[FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis]

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: [FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis] Jeu 08 Mai 2014, 00:10

Louis retira les pieds de la table comme si elle lui avait brûlé les talons. Mauvais réflexe. Il était venu ici pour trouver le calme et se cacher du monde, ce qui se révélerait tout à fait inutile si la bibliothécaire le traînait sur le sol par les oreilles. Il se contenta donc de ramener un genou sur son torse, pour faire barrage à la pile de livres qui lui faisait face, et soupira. Il n’avait rien contre la Bibliothèque, qu’il jugeait vachement classe – et parfois source de fantasmes inavouables - mais il lui fallait confesser que ce n’était pas le lieu de Poudlard qu’il connaissait le mieux, et il ne s’y sentait jamais totalement à l’aise non plus. Le silence était étouffant. Les élèves qui y élisaient domicile souriaient rarement, trop absorbés par l’atmosphère austère du lieu. Même les gens qui prenaient plaisir à lire évitaient son regard lorsqu’il passait dans les rangées, visiblement incommodés par sa seule présence. Oui, ce n’était pas tant qu’il n’aimait pas être ici, c’était plutôt qu’il s’y sentait étranger. La simple commande de se taire était quelque chose qui allait contre sa nature.

Peut-être était-ce pour ça qu’il était venu, justement. Il avait soigneusement choisi une table isolée, au fond du rayon le plus obscur qu’il ait pu trouver. Parce que personne ne viendrait le chercher ici, et personne ici ne ferait attention à lui lorsqu’il se mettrait dans un état pas possible pour quelques petits mots écrits à l’encre violette dans une belle écriture cursive. Oh, il savait déjà que ça allait arriver. Il faisait ça à chaque fois. Pas forcément au même endroit, évidemment, et pas forcément de la même manière … Mais ça ne ratait jamais pour autant. Une crise pour chaque lettre écrite sur ce ton.

Le jeune homme empila les lourds bouquins qu’il avait pris au hasard des étagères pour faire semblant de travailler et se donner une contenance, et fit glisser l’enveloppe qui s’était trouvée dessous entre ses doigts. Son cœur s’alourdissait de minute en minute. Il n’avait pas vraiment envie de l’ouvrir… Il savait déjà ce qu’elle disait. Il aurait limite pu la réciter par cœur. Et pourtant, il allait la relire encore. C’était inéluctable. Il allait encore chercher un peu de pitié dans ces lignes, chercher une solution, chercher le courage de leur dire qu’ils se baignaient d’illusions… Et ne rien trouver, comme d’habitude. Mais lorsqu’il se contentait de jeter la lettre au feu sans en décortiquer la moindre virgule, c’était encore pire. Aussi extirpa-t-il la lettre de son enveloppe, la déplia, puis la posa bien à plat sur la table.

Cher Lou. Ça commençait toujours pareil. Il continua sa relecture en mâchonnant le bout de son pouce. Ça commençait toujours assez bien, pour aller se perdre dans des délires de grandeur qui auraient donné le vertige à n’importe qui. Oh, il savait pourquoi. Sa mère avait eu du mal à faire sa place, tout ça tout ça, la seule chose qui comptait c’était le travail, la rigueur était le Gallion du pauvre, ce genre de merdes. Il comprenait le principe, mais le coup du « tu peux être qui tu veux » sonnait un peu faux lorsque la seule personne qu’elle accepterait qu’il soit était un Ministre, un Auror ou au moins un millionnaire. Pour ainsi dire tout ce qu’il n’était pas. Et voilà, ça commençait. Il avait les yeux qui se mouillaient. Sa fierté masculine le poussa à ouvrir un livre en paravent au cas où quelqu’un passait, mais le système ne marcha pas et se contenta de l’énerver encore plus. Génial. En larmes et à découvert, en plus.

Comment était-ce possible que ses parents ignorent qui il était à ce point ? Dès lors qu’il tentait d’aborder le sujet, on l’accusait juste d’être feignant et d’avoir peur de son propre potentiel. Il était indéniablement feignant, mais il savait qui il était. Son potentiel, c’était de faire rire les gens et de les aimer, pas de s’enfermer dans un bureau ou d’anéantir la concurrence à coups de petites mesquineries bien placées. … Si ? Peut-être qu’il se montrait trop sûr de lui sur ce coup-là. Il lui était effectivement incroyablement laborieux de s’imaginer tel que sa mère voulait qu’il soit. L’ambition, la concentration, le carriérisme étaient des notions avec lesquelles il avait du mal par nature. Mais peut-être que s’il y travaillait … Peut-être que s’il changeait… De quoi était-il capable pour quémander un peu de fierté dans les yeux de ses parents, hein ? Il savait très bien ce qu’était son Epouvantard personnel, et jusqu’ici il n’avait jamais réussi à trouver de moyen de le rendre ridicule. Quelle que soit la manière dont ils étaient habillés ou le fait qu’ils aient des furoncles, des parents qui rejettent un enfant restent des parents qui rejettent un enfant.

