutre rien mais à l’atmosphère si familière ? La tentation était là. Ce serait si facile… Il sentit ses doigts se détendre pour glisser sur sa joue. Il sentit son visage se rapprocher du sien. Il était un homme faible…

Mais pas au point de passer à l’acte, quand même, on n’allait pas pousser dans la connerie à ce point-là. Il était idiot mais pas stupide. Le baiser fit un petit bruit ridicule en s’écrasant sur le front de la jeune fille, et Louis sentit une vague de soulagement envahir tout son corps. Il était passé à quelques centimètres d’une immense, énorme connerie. (Et à quelques centimètre d’embrasser le bonnet plutôt que la peau de sa petite Serdaigle, mais ça, il s’en fichait.) Pfffouu… Il avait failli devenir le mec le plus nul du monde.

Depuis quand se laissait-il dicter sa conduite par la peur de ce que penseraient les autres, hein ? Depuis toujours, mais là n’était pas la question. Il était loyal, d’habitude. Il ne trahissait pas les gens juste parce que c’était une relation trop inédite pour lui. Putain, non mais Louis, quoi. Le mec le plus lourd du monde, le retour. Il pria en silence pour qu’elle n’ait pas compris la situation, et se dise juste qu’il avait hésité avant de lui planter un baiser sur le front. Roh là là, plus jamais il n’aurait ce genre de pensées, petite Lidwine, promis. Il était un grand connard mais le grand connard avait appris sa leçon, promis.

L’affection qu’il ressentait pour elle ralluma un feu au creux de son estomac, et il émit un léger rire avant de prononcer, sans vraiment y réfléchir :
- Désolé, je suis content d’être là, c’est tout. C’est bizarre, et je ne pige pas tout, mais c’est cool.

Si on omettait la crise cardiaque qu’il avait failli se causer à lui-même, bien sûr.
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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Sam 05 Juil 2014, 00:30

Bien loin d'avoir compris le quart de ce que Louis pouvait ressentir face au silence et a la solitude qui l'accompagnait souvent, elle avait posé innocemment la question, juste pour savoir. Juste pour parler... alors que jusque ici, ils ne parlaient que peu tous les deux ensemble. La première fois ils avaient beaucoup plus dormi il est vrai. Quoiqu'il en soit, elle était loin de se douter de ce qui pouvait bien se passer dans la tête de son interlocuteur. La réponse mis quelques secondes de plus à arriver, et encore une fois, ce silence à elle ne l'incommoda pas.

- Non … Non, pas vraiment. Il n’y a du silence que quand je suis tout seul. Et j’aime pas être tout seul.
« Oh... »

Elle ne sut quoi dire d'autre. Elle avait souvent été pas assez seule. Pas assez unique... du coup elle aimait la solitude, le fait de se retrouver volontairement seule, en haut d'un arbre ou des gradins de quidditch. Elle se sentait tellement étrangère a ce qu'il disait, qu'elle ne savait pas quoi dire. Pathétique. C'était pas censé être les serdaigle les intelligents, ayant un conseil ou une réplique pour tout ? Ce n'était clairement pas le cas de la blondinette. Loin de là. A nouveau le silence. Puis un croisement de regard, qui dura sans qu'elle ne détourne les prunelles aussitot comme à son habitude. Elle devenait un peu plus douée chaque jour, depuis l'entrevue de l'infirmerie avec Micah Stone. Bien qu'en cet instant, il n'y avait pas la même tension qu'alors entre les deux protagonistes. Le contact se perdit puis de nouveau il tourna la tête vers elle. Toujours les mains sur son propre ventre, elle resta immobile alors qu'il lui intima d'attendre. Du chocolat ?

Oh...

Cette fois, ce ne fut qu'une pensée dans sa tête, alors que délicatement elle sentait le doigt de Louis frôler sa peau à la commissure de ses lèvres. Elle n'avait pas bougé d'un centimètre, comme figée. Pas de peur, simplement de surprise. Pas désagréable pourtant, même s'il empiétait son espace vital. Ce que en temps normal elle supportait mal de la part d'une simple connaissance. Le doudou de remplacement pouvait prétendre à être plus que cela. Après tout, ils avaient passé toute une nuit enlacés... Niveau espace vital piétiné, elle avait été la première à lancer les hostilités.