Il avait l’impression d’avoir cinq ans et demi, à pleurnicher dans son poing pour une lettre. Mais il en allait toujours ainsi pour les dilemmes, n’est-ce pas ? Lorsqu’on ne voyait aucune issue, la seule chose qu’il restait à faire était de chialer un bon coup et de repousser le moment fatidique. C’était bien comme ça qu’il avait survécu à l’an dernier… Mais il savait bien que ça ne pouvait pas durer toujours. Un jour ou l’autre, il allait falloir qu’il leur avoue que son rêve était d’ouvrir une petite confiserie, pas de prendre d’assaut le Ministère du Commerce Magique. Ce jour-là allait faire mal, et il n’était pas prêt. Ah oui, au fait, il était un couard, en plus ! Godric Gryffondor lui aurait mis un bon coup de savate, s’il avait été là.

Luttant pour retrouver un semblant de dignité, le rouge et or releva le nez, et croisa un regard. Celui de la dernière personne qu’il aurait aimé trouver là en ce moment précis. Daniel. Evidemment. Il fallait que ce soit Daniel, pour que cette petite crise soit la plus difficile possible. Que les dieux soient maudits. D’accord, Daniel étant Daniel, il n’était pas étonnant de le trouver dans la bibliothèque universitaire, mais quand même. Pourquoi lui, hein ? Pris en défaut, le bouffon de service se débattit pour retrouver son rôle habituel, essuyant ses yeux d’un revers de main précipité et se raclant la gorge d’un air gêné.
- Heyy, Miller ! Je ne savais pas que ta nouvelle passion dans la vie était les …

Il jeta un vague coup d’œil au rayon le plus proche, sans faire attention à la rangée d’à côté qui touchait pile au sujet de thèse de Daniel.

- … La reproduction des Malagrifs tachetés ? … Sexy !

Oh, allez, il pouvait faire mieux que ça. Du moins aurait-il pu si ses genoux n’avaient pas présentement été en train de trembler, et que sa tête ne ressemblait pas à un champ de bataille strié de larmes. Il s’en voulut d’avoir choisi cet endroit. Pourquoi n’allait-il pas pleurer dans les toilettes, comme tout le monde ? Au moins, personne ne venait chercher quelque chose dans votre cabine de toilettes tant que vous étiez encore dedans. Ou même son lit ! Tout ce qu’il aurait eu à faire alors aurait été de cacher sa tête dans son oreiller et de faire semblant de dormir. Mais nooon, Louis Hawthorne avait un sens du dramatique qui le poussait à venir lire son courrier là où tous les gens admirables et sérieux passaient leurs après-midis ! Que Louis Hawthorne aille en enfer. Ce crétin continental.

Il n’osa plus regarder Daniel dans les yeux. Il se sentait vulnérable et le sentiment l’agaça au plus haut point. Eviter Jeremiah lui sembla fondamentalement injustifié, en comparaison. Daniel … Daniel était tout ce qu’il n’était pas. S’il avait été Daniel, cette foutue lettre se serait contentée de lui demander comment avançaient les affaires. Et le trouver là, justement à ce moment-là, alors qu’il était dans cet état-là, lui soutirait des émotions contradictoires. Une partie de lui mourait d’envie de lui mettre un pain, juste parce qu'il était là ici et maintenant et que la vie n'était pas juste.

L’autre partie mourait d’envie de tout lui déballer.


Dernière édition par Louis Hawthorne le Lun 14 Juil 2014, 00:22, édité 1 fois
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Daniel E. Miller

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MessageSujet: Re: [FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis] Jeu 15 Mai 2014, 22:35

Un petit groupe de cinquième année, bien caché derrière les lourdes encyclopédies universitaires en dimension développée, gloussait stupidement dans le coin des créatures magiques et plus particulièrement de leur mode de reproduction. Forcément. Daniel avait si fortement levé les yeux au ciel en découvrant les pages illustrés de la reproduction des sirènes et des tritons, qu’il s’en était fait mal au crâne. A cet âge-là, que pouvait-on faire de plus intéressant, si ce n’était se marrer stupidement devant des images en couleur et en mouvement ? Ce n’était pas pour rien que ces livres-là appartenaient au domaine universitaire. Non pas que les professeurs aient cherché à cacher quoique ce soit à leurs plus jeunes – et plus débiles, selon Daniel – étudiants, mais cette partie du programme d’étude en Soin des Créatures Magiques faisaient partie des études supérieures, et non pas générales. Point. Et de toute manière, il n’y avait aucune excuse valise pour que des cinquième année se glissent jusqu’ici, spécialement s’ils n’avaient pas un mot signé par leur professeur référent. A la limite, Daniel préférait voir les élèves se perdre dans la Réserve plutôt que de les imaginer dans la bibliothèque universitaire, ce sanctuaire vers lequel il avait passé sept années les yeux levés, en gémissant de bonheur à la seule idée d’y avoir un accès illimité. Et ça ne devait pas changer. N’en disant pas davantage que ce qu’en laissaient entendre ces quelques mots et un long regard méprisant, Daniel vit les jeunes garçons détaler dans un fou rire niais. Il ramassa le livre, lissa la page qui avait été froissée dans le feu de l’action et jeta un regard qu’il voulu neutre sur les galipettes des sirènes. Une… deux… trois secondes, et il toussa et referma sèchement l’ouvrage, qu’il reposa à sa place. Les classifications de bibliothèque n’avaient pas de secret pour lui depuis un bon moment.
Il s’intéressa à nouveau sur ce qu’il était venu chercher. Les Malagrifs. Non. Les Malagrifs tachetés. Il n’avait que des connaissances très floues sur le sujet, et il n’avait jamais entendu parler d’un type tacheté. Ces grands animaux avaient beau être fascinants et mystérieux, ils n’en demeuraient pas moins laids, songea Daniel pour lui-même. C’était bien connu, Daniel n’aimait pas les animaux. Il avait sa grenouille, qui devait traîner, l’air de rien, sur sa table préférée pour montrer qu’elle était prise, mais c’était bien parce que c’était elle. Pour le reste… Daniel préférait oublier qu’il s’était mis à dos la plupart des spécialistes en biologie magique. A dire vrai, c’était la raison pour laquelle il se retrouvait dans ses rayonnages où il n’avait quasiment jamais les pieds, se contentant d’aller jusqu’à la lettre G : « Gobelins ».

Ses recherches l’avaient mené à considérer le rôle des Malagriffs dans la Seconde Révolte Gobeline de 1718. Alors qu’il semblait qu’il n’en restait qu’une dizaine, ils avaient réussi à faire pencher la balance en faveur des géants par l’augmentation soudaine de leur progéniture. Comment ? Pourquoi ? Il n’avait plus qu’à se plonger dans l’œuvre en trois tomes de Silver Pantanale Des tâches pas si cruches : De l’origine du Malagrif de type B. Tout un programme, en somme. Il s’en réjouissait d’avance, et s’en voulait d’avoir été exécrable avec ses anciens amis du cour de Soin aux Créatures Magiques. Bref, c’était parti.
Il revint s’assoir à sa table, dans une alcôve pour être un peu à l’écart mais près d’une fenêtre pour avoir de la lumière et regardait d’un air vide le parc quand il réfléchissait. Il prit d’une main le bocal de sa grenouille, qui n’eut aucune réaction, et le posa dans un coin pour ne pas le faire tomber. Il l’observa un instant, soupira, sortira ses parchemins, ses plumes et commença sa prise de note.
Hélas, il avait passé l’âge où l’on trouvait ça drôle d’étudier la reproduction, de quelqu’espèce qu’elle soit. Enfin, il ne se souvenait pas trop être passé par là. Bizarrement.

Il réussissait enfin à se concentrer sur ce sujet, qui dans le fond l’intéressait assez peu, car son truc à lui c’était les Gobelins, quand un remue-ménage qui lui parut terrible le fit tressaillir. Que se passait-il ? dans sa bibliothèque, son coin chéri ? Il leva un regard sévère, et aperçut, à quelques tables, Louis Hawthorne qui gesticulait entre sa chaise et la table. Il le considérait d’un air placide, indifférent au possible, mais il sentit quelque chose se tordre dans son ventre.

Il déglutit.

Son poing gauche, sous la table, se serra imperceptiblement quand il se mit à parler, et il se tendit sans le vouloir. Après tout ce n’était qu’un neuvième année. Et un Gryffondor ! ahaha… ah ces ye… sshh. D’un bref coup d’œil, Daniel se rappela le thème général des ouvrages étalés sur sa table qui lui était déjà sorti de l’esprit, et dit d’un ton neutre involontairement froid et indifférent.

Oui. Absolument.

C’était ironique, mais vu son ton et ses traits figés de nervosité et de concentration, impossible de savoir si ça allait prendre. Pour le moment, Daniel ne voyait que le visage décomposé du jeune homme. Que s’était-il passé ? Où était son grand sourire, ses manières si chaleureuses ? Il y avait toujours cette voix, cette voix ronronnant du grand félin qu’il était. Daniel frémit. Nouveau coup d’œil sur l’enveloppe, qui tremblait dans sa main.

Euh. Ça ne va pas ? Tu t'es perdu ? tenta-t-il encore pour être divertissant

Avec n’importe qui d’autres, plus ou moins, Daniel aurait réagi au quart de tour. Cherchant à savoir, à consoler, à écouter. Porter une oreille attentive. Mais là. Il se tenait droit comme un piquet, et c’était tout. Pourquoi était-il triste ? Alors que tout le monde ou presque le trouvait super, lui tapait follement dans le dos, tout le temps ? Pourquoi s’échapper quand n’importe qui dans le couloir se serait empressé de le réconforter, et sincèrement en plus ! Doucement, Daniel s’aperçut que ça l’irritait, et il ne bougea pas davantage.

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: [FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis] Ven 16 Mai 2014, 16:13

Non mais il avait vraiment un problème, ce type. Est-ce que c’était trop lui demander que d’étirer légèrement le coin de ses lèvres pendant une seconde ? Quoi, il avait la bouche coincée ? Sourire dans une bibliothèque était contraire à ses principes ? Il fixa un instant les traits impassible du préfet, hésitant sur la réaction à avoir … Puis, l’ironie lui passant totalement à côté, il détourna la tête, un air perplexe sur le visage, murmurant un « d’accoooord »dubitatif. En temps normal, il aurait lutté pour trouver de l’humour dans les mots de quelqu’un, même quand ils en étaient dénués… Mais aujourd’hui, il se borna à se dire que tant mieux pour lui, s’il avait trouvé sa voie dans la vie. Ça n’avait guère l’air de le rendre plus avenant, mais tant mieux. Qu’il devienne reproducteur professionnel de homards magiques si ça lui chantait, c’était bien le cadet de ses soucis.