L'instant sembla pourtant durer un moment. Lidwine, bien que très naïve, ne put s'empêcher de remarquer cette même lueur dans le regard de Louis. Elle l'avait déjà vu, dans celui du serpentard, avant qu'il ne l'embrasse dans l'infirmerie, l'année précédente. Elle avait très peu -voir carrément pas- d'expérience de ces choses là, de point de comparaison. Cependant, il ne fallu pas plus pour que son coeur s'emballe et sa tête se vide complètement. Enfin, pas tout à fait complêtement. Une seule question tournait : est-ce bien ce que je crois que c'est ? Et elle restait là, immobile. Attendant, sans savoir si elle le voulait ou non. Stupide enfant. Son esprit se vidait lentement de toute pensée cohérente. C'était à la fois reposant, et flippant.

Le temps semblait comme suspendu entre eux, défilant au ralenti. Embrassera ? Embrassera pas ? La timorée sentit son coeur s’accélérer, puis louper des battement alors que Louis paraissait tout aussi indécis qu'elle. Sérieusement, ça allait compliquer les choses s'il en venait à faire... ça ! Il ne pouvait pas non ? Elle n'avait pas laissé croire que ? Elle n'en avait pas l'impression, et pourtant... Elle ne savait pas si oui ou non, elle l'aurait espéré. Elle ne savait d'ailleurs plus grand chose alors qu'elle sentait les doigts chauds du gryffondor parcourir sa joue délicatement. Que faisait-il ? Et pourquoi ne réagissait-elle pas ? Au lieu de ça, elle ferma les yeux, attendant, alors que son coeur semblait vouloir sortir de sa poitrine et que tout son corps était tendu comme un arc prêt à tirer une flèche.

Qui, heureusement, ne parti pas. Soulagement. C'est ce qu'elle ressenti immédiatement alors qu'il déposait un bisou sur son front. Tout comme lui, sans le savoir. Non, ils n'étaient pas fait pour ce genre d'histoires de coeur, c'était un fait. Elle s'en rendit compte en rouvrant les yeux, et croisant ceux du blagueur. Il allait la rendre cardiaque s'il s'amusait à ça ! Bien évidemment, elle avait les joues qui avait rougi, et une légère gêne s’immisça encore quelques instants dans son être. Oui, ça aurait compliqué les choses. Elle préféra jeter un instant son regard d'eau vers l'horizon blanc pour retrouver la sérénité qu'elle avait eu quelques instants plus tot. Toujours a moitié avachie sur le banc, mains croisées sur son ventre.

- Désolé, je suis content d’être là, c’est tout. C’est bizarre, et je ne pige pas tout, mais c’est cool.

Elle en aurait presque sursauté tant elle se concentrait pour ne plus cogiter sur les éventuelles répercussions qu'il aurait pu y avoir si par mégarde il avait osé l'embrasser. Conjecturer sur quelque chose qui n'aurait pas lieu n'était nullement productif, elle le savait bien. Elle soupira, se trouvant bien idiote de se monter le bourrichon si vite et pour si peu. Un instant de trouble et la voici parti au quart de tour. Elle sourit, sans tourner la tête vers lui, et acquiesça, instinctivement :

« En effet... bizarre mais cool. » Elle sentait son corps qui se détendait à nouveau, et son esprit se calmer. Elle resta peut-être silencieuse quelques secondes pour savourer, mais se rappela bien vite que le silence n'était pas le fort de son nouvel ami, si l'on pouvait qualifier cette relation d'amitié. Elle enchaîna avant qu'il n'ai pu reprendre la parole : « Tu sais, je me glisse pas dans le lit du premier venu... mais je trouve ça cool que... que toi oui. » Ou comment dire, de manière un peu détourné et avec une pointe de taquinerie sur la fin, qu'elle était plutôt heureuse que Louis se soit trouvé dans le lit d'Esca cette nuit là, et qu'elle ai pu faire sa connaissance même si les circonstances étaient plus qu'inhabituelles. Et que finalement, ils commençaient à peine à se connaitre... alors qu'elle avait l'impression que c'était normal. Merde ! Louis Hawthorne quand même ! Le gardien de gryffondor super populaire, et ami de sa soeur ! C'était pas rien quand même ! Elle ne devait pas réaliser, c'était la seule explication à son attitude si naturelle...

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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Mer 09 Juil 2014, 23:39

Elle savait ce qu’il avait fait. Enfin, failli faire. La façon dont elle avait fermé les yeux, à attendre l’issue du débat intérieur qui agitait son quasi-agresseur, ne laissait aucun doute possible. (Ses prières avaient dû passer à côté des autorités.) Putaaaain… Comment toujours tout gâcher, par le descendant de la lignée Hawthorne, bientôt chez Fleury & Botts. Au moins, les rôles s’étaient inversés : c’était maintenant lui qui attendait son bon vouloir à elle. Dans la grande balance de l’univers et toutes ces histoires de karma, ça pouvait compter un petit peu, non ? Il jeta un œil coupable à Lidwine, qui fixait la neige. Le soulagement de ne pas avoir commis l’irréparable – non, il n’exagérait pas du tout – avait laissé place à une bouffée de honte, à présent, et il craignait de l’avoir blessée. Il la savait … Il la pensait fragile. Alors se faire agresser le visage par un grand pignouf de deux mètres de haut, il devait y avoir mieux pour se sentir à l’aise.