A défaut de pouvoir réécrire le passé, il rangea avec mauvaise humeur la lettre dans son enveloppe. On ne savait jamais. Les mots pourraient lui sauter au visage, ou magiquement voler jusqu’aux yeux de Miller. Des choses plus étranges s’étaient déjà produites. Il baissa les yeux sur l’enveloppe maudite. … Sa main tremblait. Depuis combien de temps ? Il n’aurait su le dire. Mais il pouvait quasiment sentir le regard de Daniel qui se baladait sur lui. Ouais, quoi ? Il enfouit sa main et l’enveloppe qu’elle détenait sous la table. Dans le déni, lui ? Pas du tout. Daniel n’avait rien vu. Rien remarqué. Daniel allait juste ignorer totalement l’état de déréliction totale dans lequel il l’avait trouvé et retourner à ses études biologiques sexy, pas vrai ? … Apparemment pas.

La réplique le fit rouler des yeux. Ça aurait été n’importe qui d’autre, il aurait ri. Sans doute qu’il aurait rajouté à la blague, sautant sur l’occasion pour se moquer de lui-même, les remerciant de se soucier de son état, et usant et abusant de pirouettes pour renverser la vapeur. Mais là, venant de lui, maintenant, ça lui retourna l’estomac. La colère qui pointait quelques secondes plus tôt envahit tout son corps, et il réagit au quart de tour. Bien sûr, son pseudo-rival n’avait pas dit ça pour être méchant. Sans doute même que c’était un vague effort d’humour. Sauf qu’il s’en rendrait compte plus tard. Pour l’heure, il méprisa royalement sa propre compassion pour se tourner vers le Serdaigle, un faux sourire déformant un peu son habituel air charmant.
- Oooh, attends, j’ai compris, c’est drôle parce que je suis un élève médiocre … Va te faire mettre, Daniel.

Comment avait-il pu croire pendant une seule seconde que Daniel aurait pu en avoir quoi que ce soit à faire de ses problèmes, hein ? A tous les coups, il était juste venu lui demander de se la fermer parce qu’il n’arrivait pas à se concentrer sur ses putain de Malagrifs. Jeremiah avait raison à son sujet. Il était juste un autre petit con arriviste qui n’en avait rien à faire des autres et qui allait s’empresser d’oublier ce qu’il avait vu pour prétendre de changer le monde. … Ce qu’il faisait un peu. Froidement. A sa manière. Avec ses notes exemplaires, et sa concentration, et ses projets… Louis se mordit la lèvre. Il n’y arrivait pas. Il avait beau le détester là maintenant, c’était juste trop dur de le détester dans l’absolu. Surtout qu’il était toujours là, à le fixer en silence comme un gardien de prison…
- T’es pas obligé de faire semblant d’en avoir quoi que ce soit à foutre, Monsieur le Préfet. Retourne à tes homards pervers, laisse-moi chialer dans mon coin, et ce sera notre petit secret.

Sur ces derniers mots, il lui décocha un haussement de sourcil équivoque, histoire de l’agacer un peu, et reprit son enveloppe en main. Voilà qui devrait le faire partir, non ? Il tenta de faire taire la pointe de regret qui se manifesta à cette idée. Ils n’étaient pas très proches. Ils n’avaient rien en commun. C’était sans doute logique qu’ils restent à distance l’un de l’autre, et pourtant … Des fois … Il se surprenait à se demander ce que ça devait être de le comprendre. Ou même d’être lui. Ou ne serait-ce que de pouvoir lui parler sans avoir l’impression d’être un abruti.

Peut-être était-ce pour ça qu’il ne put s’empêcher d’ajouter, un peu comme un défi :
- C’est pas comme si quelqu’un comme toi pouvait comprendre.

Et voilà. Hameçon lancé. Il n’avait pas pu s’en empêcher. Tout comme il ne put s’empêcher de ressentir une certaine satisfaction à l’idée de provoquer Daniel. Etrange, non ? Son passe-temps favori était de faire rire les gens, ou de les réconforter, mais pour cette personne en particulier, cette vague connaissance, tout était bon pour obtenir une réaction quelle qu’elle soit. Petit à petit, son corps reprenait d’ailleurs une des postures étalées un brin prétentieuses auxquelles il était habitué. Il ne pleurait plus. La colère et l’attitude de petite merde outragée que lui donnait la présence de son concurrent lui avaient rendu sa fierté, et si ses yeux brillaient, c’était plus d’insolence que de tristesse à présent. Il se passa la main dans les cheveux avec un vague sourire amer. Oh mon dieu, il était un Gryffondor typique en pleine démonstration de supériorité… On tapait dans le cliché, là…

Mais c’était Daniel.
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Daniel E. Miller

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MessageSujet: Re: [FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis] Dim 01 Juin 2014, 03:33