Il n’eut cependant pas le temps de se sermonner plus avant, qu’elle reprenait déjà la parole, en écho à sa propre phrase mal fichue. En … En effet ? Il se berçait peut-être d’illusions, mais ça voulait dire qu’elle ne lui en voulait pas, l’un dans l’autre, pas vrai ? Il se laissa retomber en arrière, coulant presque sur le dos du banc, et expira profondément. Cette manie qu’avaient les gens autour de lui de lui passer toutes ses conneries était décidément bien pratique. Un sourire revint se loger sur ses lèvres. Bien que … Dans la situation actuelle, il doutait fortement que la miséricorde de la blondinette ait quoi que ce soit à voir avec son indécrottable charme. Non, non, là … Là, c’était plus qu’elle comprenait, non ? Il était toujours un peu hasardeux de prétendre ressentir la même chose que quelqu’un d’autre, et il en avait déjà fait les frais, mais encore une fois, avec cette fille… Il avait l’impression qu’elle acceptait que ce baiser dérapé avant impact avait été nécessaire. Un passage obligé, histoire de faire un peu le ménage dans les sentiments et les craintes avant de continuer, quoi. Mais peut-être se racontait-il juste des histoires pour se rassurer, il l’ignorait.

Pour l’heure, il entreprit de mettre l’une des frangettes de son écharpe dans sa bouche, reprenant sa quête perpétuelle de trucs à mâchouiller. Qu’il n’interrompit même pas pour écouter ce qui lui disait sa compagne de banc, trop passionné par ses propres pitreries pour ne pas faire les deux en même temps. Il crut d’abord qu’il s’agissait d’une remise au point pudique quant à la nuit qu’ils avaient passé ensemble, aussi haussa-t-il négligemment les épaules à la première partie de la phrase… Puis la deuxième partie arriva à ses augustes oreilles, et il recracha le bout de tissu d’un rire étouffé. Quoiii ? Peut-être était-ce parce qu’elle le prenait toujours par surprise qu’il marchait toujours aussi complètement.
- Héééé, dis donc, tu serais pas en train de me traiter de grosse traînée, mine de rien ? Bon, t’aurais raison, sans doute, mais quand même, je suis très vexé.

Particulièrement taquin, il fit semblant de bouder pendant quelques secondes, air ronchon et bras croisés, puis retourna à la jeune fille un sourire rayonnant. Il n’était pas sûr de bien piger ce qu’elle voulait dire par là, à vrai dire. Elle trouvait cool qu’il s’approprie les lits des honnêtes gens ? C’aurait bien été la première fois qu’on lui sortait un truc comme ça. Ou bien y avait-il quelque chose de plus subtil, là-dessous ? Incapable de bien saisir toute la portée de ce qu’elle cherchait à lui dire, le jeune homme choisit de contourner un peu la question. Raah, pourquoi était-il aussi bouché, comme garçon, hein ? C’était un véritable handicap dans les rapports humains.
- D’ailleurs, à ce sujet, je crois que j’ai jamais aussi bien dormi que cette nuit-là. Tu veux pas contacter le type en question, lui dire de s’absenter une nuit ou deux … ?

Si dans le ton, il mettait tout l’humour dont il était humainement capable, sur le fond … Il aurait effectivement bien aimé. Car si Kina subvenait à ses besoins d’affection les plus urgents, la nuit … La nuit était toujours le pire moment de la journée. Son cerveau trouvait toujours des sujets sur lesquels le tourmenter, des tournures de phrase à tourner et à retourner dans sa tête, des peurs justifiées ou non pour le paralyser sur place… Lors de moments pareils, même son corps le trahissait. Pas au point de faire des crises d’angoisses ou de mal respirer, encore, mais … Parfois, son souffle tremblait. Parfois, il devait tenter toutes les positions possibles et imaginables avant d’oser fermer l’œil. Parfois il se réveillait couvert de sueur et cherchait désespérément quelqu’un à serrer contre lui, avant de se souvenir qu’il avait dix-neuf ans, plus quatre, et qu’il n’avait de toute façon jamais osé réveiller ses parents pour un cauchemar. Mais il n’aurait jamais avoué ce genre de choses à qui que ce soit, et jusqu’ici mêmes ses camarades de dortoirs n’avaient rien remarqué d’anormal. Tant mieux, sans doute. S’il pouvait dissimuler ses côtés les plus pathétiques à la vue du monde, il n’allait pas s’en priver.
- Hey, Loustic, tu comptes ramener ton joli petit cul à l’intérieur un jour, ou tu préfères harceler mes camarades de Maison ?

Louis roula des yeux. Il l’avait presque oublié, celui-là, tiens. Adossé bras croisés à l’encadrement de la porte du pub, Aaron, le fameux grand pote bleu et bronze de notre Lou national, dardait sur eux son habituel regard perçant. Pfff, il ne pouvait pas s’empêcher de faire des entrées remarquées, celui-là, hein. Parce que ça ne suffisait pas d’avoir un physique de grand mannequin brun aux yeux bleus et de se pavaner en veste de cuir, il fallait aussi saisir toutes les occasions d’accabler le monde de ses sarcasmes, bien sûr. Oubliant Lidwine l’espace d’un instant, le Gryffondor retrouva ses réflexes propres à Aaron, et se redressa presque instantanément pour lui adresser une moue faussement attendrie, et beugler une réponse en retour.
- Oh, quoi, je te manque tant que ça ? T’as besoin d’un adulte pour commander une bière ?

Il regarda le Serdaigle pousser un soupir excédé avec un plaisir non dissimulé. Hé hé. Sa relation avec ce grand échalas arrogant pouvait parfois laisser les gens perplexes. C’était … C’était l’anti-Jeremiah, quoi. Là où Louis et Jerem’ se balançaient des fleurs et de l’affection à n’en plus savoir que faire, Louis et Aaron, en revanche, s’en envoyaient plein la gueule à longueur de journée. Et s’appréciaient autant sans doute précisément pour cette raison.
- T’as deux minutes avant de devoir régler mon ardoise, Hawthorne. Deux. Minutes.

Et, aussi vite qu’il était apparu, le trouble-fête disparut de nouveau dans le pub, laissant derrière lui une légère gêne. Enfin, ce fut du moins ce que ressentit le Hawthorne en question vis-à-vis de la jeune fille qui l’accompagnait. A partager ces petits moments avec elle, il en avait oublié que ce n’était pas elle qu’il était venu voir, à la base, et s’en rendre compte aussi brutalement soulevait des questions auxquelles il n’avait jusque-là pas réfléchi. Comme le fait qu’ils devraient toujours se voir entre parenthèses, plus ou moins en secret, comme si ç’avait été un peu honteux, pour ne pas causer de crise diplomatique avec Kina. Ou le fait qu’il se comportait très différemment avec elle et avec d’autres, comme ç’avait été le cas avec Aaron. Pourrait-elle supporter d’apprendre à le connaître dans le calme et le silence, pour ensuite croiser une personne totalement différente dans les couloirs ?

Il hésita. Devait-il rester, partir, l’inviter à le suivre dans le pub ? …Probablement pas, elle aurait sûrement été mal à l’aise au milieu de toute cette testostérone. Et niveau discrétion, ça n’aurait pas été très intelligent non plus… Mais pourquoi devaient-ils se cacher, déjà ? Comment Kina, sa Kina d’amour, qui cachait des montagnes de tendresse sous une grande gueule, pouvait-elle détester sa timide jumelle au point de les contraindre au sceau du secret ? Pourquoi ?

Voilà bien quelque chose qu’il ne se sentait prêt à aborder ni avec l’une, ni avec l’autre …

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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Mar 15 Juil 2014, 15:42

Ce qui était marrant avec Louis, c'était sa spontanéité. Enfin, marrant et en même temps super dérangeant pour son exact opposé. Bon, elle ne pouvait pas nier qu'elle avait cherché à le taquiner... mais la réussite de l'expérience dépassa largement ses espérances et eu le don de la faire rougir. Si elle n'avait pas été aussi coincé socialement, elle aurait surement rigolé de ce recrachement de tissus suivi de cette remarque outrée. Cependant, elle n'était pas comme ça. Avait-elle seulement sous-entendu ça ? Pas consciemment, à aucun moment et même si ça aurait pu être le cas, elle n'avait pas l'esprit aussi fourbe. Son naturel revenant au galop, elle hocha la tête négativement pour réfuter une telle pensée.

« Pas.. pas du tout ! Je... »

Voilà qu'il boudait, et qu'elle se sentait mal de ce fait. Si lui marchait toujours, elle n'était pas mieux. Même si très vite elle compris qu'il lui rendait la monnaie de sa pièce en exagérant. Dès le moment où elle aperçut son sourire. Pfffff, stupide gryffondor... mais elle l'avait pas totalement volée celle-là. Son visage refléta sa capitulation dans un petit sourire désolé.