Daniel se sentait con, parce qu’évidemment il avait tort. Ce n’était pas à lui de faire des remarques désobligeantes, blessantes, ça ne lui ressemblait pas et il avait été très loin d’imaginer la réaction du Gryffondor. Louis démarra au quart de tour, probablement rongé d’un chagrin que Daniel ne pouvait se représentait qu’aux tremblements de sa machoire, détail qu’il était incapable de remarquer, trop occupé à fixer ses pectoraux d’un œil vide. Mais la remarque et l’agressivité soudaine du jeune homme le firent tiquer. En fait, Daniel avait probablement perdu une occasion en or de se jeter sur Louis dans une étreinte réconfortante et chaleureuse. Ou juste chaude. Bref, c’était fini, Daniel était passé à côté de ça, il ne se retrouvait plus que face à une bête blessée dans son amour propre, et il ne savait pas quoi faire. Les choses auraient pu s’arrêter là, Daniel, effrayé, fuyant rapidement la bibliothèque pour éviter toute confrontation. Mais les circonstances étaient particulières, car ça faisait un moment que la présence de Louis ne lui était plus indifférente, même s’il n’aurait su dire pourquoi, et surtout, il se faisait superbement insulter, lui et son insigne de préfet, ce qu’il ne pouvait tolérer. Et ça aussi, dans le fond, ça l’énervait, parce qu’il n’avait pas envie d’entrer dans le conflit. Il avait failli s’excuser… et puis non, c’était trop facile. Si Louis voulait jouer les mâles dominants, Daniel aussi pouvait entrer dans ce jeu-là, même s’il aurait préféré ne pas être dans sa bibliothèque adorée.

Et puis, il y avait autre chose. Maintenant qu’il l’avait signalé, effectivement Daniel voyait Louis pleurer, les larmes prises dans ses cils, les joues légèrement empourprées. Mais pourquoi donc, pensait Daniel, pourquoi donc Louis Hawthorne pouvait-il bien pleurer ? Ce grand type que tout le monde adorait ? qu’est-ce qui pouvait bien le mettre dans un état pareil ? et c’était trop injuste, songeait Daniel. Ce n’était pas suffisant d’être sur toutes les langues et dans tous les cœurs, il fallait en plus susciter l’émoi par une sensibilité exacerbée ? Et puis quoi, encore ? Daniel ne se plaignait plus de sa condition depuis longtemps, certes, mais l’insulte l’avait blessé et il se sentait perdre les pédales. Il n’y avait pas de raison que ce soit toujours à lui de jouer les adultes responsables, sereins, apaisants les colères et les chagrins de tous. Surtout qu’il n’était pas dans ses fonctions de préfet, et que Louis avait dix-neuf ans. Sérieusement. Ce n’était pas comme essuyer les larmes des première année que l’absence de papa maman faisait pleurer. La tension née de la présence de Louis s’était transformée en irritation, et Daniel grinçait des dents.

T’as rien à dire, Louis, tu me connais pas.

Il commença à ranger ses affaires. Il n’aimait pas être chassé, surtout quand il avait du travail, mais il sentait qu’il perdait le contrôle de ses nerfs, et ça, il savait que ce n’était pas bien. Surtout, surtout dans la bibliothèque universitaire.

Un type comme toi qui pleurniche, je préfère pas voir ça.

Malgré l’émotion, sa voix ne tremblait pas. Bien au contraire, il avait envie d’hurler, mais se retenait, ce n’était pas le lieu. Il sentait son poing le démangeait, et ses ongles bien coupés entrer dan la chair de sa paume. Allez on va pas se battre quand même, c’est débile.

L’émotion, l’émotion. Trop de sentiments à fleur de peau, chez Louis comme Daniel. L’incompréhension.

De fait, Daniel ne connaissait pas bien Louis Hawthorne. Tout ce qu’il savait, c’est que Maggy l’adorait, et il n’avait pas bien compris leur rupture, étant donné qu’ils se côtoyaient toujours avec d’énormes sourires. Voilà, c’était à peu près tout ce qu’il y avait à dire pour comprendre. Alors que le mec vienne l’insulter, comme ça, sans raison, dans SA bibliothèque, c’était trop. Et puis, pourquoi ça aurait du être à lui, Daniel, de le consoler ? N’avait-il pas un million d’amis ? et ça tournait, ça tournait dans la tête de Daniel, ça tournait, et il parvenait à s’énerver de plus en plus tout seul. Louis aurait pu se taire, en fait, et d’ici quelques instants, Daniel ne se serait pas fait prier pour lui hurler ses quatre vérités. Il fallait qu’il parte, il sentait que ça colère allait exploser.

Il avait déjà fait une jolie pile de ses ouvrages de biologie reproductive, et il tenait ses plumes dans la main gauche quand il se leva. C’est bête, il y avait ce sort qui, d’habitude, lui permettait de tout ranger d’un coup de baguette magique et en un clin d’œil il était sorti de la salle de cour. Mais là il n’y avait pas pensé. Ou peut-être n’avait-il pas voulu partir si vite. Peut-être qu’il attendait la suite, qu’il voulait rester près de Louis. Peut-être qu’il cherchait ce qui allait se passer.

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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: [FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis] Dim 01 Juin 2014, 16:02

Louis se sentait perdre pied. Ça ne pouvait pas être lui, tout ça. Ça ne lui ressemblait pas. Mais même en se battant de toutes ses forces, il n’arrivait pas à calmer la sourde rage qui lui serrait les poings. Pendant quelques courtes secondes, il s’était cru en position de force : prétentieux, bien installé dans sa chaise, à darder sur son rival un regard brun absolument effronté… Il réalisait maintenant que cela n’avait été qu’une illusion. Il ne contrôlait rien. Rien du tout. Ni ses poings qui se serraient, ni son corps qui s’était levé d’un coup. Et surtout pas ses émotions. Oh, que Daniel réfute tranquillement l’accusation sans mordre à l’hameçon, ça restait relativement normal. Ce fut la suite qui lui envoya des étincelles au creux de la poitrine, et déclencha l’incendie. Un type comme toi. S’il avait été en pleine possession de ses moyens, sans doute aurait-il remarqué l’ironie. Un type comme toi, quelqu’un comme toi, ils se renvoyaient la balle et tournaient autour du pot, quelque part. Mais il oublia momentanément que c’était lui qui était allé narguer Daniel sur son terrain de prédilection, et laissa l’offense lui transpercer le cœur, répétant ses mots comme s’il avait du mal à croire qu’il venait de les prononcer pour de vrai.
- Un type comme moi ? Un type comme moi ?