- D’ailleurs, à ce sujet, je crois que j’ai jamais aussi bien dormi que cette nuit-là. Tu veux pas contacter le type en question, lui dire de s’absenter une nuit ou deux … ?

Même si elle perçut l'humour, elle même aurait bien voulu cela possible. Pourquoi ? Aucune idée, peut-être le côté interdit, secret ou intime de la confidence. Si elle avait su que ses deux doudous actuels se connaissaient et s'appréciaient. Et eux, s'ils l'avaient su, cela aurait-il pu gacher leur entente ?

« Je ne sais pas si Es...
- Hey, Loustic, tu comptes ramener ton joli petit cul à l’intérieur un jour, ou tu préfères harceler mes camarades de Maison ? »

Elle n'eut pas le temps d'en dire plus, et peut-être heureusement. Elle sursauta à cet éclat de voix soudain, un peu plus lointain et pourtant parfaitement audible. Une voix qu'elle connaissait. Aaron. Elle s'empourpra nettement, d'autant plus en l'entendant la citer comme étant de sa maison. Et soudain, elle réalisa. Ils faisaient bien parti de deux mondes différents, et avec tout ça elle l'avait presque oublié. Le gryffondor était de celui des gens populaires, comme Aaron. Et savoir que ce dernier la repérait directement comme étant une serdaigle avait de quoi la chambouler pour une bonne journée au moins ! Elle n'eut même pas la présence d'esprit de se rappeler son écharpe aux couleurs de ladite maison qui aidait. Bref, elle restait une gamine timide, un peu trop influençable et surtout éblouie par tout ce qu'elle ne pensait pas être. Elle s'était redressée en sursautant, et ne savait plus où se mettre alors que le brun à ses côtés répondait sur le même ton à celui de l'autre coté de la rue. Elle observait le ping pong en se faisant toute discrète. Comme elle avait toujours si bien su le faire.

- Oh, quoi, je te manque tant que ça ? T’as besoin d’un adulte pour commander une bière ?
- T’as deux minutes avant de devoir régler mon ardoise, Hawthorne. Deux. Minutes.

Et plus d'Aaron. Du coté de Lidwine, ce n'était plus de la gêne à ce stade. Elle était carrément et totalement interdite. Elle avait eu l'impression d'être dans une autre dimension l'espace d'un instant. Elle n'avait pas la bouche ouverte et les yeux rond mais l'idée était proche de son expression actuelle. Elle ne savait plus trop quoi penser. Le silence s'installa une quinzaine de secondes avant qu'elle ne reprenne pied sous le regard du gryffondor. Son air interrogatif la sortit de sa légère torpeur, et son cerveau se remit en marche tout aussi vite.

« Je... Vas-y, y'a pas de problème. Je comptais pas trop tarder de toute façon... s'empressa-t-elle de dire avec un sourire doux et sincère. »

Et c'était presque vrai, c'était son programme à la base, un programme qu'il avait un peu perturbé et qu'elle aurait bien aimé continuer certes. Cependant ce n'était pas plus mal. Ce n'était pas le moment, et ils n'avaient peut-être pas grand chose en commun en fait. Comme pour inciter le jeune homme à ne pas s'inquiéter pour elle, elle se leva, prête à partir dans l'autre sens, direction le château de Poudlard.


HJ:
 

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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Mar 22 Juil 2014, 02:35

C’était fini. Inutile de lutter, Aaron avait brisé la magie, et il la sentait de nouveau loin de lui, à des kilomètres de lui, dans un autre univers. Le lien qu’il y avait entre eux, tout fragile et tout timide, s’était évanoui dans la timidité naturelle de Lidwine et dans les gestes précautionneux qu’elle faisait pour signifier son départ imminent. Non … Non, ce n’était pas juste. Ils étaient sur une bonne voie … Ils construisaient quelque chose, aussi mystérieuse soit la chose en question. Comment une relation aussi évidente pouvait-il être aussi fragile ? Incertain de la conduite à tenir, il remua un peu sur le banc, sans réussir à se décider entre se lever et rester assis. Le truc… Le truc qui lui faisait un peu mal, dans cette affaire, c’était que s’il se levait et qu’il la laissait partir comme ça, comme elle prétendait le vouloir, il n’était pas sûr qu’il y ait une prochaine fois. Parce qu’il avait beau prendre la parole plus souvent et rythmer l’échange de ses pitreries, il ne s’y trompait pas : c’était elle qui tenait les rênes, là-dedans. Elle qui choisissait de bien vouloir l’écouter, elle qui laissait ou non l’intimité s’installer, elle qui pouvait se refermer comme une huître et tenter de toutes ses forces de se faire oublier lorsqu’elle n’avait plus envie de participer à la situation.

Comme lorsque ce foutu Serdaigle s’était immiscé dans leur moment avec la subtilité d’un dragon ivre. Il ne l’avait pas remarqué dans l’instant, trop occupé à trouver une parade aux habituels persifflages de son brillant crétin d’ami, mais à la seconde où il avait refermé la porte du pub, son esprit était revenu à Lidwine … Et le contraste était saisissant. Il ignorait si c’était la présence d’Aaron, ou la tendre brutalité avec laquelle ils se parlaient, mais en tous cas, ça avait littéralement décomposé le peu d’assurance qu’avait gagné Lidwine durant les quelques minutes en sa compagnie. Tout ça, c’était de la faute de ce crétin continental de bleu et bronze. Oh, il savait très bien avec quel genre de réplique il allait l’accueillir tout à l’heure, en plus. « Alors, je t’ai cassé ton coup ? Tant mieux pour elle, sans doute. » A un ou deux mots près, ça allait être ça. Et … Et ça n’aurait pas été complètement faux, même si Lidwine était loin d’être un « coup ». N’empêche qu’il voyait mal comment rattraper … Bah, euh, le coup, paradoxalement. Parce qu’il n’avait vraiment pas envie de laisser cette jolie … Amitié ? Si c’était bien ça ? Cette complicité naturelle. Cette évidence … lui filer entre les doigts. Ça lui faisait encore un peu peur, bien sûr, et le Louis qui avait failli embrasser Lidwine pour s’éviter des embrouilles futures lui intimait encore de lever ses fesses et de la quitter sans protester. Mais il n’aimait pas ce Louis-là, et il avait décidé depuis l’accident évité de justesse de l’ignorer royalement. Aussi se leva-t-il d’un bond pour retenir doucement la jeune fille par le bras.
- Attends.

C’était la deuxième fois qu’il prononçait ce mot, et la première l’avait mené tout droit dans une immense connerie… Il avait intérêt à faire mieux, cette fois. Mais il ne vit aucune raison de retirer la tendresse qui avait déjà teinté ce mot la première fois. Surtout qu’il aimait bien la douceur qu’adoptait sa propre voix lorsqu’il lui parlait… Comme si tout en lui devenait plus calme, que sa propension naturelle à gueuler et à rire fort s’oubliait dans des sons plus subtils. Ceux d’un grand frère qu’il n’avait jamais été, ou d’un petit macho qui pouvait arrêter de faire semblant d’être infaillible pendant quelques secondes de sincérité… Parce que oui, maintenant qu’il y pensait, c’était aussi la voix qu’il avait lorsqu’il câlinait Kina. Il aurait pu avoir honte que quelque chose en lui confonde les jumelles Storm, mais il n’y vit que la preuve d’une infinie tendresse pour l’une et l’autre.
- On … On refera, ça ? Je veux dire, toi et moi ?

Histoire de ne pas la fixer comme un gros malappris, il examina ses pieds, lesquels ne lui apprirent rien de nouveau, puis se gratta rêveusement la nuque. Où était passé Rognon ? Ah oui, il roupillait dans sa poche gauche. Pas d’incident diplomatique à craindre de ce côté-là… Et si elle disait non, tout simplement ? Au moins, il saurait pourquoi… La pensée lui envoya une décharge le long du dos, et il ne put s’empêcher d’ajouter, un peu maladroitement à son goût :
- Je te promets, j’essaierai pas … Je tenterai plus … Enfin, j’ai bien compris qu’on…

Il soupira profondément. Il avait voulu rectifier le tir, mais il sentait bien qu’il s’enfonçait joyeusement, alors il se contenta de plonger son regard dans le sien avec un petit sourire contrit, pour résumer d’un pudique :
- … Tu sais.

Oh oh, ça dérapait de nouveau. Enfin, ce n’était pas nécessairement mal, cette fois, mais il venait de lui adresser un regard par en-dessous ponctué d’une petite moue charmante qu’il réservait en général aux filles qu’il voulait culpabiliser. Surtout celles qui venaient de lui dire non à un rencard, et qu’il arrivait à attendrir au point de changer le « non » en « peut-être un jour si t’es sage ». Un œil aiguisé aurait d’ailleurs aisément pu faire la comparaison avec certaines techniques de son meilleur ami pour attendrir les gens (notamment celle qu’il avait utilisé sur Lidwine lors d’un certain petit-déjeuner, mais ça, Louis l’ignorait) … Mais rien d’étonnant à cela, étant donné qu’ils se côtoyaient parfois jusqu’au mimétisme, et s’inspiraient effrontément des petites combines de l’autre. Non, non, ce qu’il y avait d’étonnant là-dedans, et qui traversa l’esprit du Gryffondor, c’était plutôt qu’il ressente le besoin de faire du charme à Lidwine. Genre, presque consciemment. Quoi, était-il un poisson rouge ? Etait-il juste condamné à faire les mêmes erreurs en boucle sans jamais apprendre quoi que ce soit ?