Un type comme toi. Qui pleurniche. Et il disait ce genre de trucs d’une voix tellement calme, tellement limpide. Il ne l’avait probablement jamais autant haï qu’en ce moment précis. Comment un type aussi froid et aussi rigide pouvait-il être ami avec une fille comme Maggy ? Est-ce qu’il n’avait absolument aucune compassion pour son prochain, aucune émotion ? Ou alors son problème n’était-il pas les émotions, mais bel et bien lui. La pensée enflamma ses entrailles, et il cessa de comprendre ce qui se passait à l’intérieur de lui. Peu importait. La seule chose qui importait, c’était qu’il n’allait pas le laisser s’en tirer aussi facilement. Un type comme toi. Qu’il aille se faire foutre. Lui non plus n’avait aucune idée de qui il était, petit prétentieux de merde. Il écarta sa chaise du pied pour aller s’appuyer sur la table du bleu-argent, le dominant de toute sa hauteur. Ou autant qu’il le pouvait. Daniel aussi était grand, quoiqu’un peu plus fin.
- T’es vraiment comme tous les autres. Tu préférerais me voir mourir de manière marrante plutôt que de me voir pleurer pendant une seule seconde.

Accompagnant ses mots, le geste était parti tout seul. Le jeune homme n’était pas du genre à intimider les autres, d’habitude, et la violence de son mouvement le surprit lui-même. La violence de ses propres mots l’avait emporté. Le mal était fait. Il eut un regard contrit à la pile de livre parfaite qu’il venait d’envoyer valser, puis reposa les yeux sur Daniel. Trop tard. Bien trop tard. Il s’était trop enfoncé sur cette pente glissante pour pouvoir la remonter. Ils avaient dépassé les excuses, les civilités ou la fuite, et de loin. Quelque chose se débloqua en lui. La pudeur, aussi. Soudainement, il oublia pourquoi il n’avait jamais été honnête avec le Serdaigle sur ce qu’il pensait de lui. Et il était prêt à parier que le sentiment était partagé. Dans quelques secondes, son opposant allait sûrement lui aussi ouvrir les vannes. La situation les rendait fous tous les deux. Il prit cependant l’initiative. Un Gryffondor n’était jamais le dernier à faire des trucs courageux et débiles.
- Je te connais pas, hein ? Je te connais très bien, Daniel ! Tu es tellement parfait que c’en est ridicule. D’ailleurs, j’ai même pas besoin de te connaître pour te connaître. Tu es tout ce que je ne suis pas. Ambitieux, charismatique, intelligent, travailleur, droit… Tu es tout ce que mes parents voudraient que je sois, et je n’arrive même pas à te détester ! Je … Je … Va te faire foutre !

Hm. Quand il avait pensé à se laisser aller, ce n’était pas vraiment ce qu’il avait en tête. Il pensait plus que ça partirait vers les insultes que vers l’éloge énervé. Apparemment, ses sentiments contradictoires pour Daniel avaient décidé d’éclipser sa colère, quitte à la retourner contre lui-même. Il sentit les larmes revenir. Non, non, non…. Pas maintenant. Pas comme ça. Il venait de lui donner une arme immense contre lui, pourquoi faisait-il des conneries dans ce genre, hein ? Dire tout ce qui passait par la tête, ça allait bien cinq minutes, mais là ça venait d’arriver de la pire des manières et devant le pire interlocuteur possible. La honte lui brûla les joues, et il fixa une lampe au plafond pour éviter le regard de son rival. Et pour empêcher les larmes de couler. C’était tout lui, ça. Parfait rouge et or. On fonce dans les situations, on casse tout, puis on regarde le monde s’écrouler autour de nous.

Avec un peu de chance, peut-être Daniel ne relèverait-il pas et se contenterait-il de le frapper ?
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Daniel E. Miller

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MessageSujet: Re: [FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis] Sam 12 Juil 2014, 23:48

Daniel ne fit pas un geste, n’eut apparemment aucune réaction face au flux de paroles qui coulaient hors de la bouche de Louis. Il cilla à peine, seul son poigné droit eut comme un mouvement de recul. Il tressaillit quand il vit toutes ses affaires se répandre sur le sol sous la colère de Louis. Il ne s’y attendait pas. Mais alors pas du tout. Les Serdaigles étaient des enfants calmes qui, la plupart du temps, préféraient pleurer tout seul dans leur lit plutôt que d’exprimer leurs émotions. Et là… C’était beaucoup trop intense pour Daniel, et il déglutit avec une difficulté évidente. Il fixait Louis de ses yeux noirs et ne savait pas quoi dire. Alors il se taisait sans faire le moindre mouvement et se prenait ce vomi de mauvais mots dans la tronche. C’était stupide en plus, selon Daniel, ce qu’il racontait. « Charismatique » ? « Ambitieux » ? C’était bien la première fois qu’il s’entendait qualifier de la sorte. A ce moment précis, Daniel ne se sentait que le petit moineau boiteux qui avait débarqué à Poudlard, à la fois honteux de son père cracmol et terrorisé à l’idée d’échouer. Cette terreur, il ne l’avait quitté qu’au contact de Maggy qui avait engendré un énorme travail sur lui-même. La confiance, la maturité, bien sur, ça n’était venu qu’après. Et au final… Daniel était plutôt flatté, parce que le mot « parfait » résonnait agréablement dans ses oreilles… Il n’y avait qu’un petit détail pour le gêner, pour le perturber au point de se figer, comme sous l’effet d’un stupéfix : de quoi parlait-on exactement ? Qu’est-ce que les parents venaient faire dans cette histoire ? Et au final, ça n’avait aucune importance.