Pas forcément … Il sentait confusément qu’il n’avait pas franchi de limite, cette fois-ci. Aucune drague là-dedans. C’était plutôt … Sa manière de communiquer. De résoudre les problèmes. De se battre pour quelque chose d’important. Comme quoi, elle continuait d’avoir l’ascendant sur lui, mine de rien. Il était peut-être là là à la supplier de toutes les forces de ses grands yeux marron, mais elle déciderait.

Ce serait toujours à elle de décider.
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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Jeu 24 Juil 2014, 14:41

Alors que la demoiselle s'apprêtait à partir, elle fut retenu par le bras et se retourna vers ce grand dadais qui tenait son poignet. Si fin dans une si grande main, elle se sentait vraiment petite à l'instant. Frêle. De ses yeux d'eau elle le fixa, interrogative et légèrement anxieuse. L'arrivée d'Aaron avait clairement cassé la magie, et pas qu'un peu. La timidité était revenue au galop, proportionnellement aussi vive que ce serdaigle l'impressionnait. Lui faisait peur. Un genre d'attraction mauvaise, comme un papillon face à une flamme. L'ironie voulait que son meilleur ami James l'appelle Papillon, comme quoi. Il devait l'avoir mieux compris qu'elle même se comprenait. Quoiqu'il en soit, par extension, Louis était redevenu à ses yeux "le type qui connait...", et qui donc potentiellement était tout aussi dangereux pour elle. Enfin non, pas tant, Aaron battait des records de ce coté là, comme la plupart des mecs un peu mauvais genre de l'école. Louis heureusement n'avait pas cette aura, ça le sauvait un peu. Mais il connaissait... Aaron, Jeremiah, sa jumelle... Tout était revenu à l'esprit de la blondinette.

Elle attendit, comme il le lui avait à nouveau demandé.

Bon, évidemment dire qu'elle n'avait pas en tête la tentative avorté et ne craignait pas qu'il veuille recommencer était un mensonge. Cependant, le choc Aaron était bien plus oppressant dans son esprit que ce bisou raté.

- On … On refera, ça ? Je veux dire, toi et moi ?

Le ton était sincère, et la phrase dénué de double sens, à priori. Et l'attitude du valeureux gryffondor qui fixe ses pieds -ce qu'elle fit par mimétisme sans s'en rendre compte- l'amusa. La précision d'autant plus, et calma ses angoisses quelque peu. Finalement, ce Louis là restait sympathique. Le voir hésiter, chercher ses mots. Cela le rendait humain, accessible. C'était bête comme vision du monde, mais elle ne pouvait s'empêcher de le voir comme ça. La perfection n'existait peut-être pas, cependant certains s'en rapprochait plus que d'autres, et ceux là elle se pensait bien trop imparfaite pour les côtoyer. CQFD. Ainsi, le regard et le sourire du brun finirent de lui faire choisir si oui ou non, lui et elle comme il disait. Elle savait.

Un sourire, un hochement positif et elle ne fit pas durer le suspense plus de quelques secondes. Difficile de toute manière vu le coup tout aussi vil que celui que lui avait fait l'autre meilleur ami de sa soeur quelques mois plus tôt pour la convaincre d'un pique nique. La menace en moins. Pas étonnant que les deux s'entendent, pensa-t-elle l'espace d'une demi-seconde.

« Pourquoi pas, oui... » répondit-elle audiblement mais avec cette pointe de timidité revenue, et sans autre précision. Elle ne s'imaginait pas un instant devoir convenir d'une date pour un rencard. Leur rencontre avait été par deux fois dûe au hasard et c'est ce qui rendait la chose si évidente. Et tout aussi timidement qu'elle avait parlé, elle ne dégagea pas sa main, attendant qu'il la lâche de lui même, s'il n'avait rien d'autre à lui faire promettre.

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MessageSujet: Re: [FINI] A découvert [Lid/Louis] Mar 29 Juil 2014, 01:04

Hé bah voilà. Ça tenait en trois mots à peine, trois mots un peu gênés qui faisaient de leur mieux pour ne pas sonner comme un oui total, mais qui dans la pratique en étaient presque un. Pourquoi pas. C’était une réponse à la Lidwine, encore un peu prudente, encore un peu sur la réserve, mais elle lui fit l’effet d’une victoire. Sur elle, ou sur ses propres erreurs ? Sans doute la seconde option sonnait-elle plus vrai, car il soupçonnait fortement de devoir guetter dans le regard timide de la jeune fille les vestiges de son immense connerie pendant … Oh, encore au moins un siècle. Facile. Mais peu importait. Tant qu’elle acceptait de lui parler encore, peu importait. Ce n’était pas comme s’il était capable de tenir plus de dix minutes sans faire de conneries, de toute façon, alors il allait bien devoir vivre avec. Il la lâcha donc, avec un petit hochement de tête satisfait, et remua un peu sur place pour s’étirer le dos. Ça ne bougeait pas beaucoup, cette petite bête-là … Comment faisait-elle pour ne pas avoir les muscles tout engourdis ? La réalité de son corps le rattrapa petit à petit, et il se frotta les doigts, réalisant à la morsure du froid que porter des mitaines par ce temps était vraiment une idée de gros dur à cuire de la vie. Il était un gros dur à cuire de la vie, bien sûr, hein, fierté de Gryffon oblige, mais quand même, heureusement qu’il avait des poches.

Quelques secondes passèrent dans un silence monacal. Debout, comme ça, à chercher les mots pour lui dire au revoir, il n’était plus trop sûr de ce qui les avait réunis à la base. Ils étaient tellement différents… Savoir qu’il allait la quitter, rentrer dans le pub et côtoyer Aaron le mettait dans un état bizarre, et il réalisa petit à petit tout ce qu’il avait changé de son comportement pour la mettre plus à l’aise. Oh, il n’avait pas menti, ni rien, s’adapter à ses amis relevait d’un instinct naturel, mais … Tout comme il avait presque murmuré lors de ses échanges avec Lidwine, il éprouvait maintenant l’envie de gueuler comme un soudard. Tout comme il s’était inconsciemment voûté pour prendre un peu moins de place sur le banc, son corps s’était maintenant redressé, lui redonnant l’habituel torse bombé du petit frimeur rouge et or typique. Il n’avait pas eu conscience de devoir se modérer tant que ça, mais maintenant que c’était fini … Le changement faisait presque peur. Il le sentait jusqu’à la plante des pieds, ce changement. Il avait l’impression de se réveiller après une bonne nuit de sommeil : c’était le même courant d’énergie pure qui le rendait à lui-même pour l’empêcher de traîner au lit pour toujours. Enfin, peut-être était-ce légèrement insultant pour Lidwine que de la comparer à la chaleur confortable de son lit, là où Aaron serait une injection d’adrénaline, mais ça collait plutôt bien quand même.

Oubliant donc tous ses réflexes pour ne pas brusquer les gens timides – ou de nouveau trop excité pour les appliquer – Louis rattrapa donc la petite main qu’il avait laissé échapper même pas une minute auparavant, et y déposa un baisemain insolent. Filant la métaphore, il s’inclina aussi en une révérence brouillonne, puis glissa d’une voix bien trop enjôleuse pour être honnête :
- Alors à la prochaine fois, Miss Storm…

Puis un clin d’œil. A croire qu’il cherchait consciemment à la faire rougir… Mais même pas. Dieu savait qu’il ne se rendait même pas compte de l’effet qu’il pouvait avoir sur les gens lorsqu’il se laissait aller à son exubérance naturelle, dans un sens ou dans l’autre. Complètement insouciant, il tourna donc les talons dans un virage exagéré, et planta là la jeune fille pour entrer dans le pub en chantonnant vaguement. L’espace d’une seconde, il regretta un peu l’état dans lequel elle l’avait mis, plus calme, plus serein, un peu (un tout petit peu) moins balourd que d’habitude…
- Hé bah, seulement vingt minutes de retard, on progresse.

… Mais cela ne dura pas. Le petit jeu des joutes verbales avait cela de caractéristique qu'il demandait toute son attention, aussi délaissa-t-il pour le moment sa relation mystérieuse avec Lidwine pour se concentrer sur le fait de clouer le bec à Aaron. Les questions et les sentiments inexpliqués attendraient plus tard... Ou cette fameuse prochaine fois qu'on lui avait promis du bout des lèvres, si elle tenait parole malgré toutes les raisons ... raisonnables qui auraient pu l'en empêcher. Il verrait bien.

Pour l'heure, place au laminage verbal de prétentieux Serdaigle.
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[FINI] A découvert [Lid/Louis]

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