Car Daniel avait baissé la tête, et il ne voyait plus que le kaléidoscope brisé de toutes ses recherches, de tous les livres anciens de la bibliothèque répandus sur le sol. Il n’était pas assez religieux pour crier au sacrilège, mais c’était une honte de traiter le savoir ainsi, et un manque de respect évident vis-à-vis de son travail. Et même si ce n’était au final rien d’irrécupérable, si ce n’était rien que le fruit d’un énervement inattendu et encore moins voulu de la part de Louis, Daniel était vexé. Cette violence gratuite avait comme ouvert une fracture en son cœur, par laquelle s’échappaient ses vieilles faiblesses. Imposture, saleté, naïveté, timidité, écrasement spontané ressurgissaient avec brutalité et se heurtaient en bloc au nouveau Daniel, élégant et sûr de lui, qui refusait nettement de se soumettre à ses penchants passés. Et ça, c’était à cause de lui, qui l’insultait lui, son travail, et, au passage, son rôle de préfet. Louis pouvait être un impertinent enthousiaste dans les couloirs, grognaient quand on lui signalait qu’il agissait en-dehors des règlements, mais dans ce lieu public qu’était la bibliothèque, Daniel ne pouvait pas laisser passer une injure qui affaiblirait toute la fonction. C’était personnel, mais les huitièmes années qui l’observaient du coin de l’œil derrière leur plume dressée n’en savaient rien. Il n’y avait eu que le bruit sourd et agressif des livres qui tombaient sur le sol et des feuilles qui se froissaient à terre.

Un nerf se crispa sur le coin de sa lèvre. Ça n’avait duré qu’un quart de seconde, la dernière plume venait seulement de se poser sur une couverture de cuir. Et Daniel ne réfléchit pas davantage. Irrité, vexé, il laissa la colère l’aveuglait, ne laissant qu’à peine ses valeurs de préfet le retenir. En deux pas, il avait contourné son espace de travail et était sur Louis, dont il empoigna à deux mains la chemise pour le pousser à l’écart contre une étagère. Daniel approcha son visage contre le sien, les traits serrés, et lui cracha à mi-voix :

Tu te crois malin ? ça te sert à quoi de t’apitoyer comme ça sur toi-même ? Soit tu deviens ce que tes parents veulent pour toi pour qu’ils te foutent la paix, soit tu décides que tu t’en tapes, moi j’ai rien à voir là-dedans.

Il le lâcha alors, et recula de quelques pas, encore tremblant. Il n’en revenait pas. Du comportement de Louis, de sa réaction. Il ferma les yeux et inspira profondément pour calmer le rouge qui lui brûlait la gorge d’insultes et de mauvaisetés. Il n’était pas comme ça, il était préfet, il n’avait pas à se laisser aller. Il avait fait le nécessaire. Il avait été brutal, il s’en voudrait plus tard. Il devait partir, pour l’instant c’était la meilleure chose à faire. Il sortit sa baguette pour finalement ranger toutes ses affaires dans son sac comme il en avait l’habitude et s’échappa. En quelques secondes, il était dans le couloir sans que quiconque ait pu réagir. Personne d’autre que Louis n’avait pu entendre ses mots, mais la poignée d’étudiants qui avaient entrevu la scène en restaient bouche bée. Il desserra du bout des doigts sa cravate, encore rongé de nervosité. Il fallait qu’il aille réfléchir au calme. Durant un instant, le garçon qui s’était tenu devant lui, ce n’était plus Louis, rien qu’un petit con qui n’avait aucune idée de la personne à qui il s’adressait. Car Daniel n’était pas qu’un préfet studieux et consciencieux, pas qu’un Serdaigle ambitieux. Il avait également les moyens de ses ambitions, et cela passait par un esprit de combattant particulièrement dévastateur et mauvais lorsque sa supériorité était remise en cause.

D’une certaine manière, c’était comme ça qu’une part de lui avait interprété la situation et, que voulez-vous, sa testostérone n’avait fait qu’un tour.
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Louis Hawthorne

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MessageSujet: Re: [FINI] Le Bouffon & le Roi [Dan/Louis] Lun 14 Juil 2014, 00:21

Il se laissa glisser le long de l’étagère jusqu’au sol, un peu sous le choc, et se rendit compte que ses genoux tremblaient. Comment avait-il fait pour ne pas voir venir l’impact ? Maintenant qu’il y réfléchissait un peu plus avant, il venait effectivement de passer dix minutes à provoquer Daniel sur son terrain favori… Mais il n’avait jamais pensé que ça en arriverait aux mains. Se balancer des vérités bien crades et des insultes, encore, il pouvait gérer. Il était loin d’être expert en la matière, préférant en général éviter les accrochages par quelques petits mensonges ou autres pirouettes, mais il pouvait gérer plus ou moins. La violence, par contre … Enfin, la violence, il ne fallait pas exagérer non plus. Dans les faits, il ne s’était pas passé grand-chose, il s’était fait pousser contre un rayon de livres, pas la peine d’en rajouter dans le pathos. Mais quand même … C’était passé à un cheveu de finir en corps à corps sur le sol, cette histoire. Il l’avait senti. Si le grand brun ne l’avait pas lâché à temps, nul doute qu’il aurait laissé le crochet qui lui démangeait le poing droit s’écraser sur son visage … Et il n’aimait pas ça. Du tout. Il n’était pas quelqu’un de violent. Il ne voulait pas être quelqu’un de violent. Mais là, ç’aurait été tellement facile… Instinctif, même. Naturel.

Quelle horreur. Il n’en détesta que plus son rival de l’amener à de telles extrémités. Parce que quel genre de petite merde prétentieuse disait des choses comme ça, hein ? Sa dernière réplique lui vrillait encore les tympans. Comment avait-il pu croire un seul instant qu’il y avait du respect, entre eux ? Comment pouvait-il ressentir de l’admiration pour un type aussi insensible ? Il était peut-être un élève médiocre, un insupportable délinquant parfois, un m’as-tu-vu … Mais jamais il n’aurait balancé à la gueule de quelqu’un de visiblement à fleur de peau qu’il s’apitoyait sur lui-même. Non mais quel connard, ce type ! Quelle pauvre merde. Et qu’est-ce qu’il avait raison. Ce qui était encore plus impardonnable. Ses phrases s’imprimaient dans sa tête, et il sut qu’elles y tourneraient longtemps. Devenir ce qu’ils voulaient de lui. Oui, peut-être bien que ça en reviendrait à ça. Mais il n’aurait pas dû mêler Miller à ses histoires. Parce qu’il n’avait pas tort, encore une fois, et ce … Cet amalgame malsain qu’il faisait entre le préfet de Serdaigle et le fils idéal qu’il devait devenir n’avait pas lieu d’être, et ses problèmes ne le concernaient pas, comme il le lui avait si gentiment rappelé.

Le corps un peu désorienté, le jeune homme se releva tant bien que mal, et regagna sa chaise. Pourquoi se sentait-il aussi … rejeté ? Il n’aimait même pas Daniel. Mais il avait jusqu’ici vécu dans l’illusion qu’ils se … toléraient mutuellement. Ils avaient eu quelques échanges tendus, c’était vrai … Mais jamais ils n’en étaient venus à tenter de se blesser comme ça, à mordre aussi profond. Et s’entendre dire de vive voix par son modèle personnel de sérieux et d’ambition qu’il n’en avait rien à foutre de son admiration mal placée … Ça faisait mal, mine de rien. Il baissa les yeux sur sa fausse table de travail, et reprit l’enveloppe maudite entre les doigts. Tout ça à cause de cette foutue lettre. S’il n’avait pas été dans un tel état, peut-être la scène se serait-elle mieux passée … Foutue lettre de merde. Foutu Daniel de merde. Au moins, il pouvait rectifier ce qu’il avait dit quelques minutes plus tôt : maintenant, il arrivait parfaitement bien à le détester. Comme quoi, tout n’était qu’une question d’entraînement et de patience. Sans doute qu’il suffisait de le fréquenter plus pour le détester plus. … Maggy étant l’exception qui confirmait la règle. Pourquoi était-elle amie avec ce mec ? Pourquoiii ? Le mystère s’épaississait un peu plus à chaque fois qu’il croisait le type en question.

Il soupira profondément, espérant vainement calmer la rage sourde qui continuait de crépiter dans son estomac, puis balança l’enveloppe maudite dans son sac pour quitter la bibliothèque universitaire. Laissant du même élan la pile de livres qu’il avait utilisés comme couverture en plan, mais de toute façon il doutait fortement être en état de les ranger sans y mettre le feu. Et vu les sujets hétéroclites qu’il avait rassemblé au hasard, aucun risque que Miss Berkeley-Nash ne fasse le lien avec lui. Mais peu importait, il était juste … Physiquement incapable de rester plus longtemps dans cet endroit, qu’il se jura de laisser dorénavant aux petites merdes bleues et bronzes bien trop imbues de leur personne pour faire preuve de compassion envers les autres. (Il passa évidemment sous silence le fait que cette phrase pouvait désigner Aaron autant que Daniel, car Aaron était toujours dans ses bonnes grâces pour le moment.)

Etrangement, la seule chose qu’il avait envie de faire à présent était de retrouver Jeremiah et de lui raconter à quel point son préfet préféré lui sortait maintenant à lui aussi par les trous de nez. Le même Jeremiah qu’il s’était juré d’éviter pour le moment afin de ne pas l’inquiéter avec ses histoires de famille … Mais il fallait bien que ce genre d’échauffourées ait un avantage, et casser du sucre sur le dos de quelqu’un rapprochait toujours les gens. Aussi oublia-t-il totalement son appréhension initiale, et se mit – il à la recherche de son meilleur ami d’un pas lourd.
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